• Les sentinelles

    Bruno Tessarech

    • Grasset
    • 2 Septembre 2009

    « Qui savait quoi ? » : question obsessionnelle sur la Shoah, à laquelle ce roman ambitieux apporte une magnifique réponse en plaçant le lecteur au coeur du drame intime, du dilemme moral, de la conscience douloureuse d´une poignée d´hommes de bonne volonté qui ont appelé au secours en vain. Depuis la conférence d´Evian en 1938 jusqu´à la mort du dernier grand témoin en 2000, c´est le demi-siècle le plus noir de notre histoire contemporaine que traverse Patrice Orvieto, narrateur inventé de cette histoire vraie. Lorsqu´il rejoint la France libre à Londres, intermédiaire entre le MI-6 britannique et le 2e Bureau français, il partage le cauchemar de ces rares « sentinelles » qui ont vu sans être crues, gardiennes d´une vérité qu´elles ne peuvent ni penser, ni représenter, ni donner à imaginer... ni transmettre. Les éléments les plus récents de la recherche historique confèrent à cette oeuvre de fiction une puissance de vérité et d´élucidation impressionnante.

  • Professeur, écrivain, animateur d'atelier d'écriture, en particulier celui de la Fondation Bouygues Telecom, Bruno Tessarech aime autant lire qu'écrire. Dans ce petit recueil bourré d'anecdotes et de citations, il nous livre les conseils simples, délicats, inspirés et précis pour vous accompagner le long de ce voyage en enfer ou au paradis que peut être l'écriture d'un roman : le choix du Je ou du Il, la patience, les bonnes interrogations, de l'usage des carnets, du rythme de l'attaque, des personnages secondaires... L'enfer d'un travail harassant, plein de doutes et d'angoisses, souvent pour une reconnaissance aléatoire. Le paradis de la création, de la liberté, de l'ouverture sur un autre monde dont vous aurez dessiné les contours. Des rituels de Jules Renard, à la trousse de dépannage d'Italo Calvino en passant par l'espièglerie brillante de Stephen King, Bruno Tessarech nous offre les crayons les plus affutés et les gommes les plus douces pour tenter cette expérience unique. « L'enfer vous effraie ? Ne tentez pas le diable. » « Le paradis vous attire, avancez vers lui avec courage ! » En fin d'ouvrage, un code spécial permet d'accéder aux films des leçons d'écriture que Bruno Tessarech a donné dans le cadre de la Fondation Bouygues Telecom.

  • " Un piano surgi d'on ne sait où martela une note, la même, cinq, six fois, à l'écart des autres et toutefois au centre du morceau, cherchant sans doute à s'imposer, ou tout simplement à exister. Je pensai : c'est moi. Ce piano qui essaie de faire entendre sa voix, c'est moi. Maladroit, répétitif, hors du coup. Le dernier de la classe qui lève la main et que personne ne remarque, le vilain petit canard, le gars qui cherche sa route au volant d'une épave. Je vendais des assurances-vie, j'avais trente-trois ans et déjà l'impression que beaucoup de choses étaient compromises. Balle de jeu, balle de set, balle de match. " Le grand-père de Benoît, Scott, brillant décorateur à la Cecil Beaton, fringant octogénaire et monstre d'égoïsme, se rappelle à peine son existence. Son père, Alain, célèbre philosophe, le tient pour un parfait fumiste, un " mauvais garçon ". Sa jeune et jolie belle-mère, Stéphanie, ne répond à ses avances que les soirs de solitude, lorsqu'elle a abusé de l'Americano. Son patron, Schuss, qui a déjà programmé son dépôt de bilan, ne comprend pas qu'il n'arrive pas à " taper " sa famille. Jusqu'à son Opel Corsa qui fait des siennes. Il y a bien sa grand-mère, Valentine, ancienne antiquaire, qui a transformé son magasin en musée Grévin de l'antiquaille, mais, malade, elle décline et ne quitte plus son lit...Et si, comme le découvrira Benoît, il n'y avait pas de grandes personnes ? Bruno Tessarech, cinquante-deux ans, a enseigné la philosophie et dirigé une école alternative. Après La Machine à écrire (Le Dilettante, 1996) et La Galette des rois (Le Dilettante, 1998), Les Grandes Personnes est son troisième roman.

  • " Salviani tomba à genoux et baisa la botte de la princesse. Celle-ci empoigna le bandit et le jeta à la porte avec une force qui la surprit elle-même. Elle le regarda s'enfuir sur le chemin en traînant la patte. La pensée que cet homme allait peut-être mourir par sa faute lui revint, elle la chassa et s'occupa du paysan qui la dévorait d'un regard admiratif. Vous êtes si belle, ne cessait-il de répéter. Peu à peu, la jeune fille se détendit. Un sourire passa même sur ses lèvres, qui transforma aussitôt l'émerveillement en dévotion. Connaîtrai-je un jour le bonheur de souffrir pour elle ? se demanda-t-il. Il tâtait ses poignets endoloris sans la quitter des yeux. On entendait le bruissement des mouches qui, n'ayant plus de sang frais à boire, avaient repris leur ronde sous le plafond. "Paris 1852. Charlotte de Grignan, princesse de Malte, fille d'un noble désargenté, Del Dongo en cheveux et jupons, cavalière et tireuse émérite, épouse Félix de Saint-Victor, chevalier d'industrie, conseiller des frères Pereire et futur député. De cette alliance contre nature va naître une épopée impériale version Napoléon III, roman d'aventures échevelé qui file à toute allure, servi comme toujours chez Bruno Tessarech par une écriture d'une exceptionnelle fluidité.

  • Fut un temps où tout était permis. Où tous les plus grands philosophes français, de Deleuze à Foucault, en étaient convaincus. Ce n'était pas il y a trois siècles. C'était hier ; ici, à Vincennes.0300 Bien sûr, au-travers de ce portrait vif et tapageur, la morne résignation de notre temps n´en est que plus frappante, mais cette lettre sans regrets ni amertume transmet tant d´énergie que l´on pourra y croire : le cadavre bouge encore !
    0400LA COLLECTION « LES AFFRANCHIS » Kafka n´est pas encore écrivain lorsqu´il rédige sa fameuseLettre au pèreavant de la ranger dans son tiroir. La lettre? qui ne parviendra jamais à son destinataire, était pourtant le seul et unique moyen, pour le jeune Kafka, de communiquer avec un homme qui le pétrifiait. En certaines occasions de la vie, seule une lettre peut permettre de dire les choses, de démêler les écheveaux d´incompréhension qui s´accumulent dans une relation. Mais passer à l´acte est difficile, risqué, pénible. C´est d´autant plus vrai aujourd´hui, puisque la correspondance est un exercice oublié : les volumineux échanges que pouvaient entretenir un Voltaire ou un Flaubert avec leur entourage n´auront pas d´équivalent dans la postérité. Il serait tout de même dommage que nos plus grands écrivains ne laissent pas dans leur oeuvre un témoignage de l´écriture épistolaire. Écrire une lettre, une seule, mais longue et dense, c´est donc la possibilité de tordre le cou à une vieille histoire et de s´en affranchir, mais aussi renouer avec une tradition littéraire et explorer la singularité de l´écriture à la deuxième personne. La collection « Les Affranchis » fait donc cette demande à ses auteurs : « Écrivez la lettre que vous n´avez jamais écrite. »

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