• Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • Un système social peut très bien tenir debout en tournant le dos aux aspirations des individus. Les jeunes, de plus en plus mal dans leur peau, en apportent à leur insu la confirmation éclatante. Car on est loin, six ans après, des promesses de libération que les événements de mai avaient fait naître. Certes on se bat encore çà et là, mais sans grande illusion et, dans sa masse, la jeunesse, faute de perspectives, semble se résigner. Qui porte la responsabilité de cet enlisement ? Il est facile de faire le procès d'un pouvoir répressif, d'un P.C. démobilisateur et d'un ultra-gauchisme débile. On oublie trop l'incroyable complicité dont la jeunesse a été et demeure la victime. Car qui, dans les partis ou dans les groupes, a cherché à comprendre les jeunes au lieu de les flatter et à les aider au lieu de s'en servir ? Hissée sur un piédestal, la jeunesse, dès lors, ne pouvait qu'échouer et décevoir. Rompant avec cette pratique, l'auteur s'adresse aux jeunes, mais aussi aux adultes, parents ou enseignants, avec une franchise souvent brutale. Il montre comment, dans cette société, le culte de l'argent accapare les êtres, appauvrit les personnalités, compromet toute éducation et fait, en définitive, des enfants des mal-aimés aussi peu aptes à s'insérer dans le système qu'à le contester. Cet essai appelle donc jeunes et adultes à une prise de conscience, suivie d'un changement de comportement et de mode de vie. C'est seulement à cette condition, que la révolution sera voulue et préparée, et non vécue comme un fantasme ou un alibi. Grande victime, avec la femme, de la société bourgeoise moderne, le jeune, tout comme la femme, ne pourra se libérer que par une remise en cause radicale et douloureuse de sa propre éducation.

  • Deux vieux

    Claude Alzon

    Il y a trente ans, Claude et Gervaise Alzon publiaient leur autobiographie commune. Suivirent trente années terribles jusqu'à la mort, à 78 ans, de Gervaise Alzon. Son mari, âgé de 81 ans, raconte toutes ces années vécues par un couple que rien ne put séparer.

  • Le monde du travail m'est à jamais fermé. Je suis reléguée dans le ghetto des malades mentaux. Parmi eux, je me sens privilégiée. Je ne suis pas à la rue. Je vis avec l'un d'eux, qui me comprend. Grâce à Claude, grâce aux études que j'ai faites sur le tard, j'ai découvert la création. Elle est inépuisable. J'y trouverai d'autres sources de joies. L'isolement, la maladie ne me font pas peur. J'y suis habituée. je vois venir la vieillesse avec sérénité. Je suis beaucoup plus heureuse aujourd'hui qu'à vingt ans. Une seule chose me tourmente : me retrouver sans Claude. Parfois, égoïstement, je souhaite mourir avant lui. L'idéal serait de se suicider ensemble. Il y a songé. Mais j'aime trop la vie, je m'aime trop pour en venir à cette extrémité. À moins que je ne sombre à nouveau dans la folie, ce qui serait le meilleur moyen d'échapper au potentiel inhumain de notre société.

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