• Ouvrage des éditions Clé en coédition avec NENA La littérature africaine en langue française a été jugée à ses débuts au travers de codes littéraires élaborés par la métropole. Il fallait développer un nouvel appareil critique. Dans ce but, cette étude, publiée pour la première fois en 1989, utilise la création romanesque du Cameroun, particulièrement riche en ces années, afin de démontrer qu'il existe une esthétique propre au pays et qu'il faut donc juger les romans selon une nouvelle grille. Influencés par leur milieu géographique et historique, les auteurs ont choisi de raconter leurs histoires selon leur propre modèle du roman de moeurs et du roman engagé. Ce faisant, ils ont créé un corpus original qui a inspiré les générations suivantes, non seulement au Cameroun, mais aussi dans toute l'Afrique subsaharienne francophone.

  • Le réalisme est une caractéristique majeure de la littérature africaine de langue française. Cette étude porte sur une large période, antérieure et postérieure aux indépendances, et s'attache à montrer comment les auteurs brossent aujourd'hui un tableau sans concession de l'injustice, de la violence dont les plus démunis sont victimes, de la morgue des puissants, tableau intensément réaliste dont l'imaginaire et le merveilleux ne sont toutefois pas absents.

  • Bernard Dadié publia le premier roman ivoirien qu'il basa sur le modèle réaliste français de l'époque. Bientôt, ayant repris au griot - au conteur professionnel - son rôle social et artistique, ses confrères et lui infusent dans leurs créations des allusions à la culture traditionnelle de même que de nombreuses tactiques et habitudes de la littérature orale. Ils créent ainsi des récits et des personnages qui décrivent la vie quotidienne. Voulant plaire, ils adaptent leurs créations au goût de leurs lecteurs ivoiriens qui, comme eux, appartiennent à une classe moyenne grandissante. Ils répondent donc au besoin de distractions et à la demande pour une littérature qui reflète et qui enseigne la langue, les qualités morales et les bonnes manières de leur groupe social. Ils se donnent pour but d'amuser et, à la fois, de faire réfléchir. Tant et si bien qu'ils obtiennent une production littéraire originale fort différente du roman français contemporain. En se basant sur l'analyse des romans écrits par une quinzaine d'écrivains représentatifs des niveaux et courants littéraires, cette étude offre une vue générale utile pour les spécialistes et les étudiants en littérature, mais aussi pour les sociologues et les politologues qui s'intéressent aux idées sur l'argent et le pouvoir, par exemple. Elle révèle les changements survenus entre 1956 et 2010 et elle aide à placer des auteurs de renom international tels qu'Ahmadou Kourouma, Tanella Boni et Véronique Tadjo dans leur cadre culturel.

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