• Près de 35 ans après la publication en Italie de Du côté des petites filles d'Elena Gianini Belotti, ce livre est traversé par un fil rouge : la part personnelle énorme que chaque enfant met, dès l'âge le plus tendre, dans la construction de son identité sexuée.Le bilan qui en sort est très différent de celui que tirait Belotti à son époque. La domination masculine est toujours là, mais la marche des garçons vers l'âge adulte est alourdie par le poids encombrant des armes traditionnelles du pouvoir masculin, alors que dans la construction de leur identité, les filles disposent de marges de liberté et de créativité plus grandes que les garçons.Cette liberté de mouvement est en phase avec l'une des tendances fortes de l'évolution de la société qui fonde de plus en plus le lien social sur l'autonomie des individus.Christian Baudelot et Roger Establet sont professeurs de sociologie. Ils comptent parmi les observateurs les plus avisés de l'évolution du système éducatif français.

  • 21 millions de travailleurs ont dépensé en 1971 leur énergie sous des formes diverses : en transformant la matière, en dirigeant la production, en permettant le rassemblement des capitaux, en commercialisant des marchandises, en soignant des malades, en enseignant les mathématiques, en acheminant le courrier... Peut-on prendre une mesure d'ensemble de l'utilisation finale de cette énorme dépense de forces humaines ? A quels usages économiques et sociaux ont été consacrés les différents produits du travail de ces 21 millions d'actifs ? A quelles grandes fonctions de la vie économique et sociale ces énergies humaines ont-elles été affectées, et dans quelles proportions ? Combien de travailleurs, quels travailleurs ont consacré leur énergie à fournir les biens de luxe ? A accroître les patrimoines immobiliers ? A arrondir les fortunes privées ? Combien de travailleurs, quels travailleurs, ont été nécessaires pour assurer à chacun de quoi refaire ses forces, jour après jour ? Et la main-d'oeuvre mobilisée par l'Etat, à quoi, à qui sert-elle au bout du compte ? Les besoins de chaque classe sociale s'enracinent dans ce que la vie professionnelle a de plus profond ; en retour, la demande qui en résulte oriente le travail humain et contribue à donner à l'appareil de production son allure générale : une population active taillée, en définitive, à la mesure des exigences des classes les plus puissantes. A partir des données de la comptabilité nationale et sur la base des méthodes des comptabilités sociales en temps de travail, les auteurs de « La petite bourgeoisie en France » remettent en chantier l'analyse des classes sociales. La question posée : Qui travaille pour qui  ? n'est pas une question gratuite, ce n'est pas non plus un chapitre supplémentaire à ajouter à la sociologie des inégalités dans notre pays. C'est une façon d'analyser les liens entre la production et la consommation, l'économique et le social telle que soient mis au jour les rapports obscurs mais profonds qui relient l'appareil de production au sens large et les classes sociales, telles qu'elles existent en France aujourd'hui.

  • Les auteurs ont mobilisé les ressources disponibles - scolarité, emploi, salaires, relations entre les générations - pour comparer les Français nés en 1938 avec ceux nés en 1968. Avec la crise, les familles réagissent par un surinvestissement scolaire. Celui-ci n'a pas que du bon, le niveau monte, les écarts se creusent. Le chômage des jeunes atteint la morale sociale en son coeur.

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