• Le livre de l'oubli

    Bernard Noël

    'Ces notes, écrites en 1979, sont publiées ici pour la première fois dans leur ensemble. Le mot "oubli" a surgi alors pour désigner la masse obscure dans laquelle me semblait puiser l'écriture. La mémoire n'offre que du déjà vécu, déjà su : l'oubli révèle de l'inconnu au fond de lui dissimulé. L'exercice de l'écriture, pour peu qu'il soit débarrassé d'intentions, fait surgir et s'exprimer des éclats de l'immense dépôt commun que notre langue recueille depuis toujours. Aucune parole n'est perdue mais toutes sont oubliées en attendant que nous reviennent par l'écriture des parties impersonnelles de ce que nous savons sans le savoir...'

  • Monologue du nous

    Bernard Noël

    Monologue du nous : ce titre dit un échange impossible, et cependant les Nous-Quatre qui s'expriment et agissent dans son cadre le font bien en le respectant. Ils ont choisi la résistance et de la pratiquer sans illusions. Mais au nom de quoi puisqu'il n'y a plus ni valeurs ni règles? Il ne leur reste que le désespoir : peut-il fournir l'excitant révolutionnaire qu'a seul fourni, et : depuis toujours, son contraire?

  • «[...] Ceci est donc le premier tome d'une série dont le but est de rendre compte de la diversité et de la richesse de l'oeuvre de l'un des écrivains les plus importants de notre temps. Bernard Noël est en effet un poète, mais aussi un romancier, un reporter, un polémiste, un sociologue, un historien, un critique d'art. Chaque volume, centré sur une des thématiques de l'oeuvre rendra aussi compte de cette grande diversité d'approche et de la non moins grande variété formelle des modes.
    On l'aura compris, Les Plumes d'Éros reprend les écrits érotiques de Bernard Noël, part importante, voire déterminante de son travail puisqu'elle lui a permis - les textes réunis ici s'étalent sur cinquante ans - d'expérimenter très tôt les rapports qu'entretient le corps avec la langue, avec les mots, et à quel point la phrase, la pensée, les sens forment ensemble une réalité qui dépasse chacun des éléments qui la constituent.
    Il y a dans ce volume des récits, des disputes et discussions, des poèmes, des essais, des textes aussi qui mélangent les genres et les subliment. Il y a, évidente et troublante, une écriture dont la sensualité donne à la pensée qui l'anime une présence et une épaisseur bouleversante alors même que l'humour comme la plus grande profondeur n'en sont jamais exclus.» Paul Otchakovsky-Laurens.

  • Journal du regard

    Bernard Noël

    Entre la réalité et nos yeux, toujours du vocabulaire s'interpose : nous croyons voir mais ne faisons que lire. D'ailleurs le regard en lui-même n'est pas cet instrument d'information et de constat qu'il nous semble : il n'est pas qu'un aller et retour, c'est un espace, un espace sensible qui s'emplit du sentiment d'un toucher visuel.
    Le Journal du regard est donc un travail sur le regard, que l'auteur a commencé en 1970, la peinture y est souvent présente, la question toujours relancée est : que voit-on quand on voit ? Qu'est-ce que le regard ? Qu'est-ce que le visible ?

  • Le syndrome de Gramsci

    Bernard Noël

    Le « syndrome de Gramsci » serait la première manifestation d'un cancer de la langue dissimulé sous la dénomination anodine de « trou de mémoire ». Mais un cancer implosif : « ... une plaie dévorante, une plaie dans laquelle tout le langage peu à peu se précipite, une plaie blanche, qui absorbe toute la substance que d'ordinaire la langue transforme et réhabilite sans arrêt... » Ce que met en jeu ce roman, ce qu'il interroge sans répit, est au coeur même de la langue, au coeur même de la vie, à l'endroit précis mais toujours insaisissable, mouvant, où le corps, le langage, la pensée réalisent dans leur coïncidence la conscience de soi et du monde et où celle-ci, aussi bien, se défait.

