• Même si l'expression développement durable est de plus en plus connue, le concept lui-même suscite encore de nombreux débats quant à son application et à l'articulation qu'il implique entre l'activité économique, la préservation de l'environnement et le développement individuel et social. Rédigé dans un style accessible aux non-spécialistes, l'ouvrage Vous avez dit développement durable?, deuxième édition, brosse un tableau clair de la situation actuelle et présente les acteurs impliqués. Il propose une réflexion sur les changements que suppose le développement durable dans nos sociétés et notre manière d'appréhender l'économie, y voyant davantage une évolution nécessaire qu'une contradiction insurmontable. L'auteure explore les mécanismes de transformation propres aux sociétés occidentales où les mouvements sociaux, les entreprises et l'État participent à des dialogues souvent conflictuels, mais néanmoins constitutifs d'un nouveau modèle de développement, véritable socle de la civilisation de demain. Elle analyse aussi la position des hauts dirigeants économiques face à l'environnement et au développement durable pour démontrer que, loin de la caricature qu'on en offre encore, ces acteurs sociaux influents ont développé une sensibilité et un discours écologistes qui façonnent la manière d'envisager la problématique environnementale et, par conséquent, l'éventail des solutions privilégiées dans nos sociétés. L'ouvrage comporte, en sus, un lexique qui permet au lecteur de s'approprier la terminologie relative au développement durable.

  • Chapitre extrait du livre Développement durable et responsabilité sociale. Michel Capron offre une vision claire et concise de la double dynamique de dialogue et de confrontation entre les NMSE et les puissances économiques. D'un côté, les firmes transnationales et les entités économiques mondiales auraient subi un processus de délégitimation de leurs activités simultanément à l'élargissement de leur domination sur les activités productives et marchandes partout sur la planète. De l'autre côté, grâce à leur maîtrise et à leur maniement de l'information, les organisations de la société civile réussissent à la fois à alimenter cette crise de légitimité des puissances économiques et à représenter un horizon moral légitime auquel ces puissances ne peuvent qu'aspirer. C'est là qu'intervient l'essor des normes portant sur le développement durable et la responsabilité sociale des entreprises, au milieu du conflit entre les puissances économiques et une société civile qui attire de plus en plus les forces revendicatrices conventionnelles comme les syndicats, et les nouvelles comme les NMSE.

  • Chapitre extrait du livre Développement durable et responsabilité sociale. Gisèle Belem jette un éclairage sur la diversité qui existe parmi les modalités économiques que les NMSE peuvent expérimenter dans le but de provoquer des transformations sociales. Ainsi, l'auteure soutient que la distinction entre, d'une part, la finance socialement responsable et, d'autre part, la finance solidaire et les monnaies sociales renvoie à des défis différents. L'activisme actionnarial et la technique du tamisage pratiqués par des fonds d'investissement étant situés dans la sphère financière ellemême, ils sont soit relativement impuissants devant le poids de la finance conventionnelle, soit eux-mêmes instrumentalisés à des fins de légitimation par des acteurs de celle-ci. Quant à l'axe plus « solidaire » de la finance et des monnaies sociales, il se déploie souvent à une échelle trop locale ou marginale pour provoquer des changements sociaux et économiques systémiques. Malgré tout, l'auteure conclut que le potentiel régulatoire de toutes ces initiatives existe du fait de leur capacité à amorcer des changements de mentalité dans la sphère économique.

  • Chapitre extrait du livre Développement durable et responsabilité sociale. Thibault Daudigeos met en lumière, à travers une analyse comparative des institutions officielles de normalisation anglaise (le BSI) et française (l'AFNOR), la diversité des pratiques et des résultats que l'on trouve dans le champ du développement durable. À la base même de ces deux initiatives s'expriment des schèmes de pensée différents, ainsi que des notions divergentes de la légitimité des normes, ce qui donne à penser que si les nouveaux mouvements sociaux économiques (NMSE) sont importants pour mettre le développement durable et la responsabilité sociale de l'entreprise au programme de la régulation mondiale de l'économie, il faut aussi compter avec de nombreux autres acteurs et paramètres dans le processus de normalisation.
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  • Chapitre extrait du livre Développement durable et responsabilité sociale. Patrick Gabriel explore les formes et la structure du « système de légitimité » du développement durable et il y découvre deux axes de tensions qui semblent déterminer la mise en oeuvre et l'acceptabilité de ce concept. Tension, d'abord, entre les échelles mondiales et locales, qui se partagent les rôles de la définition du concept et de sa mise en oeuvre. De la distance entre ces deux pôles émerge une autre source de tension entre la prétention à l'universalité et la diversité des pratiques sur lesquelles s'appuie le développement durable. Ces tensions au sein du système de légitimité du développement durable peuvent, d'une part, expliquer son succès en mettant en lumière la flexibilité qu'il offre aux acteurs qui s'en réclament et, d'autre part, permettre de rendre compte de l'incertitude et de la confusion qui règnent autour des interprétations fragmentées de cette notion.

