• Quand Klaus Hirshkuh débarque à la gare de Leipzig, ce jour de novembre 1945, c'est une ville détruite qu'il redécouvre pas à pas. Le jeune homme qui marche dans ces décombres est lui-même en morceaux. Il vient de passer quatre ans à Buchenwald. Parce qu'il est homosexuel. À bout de forces, il est une ombre, un fantôme. Scandaleusement vivant pourtant. Et il n'a pas fini d'expier.

  • À l'aube de la seconde moitié du XVIIIe siècle, Sébastien, un berger de quinze ans, tombe éperdument amoureux de Balthazar, prince de Créon. Des amants est un magnifique chant d'amour et de liberté, en même temps qu'une dénonciation de l'intolérance de la société. Par l'auteur de Je suis en vie et tu ne m'entends pas (Actes Sud, 2016).

    1 autre édition :

  • Nous sommes en avril 1909 à Adana, au sud de la Turquie.
    Adana, l´opulente plaine de Cilicie, ses champs de coton et ses vergers, le fleuve Seyhan, la mer Méditerranée. Qui aurait pu prévoir que des massacres ravageraient cette terre ? Que la folie saisirait le parti Union et Progrès ? Aucune union en vérité, aucun progrès.
    Il y a là des amis, des familles, des bergers, le poète Diran Mélikian, Atom Papazian le joaillier, Vahan le révolutionnaire. Ils assistent à la montée de la haine et de l´intolérance. Certains prient, d´autres prennent les armes et combattent. La mort frappera la plupart, l´exil sera le lot de certains.
    C´est toute la puissance du roman de Daniel Arsand de réinventer une ville et d´évoquer le destin d´un peuple. De donner un visage à l´Histoire.

  • « Dans Ivresses du fils je me suis essentiellement attardé sur la sombre et longue relation que j'ai entretenue avec le vin. C'est dire combien mon texte est autobiographique. J'ai osé aborder, scruter, affronter les scènes capitales qui ont jalonné mon enfance, mon adolescence et quelques années de ma vie d'homme. En les écrivant le passé m'est monté à la tête et j'ai lâché presque allègrement la bonde à mes souvenirs. Je me suis mis alors à évoquer un certain vin d'oranges dont le souvenir est associé à ma grand-tante, à sa demeure pleine de miroirs et de recoins, à son jardin où se dresse toujours un magnolia qui, croyais-je enfant, finirait par toucher le ciel. A commémorer ce vin de table que je sifflais seul, le jeudi après-midi, dans la fascination que j'éprouvais pour ma grand-mère disparue avant ma naissance. A dresser un portrait sans concessions ? du moins, je l'espère ? d'un garçon timide, sensible, narcissique, violent et cruel, et d'un adolescent marqué par les humiliations verbales et physiques au lycée. J'ai exhumé de ma si frileuse mémoire le souvenir de ces nuits de mai et de juin pendant lesquelles j'avais éclusé tous les vins de la cave paternelle tandis que ma mère se mourait à l'hôpital. De chapitre en chapitre, d'une évocation à l'autre, je me suis soudain enfoui dans la vision de vignes empourprées par un glorieux soleil d'automne. C'est de solitude, d'éblouissement et de désespoir dont je parle. Mais aussi de mon incapacité à éprouver le sentiment amoureux, incapacité que je niais parfois, que j'oubliais souvent en vidant bouteille sur bouteille, couché sur mon lit et attendant d'être enfin sans mémoire et sans désir. »

  • Nouvelles sombres dont les acteurs obéissent à des destins implacables. Vies dures, enchaînées aux lois des haines et des vengeances.

  • Mireille Balin, l'une des plus grandes stars du cinéma français est morte en 1968, oubliée et dans la misère. Son destin, aussi tragique que celui de Rita Hayworth ou de Marilyn Monroe, fit de cette actrice suprêmement belle l'un des symboles des années 30. De G. W. Pabst à Jacques Becker, de Julien Duvivier à Jean Grémillon, elle a tourné avec les plus prestigieux cinéastes de son temps et fut l'héroïne de deux chefs-d'oeuvre : Pépé le Moko et Gueule d'amour. Ses amis ? Eric von Stroheim et Raimu. Ses amants ? Jean Gabin et Tino Rossi. Son livre de chevet ? Les Pensées de Marc Aurèle. Son orgueil dévorant et son goût de l'indépendance mirent souvent en péril sa carrière : à Hollywood, elle refuse aux producteurs le droit de modeler son visage et fomente une grève. Incarcérée et jugée à la Libération pour avoir connu une passion avec un officier allemand, Mireille Balin mènera, pendant vingt ans encore, une existence dans la ruine, la maladie et la solitude. La beauté de celle qui fut la femme fatale du cinéma de l'entre-deux-guerres est foudroyée. Suivre pas à pas l'itinéraire de Mireille Balin c'est, à travers les événements politiques et l'univers cinématographique, se sentir proche d'une femme qui, de son apogée à sa chute, fut égale à elle-même : lucide, insolente, libre, en perpétuelle quête d'absolu. Une biographie qui se lit comme un roman.

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