  • "Ce volume regroupe huit monologues écrits par Bernard Noël entre 1973 et 2015 ainsi que Les premiers mots, 1973, qui les préfigure. Chacun de nous est une société. Chacun de nous porte sa comédie, que Dante a voulue divine, Balzac humaine, Jacques Villeglé urbaine, et Bernard Noël intime ou mentale. La Comédie intime est la Comédie humaine de Bernard Noël, sa comédie humaine, où il se fait non pas le secrétaire de la société mais le porte-plume de ces voix qui travaillent en lui, qui le constituent comme sujet de l'écriture, comme TU. Construit en cours de route comme La Comédie humaine, La Comédie intime y met en scène des personnages qui deviennent des types : ces personnages se nomment je, tu, il, elle, on, nous, vous, ils. [...] Cet ensemble de personnages pronominaux s'accompagne d'autres, aux noms propres, cités ou non : Gramsci, Anna Magnani, Bataille, Mallarmé, Nerval, André Masson, et tous forment le "personnel" de La Comédie intime de Bernard Noël, ceux qui l'entourent et constituent son intimité, ceux avec lesquels il pense, vit, se construit. [...] Ces monologues des pronoms sont une façon de réfléchir par la fiction à la place de la personne, de l'intime dans la langue, dont les pronoms sont une représentation. [...]." Stéphane Bikialo.

  • Onze romans d'oeil

    Bernard Noël

    Bernard Noël a regardé travailler onze peintres contemporains : Jan Voss, Ulf Trötzig, Michel Steiner, Rustin, Bernard Ascal, Bernard Moninot, Jean-Paul Philippe, Serge Plagnol, Rancillac, Gérard Pascual, Bertrand Vivin, il leur a parlé pendant qu'ils travaillaient, a noté leurs gestes, leurs propos ; il a analysé son propre regard tant sur les oeuvres achevées que sur leur processus d'élaboration, il a étudié la formation de l'image, ce qui se passe entre la toile et le mental de celui qui regarde, au travail de l'artiste répond son propre travail d'écrivain.

  • L'outrage aux mots

    Bernard Noël

    Ce deuxième tome des OEuvres de Bernard Noël comprend ses principaux écrits politiques dispersés au gré de publications éphémères ou de livres épuisés. On y découvre une pensée proprement révolutionnaire, radicale, et qui trouve une part de ses origines dans une analyse extrêmement fouillée de l'histoire de la Commune de Paris, de l'espoir qu'elle souleva et qui semble n'être pas tout à fait retombé, même aujourd'hui. L'autre origine de la pensée politique de Bernard Noël se situe dans la langue proprement dite, dans une analyse de plus en plus fine de la violence infligée à la langue par l'emploi qu'en ont fait de tout temps ceux qui, aux yeux de l'auteur, ont confisqué le pouvoir à leur profit en privant le peuple de ses droits élémentaires. Plus loin encore, il y a ce que Bernard Noël appelle 'la sensure', c'est-à-dire la privation de sens, qu'elle s'opère par le détournement du sens des mots ou par son brouillage (communication, télévision, etc.). Mais quand il théorise l'oppression, Bernard Noël ne cesse jamais d'être un écrivain. C'est ce qui confère à cet imposant volume où se côtoient les genres les plus divers, du poème au théâtre, du pamphlet à la fiction, son autorité, son évidence et sa beauté.

  • Nous publions le troisième volume de ce qui pour n'être pas exactement les oeuvres complètes de Bernard Noël y tend. Sur près de 900 pages sont regroupés des textes épars publiés ici et là, dans des revues, dans des plaquettes, ou inédits, en tout cas pour la plupart introuvables. La thématique générale est ici celle de la littérature, de la création littéraire. Cela passe par la critique (Rimbaud, Mallarmé, Villiers de L'Isle-Adam, Blanchot, Artaud, Sade, Michaux, etc.), mais une critique très particulière car elle ne cesse de poser cette question : qu'est-ce qu'écrire? Cela passe aussi par des textes qui pour n'avoir pas pour objet des oeuvres ou des auteurs, pour se rapprocher plus du récit ou de la fiction, posent et reposent la même question, directement ou non. Comme à l'accoutumée Bernard Noël est, y compris dans ce qui peut ressembler à des essais, dans l'écriture, la création et, du corps à la politique, il y va de bien autre chose qu'une démarche simplement spéculative.

