• Ceci est un texte de théâtre. Ou plus exactement un texte qui met le théâtre en scène puisque la pièce est aussi une pièce qu'un narrateur très changeant raconte. On ne s'en étonnera pas, l'action se déroule à Brioine, et tout autour, ce lieu mythique et central de la grande entreprise littéraire de Danielle Mémoire : le corpus. Elle s'en donne à coeur joie, jouant comme à l'accoutumée, mais servie au delà du descriptible par le dispositif théâtral, des niveaux de représentation, des illusions et des changements de rôle. L'écriture y est sans doute plus «raisonnable», apparemment, que dans ses autres textes, elle n'en est pas moins inventive et efficace quand il s'agit de prendre le lecteur dans ses rêts invisibles.

  • Trois capitaines

    Danielle Mémoire

    Trois capitaines est un roman-jeu, un roman-piège : tout se passe au travers d'écrits dérivés, secondaires : lettres, carnets intimes. C'est-à-dire que le roman n'y est jamais donné comme tel, comme fiction, ce qui procure paradoxalement une étonnante impression de réalisme ou, plus exactement d'authenticité. Il s'agit de recomposer pour un écrivain qui pourrait très bien se reconnaître dans l'un de ses livres la vie d'un autre écrivain qui vient de mourir. Une femme, proche de ce dernier, s'y attache, distillant au long de lettres énigmatiques des informations qui ne le sont pas moins. Ainsi une figure mystérieuse, contrastée, contradictoire, peu à peu se dessine. Cependant le/la signataire des lettres elle-même, ou lui-même, devient un personnage important du livre lorsqu'il apparaît au fil des pages que son sexe et son identité ne sont pas si certains qu'on le pensait. L'idée d'une machination, d'un chantage, d'une supercherie se fait peu à peu jour et finit par s'imposer. Mais qui est le chasseur, qui le gibier ?

  • Parmi d'autres

    Danielle Mémoire

    La trame de ce livre sous forme de dossier se construit à partir de matériaux donnés comme préexistants ou, aux marges de la littérature, comme réels : fragments de journaux intimes, correspondances, commentaires, études, documents... Au milieu de cette accumulation, la lecture est motivée par la question de l'identité de l'auteur, identité chaque fois remise en cause par la diversité des textes qui se succèdent. Sur fond de disputes - aussi bien théoriques et littéraires qu'odieusement triviales -, de captations d'héritage, de vol, d'usurpation d'identité, de dissimulation et de supercherie, le lecteur troublé est saisi de vertige, accentué par le caractère particulièrement élaboré de l'écriture.

  • Quelqu'un (mais qui donc, à la fin ?) se trouve là (dans ce livre que vous tiendrez entre vos mains) pour publiquement lire un ouvrage en cours dont il ou elle n'est pas forcément l'auteur, et en débattre, ainsi qu'il est en principe annoncé. Ce lecteur, particulièrement complaisant, mais pas toujours, va se couper en quatre, voire en beaucoup plus que quatre, au point qu'une possible vérité s'impose : il n'y a pas un lecteur mais des lecteurs, il n'y pas une histoire mais des histoires. À moins que ce ne soit exactement le contraire, ou bien que la question ne soit pas là mais dans l'incertitude des identités et dans l'affolement de la fiction, que la question soit dans le « déplacement du regard selon le temps, du désir selon le regard ».

  • Bis repetita

    Danielle Mémoire

    «De notre vaste, de notre inachevable ouvrage, Un livre modèle, celle d´entre les strates qu´il nous arrivait aussi, pour nous-mêmes, et par dérision, d´intituler De la belle voisine, constituait la plus pauvre et la plus plate. Nous n´eussions pu écrire qu´elle était la plus plate sans penser à Flaubert, ni préciser, donc, qu´elle l´était «comme un trottoir».
    Au réalisme, il n´était aucun d´entre nous qui valût grand-chose.
    Cette strate, pourtant, était nécessaire au tout.
    Nous la publiâmes, qu´on n´en parlât plus.»

  • Dans la tour

    Danielle Mémoire

    Dans la tour, premier roman de Danielle Mémoire s'ouvre avec la mort du personnage principal, Jean Fontanes, écrivain célèbre, honoré, respecté, qui vient de s'éteindre dans la maison de son enfance, Nantais. Sa secrétaire, Inès Keller, était auprès de lui, transcrivant sous sa dictée son dernier livre, un journal intime. Jean Fontanes était âgé, aveugle, il avait depuis le suicide de sa fille cessé d'écrire. Que faire de ces pages imprévues ? La soeur de l'écrivain, Madame Joubert, et Inès Keller vont en disputer longuement et, à cette occasion, nous permettront d'entrer dans l'oeuvre et dans la vie de l'écrivain dont il semble que ces pages de journal sont une sorte de résumé énigmatique.

  • Les personnages

    Danielle Mémoire

    «Le présent index s´engendre, ou s´enfante, sans autre forme de procès, de l´article Galatée dans tel dictionnaire de la mythologie grecque et romaine, et doit, à ce titre, être regardé comme un simple exercice de style.
    Les apparentes incohérences devront en être renvoyées à la diversité, d´une part, des espaces (cf. Glossaire), à celle, d´autre part, des rédacteurs.
    Dans la nécessité, parfois, d´évoquer jusqu´au détail les différents volumes auxquels il renvoie, et d´en fournir de larges citations, il n´ira pourtant pas jusqu´à dispenser quiconque de la lecture d´aucun.»

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