  • Chapitre extrait du livre Développement durable et responsabilité sociale. Marie-Andrée Caron et Marie-France Turcotte s'intéressent aux pratiques novatrices de reddition de comptes et de divulgation des activités des entreprises comme suite aux pressions exercées par les nouveaux mouvements sociaux économiques. Ces innovations, qui se traduisent souvent par des rapports de développement durable, sont toutefois marquées par autant d'inertie que de transformation par rapport au modèle traditionnel de divulgation. D'un côté les rapports de développement durable présentent des informations non systématiquement rapportées et souvent trop superficielles pour véritablement aider les parties prenantes qui désirent évaluer la performance des entreprises en cette matière. Mais d'un autre côté, on peut concevoir les efforts investis par les firmes comme le gage d'un processus d'apprentissage et d'amélioration dans le contexte du dialogue avec les parties prenantes. En somme, les auteures considèrent que l'émergence de ce « nouveau marché de l'information sur la performance de développement durable » continuera d'évoluer et de se systématiser, d'où l'importance d'étudier de près ses variations et sa diffusion.

  • Chapitre tiré du livre Développement durable et responsabilité sociale. Jean-Paul Bozonnet montre dans sa contribution que - en ce qui concerne la question environnementale - nous assistons, d'une part, à l'acceptation généralisée d'un « grand récit de l'écologisme » et, d'autre part, à une désinstitutionnalisation des formes d'action qui en découlent. Alors que l'institutionnalisation de l'écologisme avait donné lieu, à partir des années 1970, à l'élaboration de nombreuses politiques publiques, à la formation d'associations environnementalistes actives et, ultimement, à un premier « verdissage » des activités des firmes multinationales, la faveur des citoyens des pays développés serait dorénavant tournée vers des formes d'écologisme moins institutionnelles. Cette désinstitutionnalisation procède par l'association de l'écologisme à d'autres causes, par le refus croissant de l'organisation, par l'utilisation des médias, etc., et offre un contexte favorable aux nouveaux mouvements sociaux économiques faisant appel à de nouveaux acteurs du changement social, parmi lesquels le consommateur fait figure de proue.

  • Chapitre tiré du livre Développement durable et responsabilité sociale. La contribution du Collectif d'études sur les pratiques solidaires (CEPS) - avec ses dimensions méthodologiques et analytiques exemplaires - replace certains NMSE dans le cadre plus large des pratiques économiques solidaires telles qu'elles se manifestent au Québec. À la réflexion sur les NMSE, ce chapitre apporte un important approfondissement des notions de producteur et de consommateur et montre que, dans un contexte de reconfiguration des modalités de régulation, ces notions se métamorphosent selon les objectifs socioéconomiques et les pratiques privilégiées par les initiatives. À côté de la distinction radicale entre producteur et consommateur qui est proposée dans le système économique dominant, il existe donc une multitude de phases intermédiaires permettant de rapprocher, voire de conjuguer, ces deux figures. Le travail du CEPS démontre aussi la présence d'une grande variabilité dans le degré de conformisme ou d'indépendance des pratiques solidaires vis-à-vis du système économique, ce qui influe d'autant sur leur potentiel de transformation. On pourrait dès lors considérer les NMSE comme des variantes plutôt conformistes de ces pratiques économiques solidaires.