  • Le roman d'un être

    Bernard Noël

    'Pourquoi pas Le Roman de Roman? Non, dit Opalka, Le Roman d'un être me paraît plus juste : c'est donc le titre retenu. De 1965 à sa mort, en 2011, Roman Opalka a peint la suite des nombres. Chaque nombre est la somme de ceux qui le précèdent, chaque instant de notre vie est la somme des précédédents. "Je fais toujours la même chose et elle est toujours différente, comme est la vie." Regarder peindre Opalka révélait l'identité de son acte et de sa vie ; l'écouter confirmait l'accord entre sa langue et sa main. Pareil engagement est unique : l'écriture tente, ici, d'entrer dans ce mouvement et même de se confondre avec lui...'

  • La castration mentale

    Bernard Noël

    Ces 22 essais traquent le même ennemi, cette castration mentale dont l'auteur dénonce les ravages à travers ses vecteurs de prédilection, l'image qui aveugle plus qu'elle ne montre (la télévision, mais pas seulement), le discours (politique), voire l'art quand il se dénature.
    Bernard Noël décrit le fonctionnement de ce monde où la représentation prend de plus en plus la place de la création, où la privation de sens devient la situation ordinaire et s'exerce sans même que nous nous en apercevions. Sa caractéristique est d'ailleurs d'être imperceptible, à la différence de toutes les contraintes inventées jusque là par le pouvoir. Cette « sensure » comme il l'appelle, serait l'arme absolue de la démocratie, permettant de tromper les consciences et de vider les têtes sans troubler la passivité des victimes, pouvoir dont la seule excuse, le seul alibi est la consommation, et qui se cache derrière la fatalité économique.

  • Le reste du voyage

    Bernard Noël

    Ce livre est composé de trois parties qui toutes rendent compte de voyages ou de séjours, de lieux du monde et de passages par ces lieux. Le mont Athos, des villes, le Mexique. Chacun des poèmes essaie de restituer ce moment toujours fugace d'une coïncidence entre l'espace d'un regard et celui d'un lieu, une coïncidence fécondée par le temps. Chacun des poèmes, aussi, essaie de relever ce défi du spectacle des choses et d'une nomination impuissante devant la profusion de la vie ou, à l'opposé, de la destruction.

  • Un trajet en hiver

    Bernard Noël

    Bernard Noël voyage beaucoup. Il voyage beaucoup en train et, durant ces voyages, il regarde, il rêve, il pense, il écoute. Et il lui arrive de prendre des notes de ce que ces sons, ces images, ces rêveries et ces pensées lui ramènent du monde extérieur comme de lui-même. C´est un tressage de ces différents niveaux de perception et de sensation que réalise ce livre qui les met ainsi en forme et les transforme en un récit intimiste où le monde entrerait, filtré, interprété et cependant restitué dans sa totale immédiateté. La phrase fluide de Bernard Noël s´y prête particulièrement, épousant toutes les nuances, tous les à-coups, l´ordinaire et le sublime, portant une réflexion comme incarnée sur le temps, sur l´espace, sur notre présence au monde.

  • La reconstitution

    Bernard Noël

    On appelle cela une « bavure ». Après l'assassinat il est donc procédé à une reconstitution de laquelle doit en principe surgir la vérité des faits. Un Juge, un Tueur, une Victime, des Témoins. Mais de quoi se souvient-on quand on a vu ? Le pouvoir et la police sont aussi dans le regard.

