• Les thèses ne manquent pas pour expliquer le surgissement du capitalisme et ses conséquences. Or il se trouve que Dany-Robert Dufour a eu accès à un texte étonnant, complètement oublié ou presque, datant de 1714, de l'époque même où ce système s'est mis en place et qui pourrait considérablement renouveler les analyses permettant de savoir dans quelle galère au juste nous sommes embarqués.

  • La civilisation occidentale, après avoir surmonté en un siècle différents séismes dévastateurs, le nazisme et le stalinisme au premier rang, est aujourd'hui emportée par le néolibéralisme. Et avec elle, le reste du monde. La crise générale qui en résulte est inédite : tout à la fois politique, économique, écologique, morale, subjective, esthétique, intellectuelle, elle n'est cependant pas inéluctable. Comment résister au dernier totalitarisme en date? Une fois déjà la civilisation occidentale a su se dépasser en mobilisant ses deux grands récits fondateurs : le monothéisme venu de Jérusalem et le Logos et la raison philosophique venus d'Athènes. C'était au cours de la Renaissance. Pour sortir de la crise, Dany-Robert Dufour propose de reprendre aujourd'hui cet élan humaniste, de dépoussiérer, réactualiser et laïciser ces grands récits. Pour qu'advienne un individu qui, rejetant les comportements grégaires sans pour autant adopter une attitude égoïste, deviendrait enfin "sympathique", c'est-à-dire libre et ouvert à l'autre. Une utopie de plus? Plutôt une façon souhaitable mais aussi réalisable d'oeuvrer à une nouvelle Renaissance, qui tiendrait les promesses oubliées de la première.

  • À mi-chemin entre le conte philosophique et l'essai, Dany-Robert Dufour poursuit en philosophe son travail de critique du monde contemporain. Et pour mieux s'interroger sur ce qui menace aujourd'hui gravement son avenir, il propose de revisiter toute l'histoire de l'être humain.
    Évoquant l'axolotl, ce poisson mexicain qui nous ressemble, comme le jaguar de la brousse brésilienne ou le loup des contes enfantins, discutant avec Platon, Albert Einstein ou Michael Jackson, se prenant à l'occasion pour Sherlock Holmes, le narrateur écrit dix lettres à sa 'belle amie'. Autant de moments clefs d'un voyage à travers le temps accompli par cette étrange espèce animale qu'on appelle les hommes.
    Cette espèce se caractérise non pas par sa supériorité sur le reste de la création mais par sa forme inachevée, sa faiblesse 'naturelle'. Un 'manque de nature', donc, que seule peut conpenser la culture discours, récits, sciences et techniques qui permet à l'être humain d'agir sur le monde pour mieux l'habiter. En tourt cas qui le permettrait jusqu'ici. Car le rêve des puissants de créer une 'surhumanité' à leur service compromet aujourd'hui la survie de l'espèce.
    Que faire, si nous refusons ce risque d'en finir avec le genre humain, si nous voulons que puisse se poursuivre son aventure si belle et si désespérée? Il n'est pas trop tard pour résister.

  • «Les vices privés font la fortune publique» : cette formule aujourd'hui banale scandalisa l'Europe des Lumières lorsqu'elle fut énoncée pour la première fois en 1704 par Bernard de Mandeville. Pourtant, ce médecin, précurseur trop méconnu du libéralisme, ne faisait qu'énoncer la morale perverse qui, au-delà de l'Occident, régit aujourd'hui la planète. Ette est au coeur d'une nouvelle religion qui semble désormais régner sans partage, celle du marché : si les faiblesses individuelles contribuent aux richesses collectives, ne doit-on pas privilégier les intérêts égoïstes de chacun?
    En philosophe, Dany-Robert Dufour poursuit dans cet ouvrage ses interrogations sur les évolutions radicales de notre société. En présentant, en autant de chapitres, les «dix commandements» inquiétants qui résultent de la morale néolibérale aujourd'hui dominante, il analyse les ébranlements qu'elle provoque dans tous les domaines : le rapport de chacun à soi et à l'autre, à l'école, au politique, à l'économie et à l'entreprise, au savoir, à la langue, à la Loi, à l'art, à l'inconscient, etc. Et il démontre ainsi qu'une véritable révolution culturelle est en cours. Qui nous mènera jusqu'où?

