Tempus Perrin

  • La Révolution hors des sentiers battus.Ce qui est postulé dans cette nouvelle manière de considérer la Révolution est que rien n'a été énigmatique, ni l'éclatement des événements, ni l'usage de la " terreur ", ni les atrocités en Vendée ou l'entrée dans des guerres de conquête. Tout s'explique par les rapports de forces entre factions et partis antagonistes, mais aussi par les résonances, parfois imprévues, des " journées " ou des batailles. Se dessine ainsi l'itinéraire d'une aventure collective qui s'engage dans une entreprise de régénération et qui se transforme peu à peu, sous l'effet des conflits et des rivalités, en une authentique révolution voulant créer un monde nouveau. Les contraintes imposées par une guerre inexpiable, où la défaite signifiait la disparition de la nation, radicalisèrent les choix au point de changer la nature même de la Révolution, de diviser entre eux ses partisans et de la faire évoluer, chaotiquement, entre coups d'Etat et révolutions de palais. Si bien qu'en définitive, tout s'acheva lorsqu'en rétablissant la paix un général ambitieux imposa aussi un nouveau régime.

  • Comment fabrique-t-on un monstre, ou un nouveau portrait de Robespierre.Comme l'on sait, aucune artère parisienne ne porte le nom de Robespierre, passé à la postérité comme l'archétype du monstre. Sans l'absoudre ni l'accabler, mais en le suivant pas à pas à travers chacune de ses prises de position politiques, Jean-Clément Martin montre que cette réputation a été fabriquée par les Thermidoriens. Après avoir abattu le " tyran ", ils voulurent en effet se dédouaner de leur propre recours à la violence d'État. Ainsi, les 10 et 11 thermidor, qui voient l'exécution de " l'Incorruptible " et d'une centaine de révolutionnaires, servent à imputer au premier la seule responsabilité de la " Terreur ". Non seulement cette accusation a réécrit l'histoire de la Révolution, mais elle continue à s'imposer encore à nous. Une démonstration sans faille et un livre à l'image de Robespierre : éminemment politique.
    Jean-Clément Martin, Professeur émérite à l'université Paris 1, Panthéon-Sorbonne, ancien directeur de l'Institut d'histoire de la Révolution française, a notamment publié La Guerre de Vendée
    , La Machine à fantasmes
    et, chez Perrin, la Nouvelle Histoire de la Révolution française
    . " Jean-Clément Martin, dans un travail maîtrisé et impeccablement informé, loin de tout affect psychologisant, démontre cette "fabrication d'un monstre' pour mieux retrouver le Robespierre qui précède. "
    Le Monde

  • Un livre de plus sur les malheurs de la Vendée ? Non. Mais une synthèse accessible au plus vaste public, qui aborde tous les sujets délicats : y a-t-il eu ou non génocide ? Etait-ce une guerre civile et, si oui, de quelle nature ? Quel fut le rôle de Turreau, le général éradicateur ? Combien y eut-il de victimes et comment la mémoire locale et nationale en a-t-elle tenu compte ?
    La "Vendée" est le premier "orage" idéologique qui s'abat sur la France contemporaine et dont certaines traces sont toujours repérables. La dénonciation du complot, la peur des ruraux, la crainte des populations maritimes, la volonté de ruiner le pouvoir des Girondins, tant de nuées idéologiques, historiques et sociales ont cristallisé dans un événement qui a frappé comme la foudre et qui semblait né d'une logique inéluctable. Son déroulement l'a confirmé : rejet de l'"ennemi", recours à la violence débridée de la "guerre civile" et des "machines de guerre". Le travail a été achevé par la mémoire : la "Vendée" a compté par l'échec de son action, plus que par sa reconnaissance. La région est née de sa défaite. Et la mémoire nationale de la Révolution s'est fabriquée autour de ce conflit emblématique autant qu'autour de la Terreur.
    Jean-Clément Martin, professeur à Paris I-Sorbonne, a notamment publié Violence et Révolution, essai sur la naissance d'un mythe national ; Contre-Révolution, Révolution et Nation, France 1789-1799.

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