• Révolution et religions ; le peuple français reconnait l'être suprême et l'immortalité de l'âme Nouv.

    La décennie révolutionnaire fut le théâtre d'un conflit politico-religieux passionné dont l'histoire ne retint souvent que les outrances, celles de prêtres pourchassés, d'églises vandalisées et d'un catholicisme malmené et banni. S'il n'a pas lieu de le nier, la question religieuse pendant la Révolution est néanmoins trop ambiguë pour amalgamer antireligion et anticléricalisme. Un gouffre opposa en réalité le fanatisme de quelques-uns de ceux qui dénonçaient les conséquences néfastes de l'intrusion du clergé aussi bien dans le domaine public que privé. Reste qu'en s'attaquant de front à l'Église catholique de France pour la mettre au pas, les révolutionnaires ont froissé une partie de la société en ne prenant pas le poids de l'attachement populaire à l'institution et à ses hommes. Leur volonté de contrer l'influence et la puissance cléricales déboucha sur une crise d'une ampleur rare dont Christine Le Bozec livre, en historienne, les tenants et les aboutissants.  

  •  Il est courant d'affirmer qu'au XVIIIe siècle, les femmes étaient libres, pour ne pas dire libérées. Puis d'ajouter dans la foulée que la Révolution française les a privées de leurs droits. Pour illustrer ce propos, les protagonistes de cette représentation utilisent à l'envi l'argument des femmes tenant Salon. Au-delà de la question de la représentativité de ces salonnières, il y a là le souhait de discréditer les années révolutionnaires. 

    Toutefois, il ne suffit pas de se cantonner dans l'impressionnisme d'une telle hypothèse. Christine Le Bozec procède donc à un état des lieux de la condition féminine à l'époque des Lumières, avant d'envisager leur implication et leur rôle au cours de la Révolution française, puis de conclure sur l'Empire et la Restauration. Ses conclusions sont novatrices : le seul moment où le groupe femme (et non de rares individus) a réellement pris la parole, s'est fait écouter en investissant l'espace public, furent les années 1789-1795 ; années de conquête de droits chèrement et âprement acquis, puis difficilement conservés, avant que Bonaparte ne commence à les rogner et que la Restauration ne les supprime.

  • Le portrait renouvelé du "roi du Directoire", un homme politique à la réputation exécrable, beaucoup plus équilibré et proche de la vérité historique.Carrière météorique que celle de Barras, né en 1755 dans une famille provençale modeste. En 1782, lorsqu'il quitte l'armée après des missions aux Indes et au Cap, il n'est qu'un obscur lieutenant aux moyens de subsistance inconnus, qui végète jusqu'à la Révolution, dans laquelle il s'engage résolument. A partir de 1792, il connaît une ascension fulgurante qui le propulse, de novembre 1795 à novembre 1799, à la tête de la France aux côtés de quatre autres Directeurs, après que la chute de Robespierre l'a porté sur le devant de la scène. Brusquement, le coup d'Etat de Brumaire met fin à sa trajectoire, et Bonaparte, qu'il avait beaucoup aidé, le chasse avant de l'exiler. Dès la chute de l'Empire, Barras regagne Paris et y meurt en 1829 sans plus avoir l'occasion de jouer un rôle politique.
    Aujourd'hui encore, sa mémoire souffre d'une réputation exécrable : il aurait été flambeur, vénal, libertin, débauché. Au terme d'une analyse serrée des sources, l'auteur démontre que la plupart de ces imputations proviennent d'une légende noire forgée par les brumairiens, qui cherchaient ainsi à légitimer leur coup d'Etat de novembre 1799. Cette biographie ne vise pas à rendre le personnage plus vertueux qu'il ne l'était, mais à montrer l'homme politique atypique qu'il fut quatre ans durant à la tête d'un pays en recherche de stabilité.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Après un XVIIe siècle marqué par la crise, la Normandie connaît, au XVIIIe siècle, une phase nouvelle d'expansion. Économie diversifiée et ouverte sur le monde, timide intégration au marché, amélioration du niveau de vie, paix religieuse, vie culturelle brillante caractérisent la vie de la Province jusque dans les années soixante-dix du siècle. Puis aux émotions populaires dues à la montée du chômage, à la remise en cause du despotisme ministériel par la noblesse et la bourgeoisie qui avait profité de l'élan économique, à l'agitation croissante du parlement qui se proclamait porte-parole de tous les intérêts anti-absolutistes, viennent s'amalgamer l'exaspération et le malaise d'une masse paysanne excédée par le prélèvement seigneurial et royal. La conjonction de ces mécontentements conduit à la destruction de l'Ancien Régime politique. La Révolution modifie la structure sociale en permettant la fusion des élites sociales et culturelles ainsi que la constitution d'un nouvel ordre politique et, en supprimant le privilège de naissance, elle achève le processus d'intégration à une communauté de citoyens libres et égaux qu'elle appelle Nation.

  • Si quantité d'ouvrages traitent de la Révolution française, tous la découpent ou la morcellent : aucun livre n'a été consacré à la Ire République, proclamée le 22 septembre 1792 et remplacée par le Consulat le 10 novembre 1799. Il s'agit pourtant de la première expérience républicaine en France, moment où se structure la vie politique de notre pays et dont l'héritage est encore vivant aujourd'hui. Cette première séquence républicaine est constituée par trois périodes : une phase radicale que domine la figure de Robespierre, puis la transition thermidorienne et enfin le Directoire - régime souvent mal connu, régulièrement malmené, pourtant porteur de modernité.
    Après une première partie événementielle salutaire, qui fait enfin le pont entre les différentes périodes de la révolution française, Christine Le Bozec dégage les ruptures et les continuités de ce moment fécond de l'histoire de France dans tous les domaines : politique bien sûr, mais aussi culturel, militaire, social... Cette approche éclaire et rend accessible une période aussi complexe que passionnante.

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