  • Romans d'un regard

    Bernard Noël

    On pourrait dire d'un roman du regard qu'il est le récit du regard tourné vers le corps au travail. Parfois tout est en gestes, postures, déplacements ; parfois tout se passe derrière le visage. Mais ce qu'on voit n'est-il pas fait de tout ce que l'on ne voit pas? Il y a de la peau partout, c'est sous elle que la pensée pratique ses tatouages, devant et sur elle que nos yeux dessinent des images tandis que, mot à mot, la langue y prend son plaisir...

  • Magritte

    Bernard Noël

    Les Vacances de Hegel, le tableau que Magritte peignit en 1958 et qui représente un parapluie ouvert surmonté d'un verre aux trois quarts plein, est au centre de cette étude. Itinéraire plutôt qu'étude, en fait, puisqu'il ne s'agit pas ici d'expliquer une uvre, d'en épuiser le sens en se l'appropriant, mais d'épouser le mouvement d'une pensée qui travaille visiblement, de se placer sous un regard qui est aussi une peinture et aussi une pensée et cela par l'écriture, cette description invisible... Bernard Noël, s'appuyant sur une analyse du regard qu'en retour l'uvre provoque et sur les textes laissés par le peintre, restitue le fonctionnement de cette pensée qui se confond avec sa matérialisation.

  • La littérature n'est jamais aussi présente que lorsqu'elle se projette dans un avenir incertain... Madeleine Gagnon et Monique Proulx ouvrent ce numéro par les textes des conférences qu'elles ont lus à la 38e Rencontre québécoise internationale des écrivains qui portait sur le futur. Les auteurs réunis dans cette édition emboîtent le pas: Denise Desautels, Kraxi (Marcel Bélanger), Bernard Noël, Bertrand Rouby, Jean-Philippe Gagnon, Alexis Lussier, Alain Fleischer, Nathalie Stephens, Nicolas Pesquès, Roland Bourneuf, Renaud Longchamps, Jean-Claude Brochu, Claudine Bertrand et Danielle Fournier. Explorant les relations entre l'inquiétude, l'émerveillement et l'horreur, les oeuvres de l'artiste David Moore, reproduites dans ce numéro, font écho aux textes tendus vers l'inconnu.

  • Portrait du Monde

    Bernard Noël

    Au commencement est le temps. Vous prenez le Temps, vous le pliez en deux et vous avez le Monde... Sur mille personnes, combien ont encore droit à l'amour de leur métier quand il ne s'agit plus que de produire, d'être efficace et compétitif ? Les mutations technologiques sont un drame parce qu'elles font douter de la qualité de l'avenir. Est-ce toute la vie qui change ou seulement notre rapport à la vie ?... Ce livre rencontre cette actualité-là en tentant de faire le portrait d'un grand journal : pas une histoire, mais une série d'instantanés... Pas un récit clos, mais une mise en forme, car elle seule peut métamorphoser le vif en lisible, espace noir et blanc où pousse le sens.

  • L'ombre du double

    Bernard Noël

    Ce nouveau recueil transporte sur le plan de la poésie une réflexion que l'auteur mène depuis longtemps sur d'autres modes (essais, romans, théâtre). Bernard Noël fait naître des images, celles qui se forment dans notre tête et qui influent sur notre rapport au monde, au sens, à la langue, et au temps.
    Vers que leur brièveté, leur netteté, et leur douceur très obstinée, insistante, n'empêchent pas, au contraire, de résonner alors même que la pensée qu'ils nourrissent et qui les soutient se déroule. Tout se trouble et s'ouvre, comme si les apparences s'effaçaient pour laisser place à l'idée d'une vision absolue où l'espace et le temps, le vif et le mort pouvaient enfin se conjuguer dans une même simultanéité.

