• Dès son premier livre (Sous la boucane du moulin, 2015), Sébastien Bérubé s'est imposé rapidement comme l'un des représentants majeurs de la nouvelle génération de poètes acadiens et francophones. Son propos sur les injustices et les enjeux sociaux et politiques actuels font de lui le porte-parole des sans-voix et le dénonciateur des inégalités de ce monde. Dans Maudire les étoiles, son troisième livre, le poète joue à la fois avec le registre de la révolte et celui d'une certaine nostalgie liée à l'enfance.

  • En débarquant à Katmandou en 2005, Jean-Sébastien Bérubé espérait bien devenir moine bouddhiste. Mais il ne tarde pas à découvrir que la réalité des moines tibétains est beaucoup plus complexe que ce qu'il avait lu ou vu. Dès son arrivée, il est hébergé par une famille de réfugiés politiques tibétains, aux prises avec des problèmes d'alcool, qui le présente au grand maître d'une secte bouddhiste controversée. Les moines de cette secte déclarent qu'il est probablement possédé par un mauvais esprit parce qu'il souffre d'un problème de bégaiement. Alors qu'il croyait que les enseignements de Bouddha étaient une science de l'esprit et une philosophie profonde, Jean-Sébastien ne rencontre que des pratiquants qui croient en la magie et aux superstitions, vénérant Bouddha comme s'il était un dieu avec des pouvoirs surnaturels. Son cheminement le mènera jusqu'au Tibet pour visiter les lieux sacrés et voir de ses propres yeux les conséquences de l'occupation chinoise. La réalité de cette situation géopolitique ne sera encore pas celle qu'il croyait et sa vision des "bons tibétains et des méchants chinois" se trouve remise en question. Candide, il découvre un pays de mensonges, un "Disneyland du bouddhisme". Et, le voyage qu'il attendait, s'il est manqué, lui permettra de faire un travail certainement plus riche encore de découvertes d'une réalité et un travail plus personnel dans son approche d'une spiritualité peut-être fantasmée. Bérubé révèle la face cachée du sommet du monde. Avec ironie, et sarcasme envers lui-même, il raconte ses tribulations en observateur sincère. Il ira au bout de son périple, jusqu'aux désillusions. Et reviendra, plus riche encore de ses découvertes.

  • À l'origine, le thème de ce numéro désirait attenter à la rectitude politique ambiante qui interdit de dire que le roi est nu : le cynisme se porte mal et le ridicule triomphe! Bien vite, cependant, cette idée de départ est apparu trop restrictive, tant l'univers du ridicule se déployait, immense et multiforme, au fur et à mesure que s'élaborait le numéro. Il n'y a pas de frontière, de limite, de forme parfaite, d'entéléchie du ridicule qui ne pourrait être dépassée, comme le démontrent la variété, l'abondance et la qualité des textes réunis dans ce numéro. Mais ceux-ci ont en commun de tous conduire au même constat : bien que l'on souhaite généralement l'éviter, personne n'échappe au ridicule. Sous la direction de François Lepage.

  • Sébastien Bérubé est l'un des poètes acadiens les plus prometteurs de sa génération. Son regard sur les travers de la politique et les agissements sociaux de notre époque est caustique et provocateur. Malgré le ton narquois de son propos, le poète fait preuve d'une grande sensibilité envers les sans voix et les oubliés qui nous entourent.

  • C'est directement sous la boucane du moulin que j'écris. Entre le bruit des vans et l'odeur cancérigène de la rue Canada. Ma plume est folle et mon crayon capote. J'aime mieux être puni d'avoir trop parlé qu'être sauvé par un silence. Je n'ai peut-être pas le courage, mais j'ai la langue de mon père et, by the way, ça me suffit.

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