  • Après l'enfer du nazisme et la terreur du communisme, il est possible qu'une nouvelle catastrophe se profile à l'horizon. Cette fois, c'est le néo-libéralisme qui veut fabriquer à son tour un «homme nouveau». Tous les changements en cours, aussi bien dans l'économie marchande que dans l'économie politique, l'économie symbolique ou l'économie psychique, en témoignent.
    Le sujet critique de Kant et le sujet névrotique de Freud nous avaient fourni à eux deux la matrice du sujet de la modernité. La mort de ce sujet est déjà programmée par la grande mutation du capitalisme contemporain. Déchu de sa faculté de jugement, poussé à jouir sans entrave, cessant de se référer à toute valeur absolue ou transcendantale, le nouvel «homme nouveau» est en train d'apparaître au fur et à mesure que l'on entre dans l'ère du «capitalisme total» sur la planète.
    C'est cette véritable mutation anthropologique, et les conséquences pour le moins problématiques sur la vie des hommes qu'elle implique, autrement dit ce que l'auteur appelle «l'art de réduire les têtes», qu'analyse cet ouvrage.

  • Ce livre entraîne le lecteur - habitué des ouvrages de sciences humaines - dans une aventure plutôt jubilante. Tout d'abord, il va - sans retenue - fouiller là où cela fait mal, en vue d'exhumer le point critique, où les maîtres de l'époque structuraliste (Lacan, Benveniste Jakobson, Lévi-Strauss...) se sont mis à bégayer. Ils n'auraient pas bégayé n'importe où, mais au moment exact de produire un savoir décisif sur la langue ! De là, aurait pu se monter une de ces rituelles entreprises d'extermination de « fausses » sciences. Mais, loin de récuser ce point instable et de l'imputer à nos aînés comme une regrettable erreur théorique, ce livre en fait le point d'appui d'une facétieuse traversée diagonale des sciences humaines où l'on rencontre... le stade du miroir, les paradoxes de l'auto-référence, l'objet a - de la théologie négative - l'Unheimliche (« l'inquiétante étrangeté » de Freud), la logique illogique du mythe, la forme auto-subversive de la promesse, la figure de l'hystérologie, et bien d'autres étrangetés. Deux compères, Logos et Sogol, mènent la danse ; l'un retient et logicise, pendant que l'autre renverse les propositions et pousse au paradoxe. Et il apparaît, chemin faisant, que les sciences humaines, là où elles se nouent entre inconscient, récit et énonciation, pourraient bien n'être concevables qu'autour de cette part mal dite, inéliminable grain de folie - ou de sable - qu'on ne cesse de vouloir rejeter. Il s'agirait - au bout du compte - de figurer ce à quoi pourraient ressembler des sciences humaines prenant au sérieux la division du sujet...

  • Il faut prendre en compte ce que le miroir lacanien doit au miroir sophianique de Jacob Boehme. Je gage que si le miroir lacanien fut si neuf et s'il continue de l'être, c'est parce qu'il a réintroduit en plein vingtième siècle un schème de pensée « irrationnel », « magique », baroque, un « hiatus irrationalis » issu du mysticisme spéculatif et théosophique. Ce schème fut transporté à grands frais dans un nouvel environnement de pensée (par Koyré) et déplacé (par Lacan) de la déité au sujet lui-même. C'est cela la vraie audace du miroir : avoir pris une forme ancienne (et « unaire », au sens non-binaire) comme étant plus moderne que les formes modernes de la rationalité.

  • Rédigé sous forme de lettres d'amour à une belle-amie, un parcours dans l'histoire humaine, s'interrogeant sur les liens complexes et silencieux qui unissent l'homme à l'animal, proposant une nouvelle vision de notre rapport à la connaissance et à la jouissance.

  • Ce livre entraîne le lecteur - habitué des ouvrages de sciences humaines - dans une aventure plutôt jubilante. Tout d'abord, il va - sans retenue - fouiller là où cela fait mal, en vue d'exhumer le point critique, où les maîtres de l'époque structuraliste (Lacan, Benveniste Jakobson, Lévi-Strauss...) se sont mis à bégayer. Ils n'auraient pas bégayé n'importe où, mais au moment exact de produire un savoir décisif sur la langue ! De là, aurait pu se monter une de ces rituelles entreprises d'extermination de « fausses » sciences. Mais, loin de récuser ce point instable et de l'imputer à nos aînés comme une regrettable erreur théorique, ce livre en fait le point d'appui d'une facétieuse traversée diagonale des sciences humaines où l'on rencontre... le stade du miroir, les paradoxes de l'auto-référence, l'objet a - de la théologie négative - l'Unheimliche (« l'inquiétante étrangeté » de Freud), la logique illogique du mythe, la forme auto-subversive de la promesse, la figure de l'hystérologie, et bien d'autres étrangetés. Deux compères, Logos et Sogol, mènent la danse ; l'un retient et logicise, pendant que l'autre renverse les propositions et pousse au paradoxe. Et il apparaît, chemin faisant, que les sciences humaines, là où elles se nouent entre inconscient, récit et énonciation, pourraient bien n'être concevables qu'autour de cette part mal dite, inéliminable grain de folie - ou de sable - qu'on ne cesse de vouloir rejeter. Il s'agirait - au bout du compte - de figurer ce à quoi pourraient ressembler des sciences humaines prenant au sérieux la division du sujet...

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