  • Chapitre tiré du livre Développement durable et responsabilité sociale. Mais existe-t-il, pour les mouvements sociaux, des réalités telles que des sphères politiques ou économiques, exclusives les unes aux autres et identifiables selon leur logique propre? Dans leur processus de développement, et parfois d'institutionnalisation, les mouvements sociaux chevauchent très souvent ces « mondes antagonistes » faussement présentés comme distincts. C'est dans cet esprit que l'étude de Sylvain Lefèvre sur la stratégie de la collecte de fonds de l'organisation non gouvernementale Greenpeace explore « la complexité d'une configuration fluctuante où s'enchaînent importation, réappropriation, contestation ou reconduction de logiques a priori contradictoires ». En conséquence de cette complexité croissante à l'échelle de l'organisation s'entremêlent des questions à saveur de dilemme que l'auteur ne manque pas de relever : la stratégie marketing de Greenpeace représente-elle l'incursion du marché dans la logique du mouvement, ou bien porte-t-elle les germes d'un verdissement de l'entreprise? Peut-on douter que cette complexité soit également le fait des logiques de justification ou de légitimation des NMSE?

  • Chapitre tiré du livre Développement durable et responsabilité sociale. Dans plusieurs pays en développement, des mouvements citoyens se réapproprient les enjeux économiques et environnementaux qui les concernent directement et dont la responsabilité échoit normalement aux mains démunies de gouvernements qui n'arrivent pas à contrôler les activités des firmes transnationales qui font affaire sur leur territoire - ou qui n'ont pas l'intention de le faire. C'est ce que relate le chapitre de Myriam Laforce sur les mobilisations communautaires contre les activités des sociétés minières étrangères au Pérou, qui se traduisent par l'émergence de mouvements sociaux organisés qui réussissent à s'imposer comme interlocuteurs incontournables dans un secteur économique de première importance. S'il faut bien sûr comprendre le contexte dans ses aspects historiques et politiques, notamment en tenant compte de l'impact des politiques d'ajustement structurel qui ont été appliquées dans plusieurs pays du Sud, il faut aussi considérer ces mouvements comme des manifestations originales de revendications faisant appel à la notion de développement durable et jouant stratégiquement sur les intérêts des États et des entreprises multinationales, selon un objectif commun à ces derniers et aux NMSE : repolitiser la sphère économique.

  • Chapitre tiré du livre Développement durable et responsabilité sociale. Si la récupération des idéaux des mouvements sociaux semble si facile, c´est peut-être parce que leurs fondements sont compatibles avec « l´esprit » de la société libérale. La question est traitée ici par Fabrice Flipo sous l´angle du rapport entre altermondialisme et libéralisme. Le mouvement altermondialiste est-il une forme de libéralisme?
    La question est pertinente parce que c´est dans un contexte de libéralisme économique - ou encore de néolibéralisme - qu´émergent les NMSE.
    Quant au mouvement altermondialiste, il semble nettement apparenté à un libéralisme politique de conception lockéenne, mais aussi fortement opposé au néolibéralisme. La réflexion de l´auteur sur les défis que cette position implique alimente généreusement les interrogations de l´ouvrage concernant les différentes directions empruntées par les NMSE ainsi que leur cohésion. Plus largement, la pertinence des considérations sur le mouvement altermondialiste pour l´étude des NMSE est évidente dans un contexte où les mouvements sociaux semblent prendre de plus en plus d´espace à l´échelle planétaire : tous tentent de combler le déficit qu´accusent les États en matière de régulation et de contrôle des firmes transnationales.

  • Chapitre tiré du livre Développement durable et responsabilité sociale. Par l´analyse de l´émergence des mouvements alternatifs en Allemagne au cours des décennies 1970 et 1980, notamment des « nouvelles » mobilisations écologistes, Florence Rudolf aborde de front une question à la fois préalable et centrale à l´objet de l´ouvrage : jusqu´où les mobilisations peuvent-elles être efficaces à l´égard de leur mission de transformation sociale? L´auteure révèle clairement que les écueils auxquels se heurtent les NMSE pourraient ne pas être étrangers aux expériences des nouveaux mouvements sociaux qui les ont précédés : difficultés d´autoaffirmation, problèmes d´institutionnalisations, inévitabilité de la récupération par des acteurs plus puissants de l´industrie, etc. Si en Allemagne - malgré l´énorme défi qu´a représenté la réunification - les nouveaux mouvements sociaux, et particulièrement ceux d´inspiration écologiste, ont réussi à contribuer à l´inflexion de la modernité, il demeure pertinent de s´inquiéter de l´absorption et de la mutation de l´idéal militant par la société de consommation.