    /> « Le reflet met dans l'air un semblable : un corps passé dans son après. Les mots mettent dans l'air une forme de même nature, mais leur fumée est invisible, sauf si on la souffle vers quelque surface que la nuit rend profonde. Le monde prononcé ici est alors vu là-bas... »

  • Le 19 octobre 1977

    Bernard Noël

    'On connaît les ingrédients des récits ; je n'en refuse aucun, et voici de la conversation, de l'amour, de l'amitié, des rencontres, de la mort, des lectures..., mais tout cela est également ce qui fait la vie. M'intéresse le portrait que les uns tirent de l'autre à travers cette boîte qu'on appelle la tête. Et dans la tête m'intéressent surtout les yeux, qui sans cesse transforment le visible en pensée par une opération dans laquelle la ressemblance tient lieu de vérité. N'en va-t-il pas du vécu comme du visible? Ils s'articulent inséparablement dans ce mensonge qui, en les disant, en les écrivant, court après la vérité ? et qui les fixe en quelques instantanés très ressemblants. Il n'y a pas de suite, mais un perpétuel fondu enchaîné qui fait comme si. On rêve d'un miroir à trois faces qui permettrait de voir la vie de dos. On écrit dans ce sens, et puis, après tant de livres axés sur l'intérieur, sur l'ordre du dedans, ce 19 octobre 1977 remet le je du narrateur à sa place de simple figure optique. Du coup, tout n'est que matériau de la pensée. Toujours et malgré les innombrables leurres, la pensée assemble et permute de l'extérieur. C'est pourquoi ce livre est aussi le premier monologue extérieur.'

  • La peau et les mots

    Bernard Noël

    «On pourrait dire motifier pour prendre mot, comme on dit incarner pour prendre chair. Écrire consisterait alors à motifier sa vie ou son corps, mais si les mots remplissent tellement bien leur rôle qu´à la fin ils nous dévorent, comment inverser le mouvement? Comment les ré-incarner? Il n´y a pas de symétrie. Il y a seulement le langage qui vit et se perpétue en nous faisant chanter. Qu´on lui avance une lettre, et mot devient mort. Il suffit pour garantir cette avance de gager sa vie - mais y joue-t-on sa peau ou bien ses mots?»

  • La face de silence

    Bernard Noël

    On se tait. On s´y oblige. On flotte enfin, sans savoir, sans visage. On est creux. Mais le vide appelle son contraire : un mot jaillit, un autre. Plus tard, c´est une concrétion par le travers du temps. Plus tard encore : Qui a parlé? se demande-t-on. Une voix monte sous le masque de silence, un autre silence établit son creux derrière la voix, ainsi je n´est nulle part, sinon en blanc parmi ces mots troués.

  • Le mot «peinture» ne va pas sans le mot «couleur», mais la couleur ne colore pas seulement des surfaces, elle les révèle en colorant le trajet des yeux vers elles. Dès lors, une étrange équivalence s´établit entre la vue et la dénomination qu´elle provoque tandis que le flux visuel, en se mêlant au flux verbal, se change en lui. Le poème est le résultat de cette métamorphose en même temps qu´il en est l´expérience.
    Les pages rassemblées ici ont leur origine dans ce croisement, et de 1970 à 2003, de François Lunven à Olivier Debré, elles dessinent l´itinéraire d´un regard.

  • Treize cases du je

    Bernard Noël

    'Que peut un livre? Rien, semble-t-il. Et pourtant, j'écris. Que signifie cet accommodement? J'ai dit : rien, parce que je voudrais tout. La vie demeure lente. Depuis qu'il y a des hommes et qui écrivent elle aurait dû changer. Mais il n'y a pas de commune mesure entre la vie et une vie. Cela est inacceptable. Nous vivons dans l'inacceptable, mais il vaut mieux que le Salut. Une vie bientôt disparaît dans la vie. J'écris pour disparaître dans ce qui n'emprunte mon nom que pour le faire oublier. Le livre est le couteau du sacrifice : il m'enlève à ce que je suis pour me rendre à l'inconnu. Et la vie, qui nous condamne au seul maintenant, la vie changera seulement dans un autre corps, qui écrira d'autres livres.'

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