• Plus de cent mille aviateurs ont été précipités au sol par la chute de leur avion entre 1939 et 1945. Plus de la moitié ont perdu la vie, un tiers ont été faits prisonniers, et près de 10 % ont réussi à échapper à leurs poursuivants. Face à ces hommes « tombés du ciel », les civils ne réagirent pas tous de la même façon : les Français de mai-juin 1940 résistèrent à l'envahisseur ; les Anglais firent prisonniers les aviateurs de la Luftwaffe avec retenue ; les Français occupés cachèrent les Alliés et les aidèrent à rejoindre l'Angleterre ; les Allemands les lynchèrent à partir de 1943.

    Pourquoi les Dupont, les Smith et les Schmidt ont-ils adopté des comportements si différents ? En tombant de manière inopinée chez les civils, l'aviateur a pénétré comme par effraction au coeur des sociétés. Il en a révélé les composantes profondes. Les réactions qu'il a provoquées dessinent une géopolitique : la défaite de la France en 1940 a pu masquer une insurrection écrasée dans l'oeuf ; le peuple britannique a tenu bon avec civilité ; la Résistance a constitué un mouvement national de première grandeur ; et en Allemagne, les violences populaires avaient un ressort nazi.

    Nous entraînant, grâce à des archives et des témoignages inédits, dans les campagnes et les villes françaises, anglaises et allemandes, Claire Andrieu montre l'ampleur de l'engagement des civils dans la guerre. Dans ce livre destiné à devenir une référence, elle renouvelle en profondeur l'histoire de la Résistance et rafraîchit la vision globale de la guerre européenne.

  • Ce livre est un récit : celui des relations que nourent en France la profession bancaire et l'État par la loi du 13 juin 1941. L'alliance alors conclue n'a pas été rompue mais réaffirmée en 1945, avant d'tre consacrée par la loi de 1984. Englobant le Front populaire et la Libération, l'ouvrage apporte des nuances au tableau de l'Occupation. travers les vicissitudes du temps, comment évaluer la part de collaboration volontaire et la dose de compromis obligé dans les relations qu'entretinrent les banquiers avec la puissance occupante ? Le premier d'entre eux, président du comité d'organisation et président directeur général de la Société générale, fut-il un collaborateur ou un négociateur contraint, un défenseur des seules grandes banques ou un protecteur de l'ensemble de la profession ? Ce sont ces questions qui constituent la trame de l'ouvrage. En montrant l'évolution, sous la Troisime République, des mentalités de droite et de gauche au regard de la réglementation, en démlant les fils embrouillés de la politique et du droit économique, en dissociant les boucliers confondus de la défense nationale et de la réaction corporative, et en signalant les points de rencontre entre la Résistance et la Collaboration, mais aussi leur opposition radicale, cette étude pas pas donne de l'Occupation l'image complexe d'un enchevtrement de noir et de blanc. C'est ce réseau de relations hétérognes et pourtant communes qui rendit particulirement ardue la tâche d'une épuration dont l'ambition reposait sur l'hypothse d'un passé simple.

  • L'histoire du Programme d'Action de la Résistance, ses origines dans la clandestinité et son destin dans la France libérée étaient jusqu'alors méconnus. Grâce à des entretiens avec des personnalités telles que Claude Bourdet, Francis Louis Closon, Jacques Debû Bridel, et Daniel Mayer, Claire Andrieu vivifie l'analyse de manuscrits jusqu'alors inédits. L'ouvrage, montre la naissance et l'intensité croissante de la vie politique au sein des états-majors de la Résistance à partir de l'été 1942. Comment l'idée d'un programme commun de la Résistance est-elle née ? De quelle façon fut-elle menée à bien et par qui ? Après la Libération, le programme du Conseil National de la Résistance (C.N.R.) fut plus souvent invoqué qu'aucun autre programme commun de notre histoire. Dans quelle mesure fut-il appliqué ? Et pourquoi fut-il abandonné ? Le lecteur trouvera ici la réponse à ces questions qui n'ont rien perdu de leur actualité. Quoique né dans des circonstances exceptionnelles, le programme du C.N.R. ne fût pas une innovation radicale. Claire Andrieu montre qu'il est issu d'une tradition française, celle des programmes communs de gouvernement. Mais il reste unique par l'approbation unanime qu'il reçut de la part des droites, des gauches et des mouvements de résistance. Cet accord général ne fut pas le signe d'une impossible fusion des idéologies : il exprima seulement, mais entièrement, l'unité de la Résistance face à l'ennemi.

  • Quand la haine et la peur gagnent un pays, que la guerre et le massacre se propagent, il est toujours quelques hommes et quelques femmes qui ne se laissent pas entraîner. Sans mot dire, ils se tiennent de côté. Dans le secret et le risque, ils veulent aider plus que dénoncer, protéger plus que détruire. Parfois, ceux-l mme qui participent au carnage tentent aussi de sauver. Dans ces situations d'extrme violence, une résistance civile, improvisée, tend se développer, faite d'une multitude de petits actes individuels et de l'action de quelques organisations clandestines.
    Partir de trois cas (les génocides des Arméniens, des juifs et des Tutsis), cet ouvrage représente la premire tentative la fois internationale, comparative et pluridisciplinaire pour constituer l'acte de sauvetage en objet de recherche, en se dégageant de la catégorie mémorielle du Juste . Le résultat est d'une richesse exceptionnelle et dérangeante. Impossible de dresser un portrait type du sauveteur, cependant les actes de sauvetage témoignent d'un fait historique : l'existence discrte d'une société informelle de sauvetage, si fragile soit-elle, ds que commence le génocide.
    Réunissant trente chercheurs de onze pays, cet ouvrage est dirigé par Jacques Sémelin, historien et politiste, directeur de recherche CNRS au CERI (Centre d'études et de recherches internationales de Sciences Po), Claire Andrieu, professeure des Universités en histoire contemporaine l'Institut d'études politiques de Paris, et Sarah Gensburger, docteure en sociologie (EHESS).

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