  • Au confluent des traditions de pensée anglo-saxonne et continentale, les chercheurs de l´École de Montréal ont développé une perspective distinctive de la responsabilité sociale qui nourrit la recherche francophone tout autant qu´elle renouvelle les paradigmes anglo-saxons.

    Attentive aux dimensions sociologiques et institutionnelles de l´activité des entreprises, cette perspective n´en occulte pas pour autant les défis gestionnaires et opérationnels qu´induisent un contexte ou une stratégie de responsabilité sociale. Les chercheurs de l´École de Montréal ont ainsi développé une problématique originale, bien ancrée dans la réalité des entreprises, qui leur a permis d´élaborer des concepts nouveaux comme celui de Nouveau Mouvement Social Économique et de Régulation hybride ou d´approfondir des thématiques encore peu explorées telles que le rôle de l´État dans les différentes configurations de la responsabilité sociale.

    Ce sont les travaux de ces chercheurs et de ceux qui les ont, au fil des années, rejoints que présente ce livre au travers de quelques-uns des articles les plus importants de ce mouvement. Plusieurs de ceux-ci témoignent de l´approche critique d´auteurs qui envisagent la responsabilité sociale non seulement comme une initiative avant-gardiste d´entreprise, mais bien comme une nouvelle modalité de l´action économique.

  • Adoptée en 1996 par l'Organisation internationale de normalisation, la norme ISO 14001 marque le début d'une reconnaissance internationale de la gestion environnementale. À partir des années 2000, on peut dire que le principal défi ne concerne plus la reconnaissance de la problématique environnementale ni l'engagement formel des entreprises, mais bien l'amélioration sensible de leur performance en cette matière. Ce manuel s'adresse à tous ceux qu'intéresse la gestion environnementale, qu'ils soient dirigeants d'entreprises industrielles, forestières ou agricoles ou encore, étudiants en gestion environnementale, en ingénierie ou en droit. Premier ouvrage de référence en langue française, il est adapté au contexte québécois, mais il tient également compte de l'évolution en Amérique du Nord et en Europe.

    L'ouvrage est divisé en trois grandes parties. La première vise à initier le lecteur à la problématique environnementale et aux défis qu'elle représente pour l'entreprise contemporaine. La deuxième partie constitue en quelque sorte le coeur de l'ouvrage puisqu'on y présente les grands principes de gestion environnementale en les illustrant systématiquement par des cas concrets. Finalement, la troisième partie est consacrée aux outils de la gestion environnementale: la vérification, la communication et la gestion du risque.

    Le livre tient compte des grands principes de structure, de juridiction et d'implantation concrète de la normeISO 14001 en se référant à des initiatives de niveau national et international.

    Corinne Gendron est professeure au Département Organisation et Gestion des ressources humaines de l'École des sciences de la gestion ; elle est également chercheure principale à la Chaire économie et humanisme de l'Université du Québec à Montréal. Avocate et détentrice d'une maîtrise en administration des affaires et d'un doctorat en sociologie, elle se spécialise dans les questions de sociologie de l'entreprise, de développement durable, d'éthique et de gouvernance dans le contexte de la mondialisation.

  • Sommaire:
    O Un bilan de la sociologie de l'environnement en Europe_ o De la sociologie environnementale à l'écosociologie o La gouvernance du développement durable dans un contexte de mondialisation économique_ o Le décalage entre attitudes et comportements en matière de protection de l'environnement_ o La norme ISO 14001 : vers une uniformisation des pratiques ?_ o Représentations, normes et dispositifs techniques dans la mise en Suvre de la durabilité_ o Prendre en compte le temps du vivant_ o Une analyse sociologique d'une tempête de verglas_ o Les changements climatiques et le rôle des organisations non gouvernementales_ o La place des usagers dans les politiques de réduction des gaz à effet de serre. Le cas de la pollution automobile_ o Concertation à l'intérieur du Processus national sur les changements climatiques du Canada ?_ o Le rôle des organisations internationales dans l'élaboration des politiques mondiales de l'eau_ o Les politiques de protection des espaces naturels_ o Réappropriation communautaire de la protection de l'environnement en Acadie_ o La gestion environnementale du bassin versant de la baie de Caraquet_ o Comment intégrer les contraintes environnementales en agriculture ?_ o La protection des zones humides du littoral catalan_ o Territoire d'usage commun et savoirs des populations traditionnelles_ o L'institution imaginaire de l'environnement en Guyane française_ o Enjeux institutionnels et défis politiques_

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