• Le modèle économique américain n'a jamais eu bonne presse en France. Et pourtant, la Silicon Valley est l'objet d'une admiration sans borne, avec tout ce qu'elle symbolise : la jeunesse, la prise de risque et la création de milliers de jeunes pousses en hypercroissance.
    Cette admiration a littéralement explosé à la fin de la présidence de François Hollande pour être magnifiée ensuite par Emmanuel Macron. Elle révélait une immense  ambition : moderniser l'économie française pour en faire une Startup Nation. A cette fin, il fallait faciliter l'émergence de futurs champions de l'économie numérique, ces fameuses «  licornes  » (des entreprises valorisées à 1 milliard de dollars), dont l'Elysée souhaiterait qu'elles soient au moins 25 en 2025.
    Où en est aujourd'hui la «  Mission French Tech  », créée en 2013 pour nourrir cette ambition  ? Il semblerait qu'elle n'ait pas réalisé tous les espoirs de ses concepteurs. La France, dépassée par le Royaume-Uni et l'Allemagne, n'est pas au premier rang des économies numériques européennes. Notre écosystème technologique n'est pas suffisamment performant et reste étonnamment dépendant des aides et des subventions de l'Etat. C'est pourquoi les startupeurs français les plus ambitieux n'hésitent pas à s'expatrier aux Etats-Unis.
    Cet ouvrage est construit à partir d'une vingtaine d'entretiens inédits menés pour la plupart au sein de la Silicon Valley. Il permet de comprendre ce qu'est la «  culture startup  », son mélange d'imagination et de passion, appuyé par une quête incessante de nouveaux financements pour mieux grandir et dévorer la concurrence, sans rien ignorer des critiques suscitées par cette culture.  

  • En Amérique, tout semble imprégné de valeurs et de références religieuses : la politique, la morale, l'enseignement et jusqu'à la vie intime. Comme si l'esprit des premiers puritains continuait à régenter les lois et les moeurs de cette vieille démocratie. C'est ce rapport entre religion et politique, constitutif de l'identité nationale américaine depuis trois siècles, qu'explore le présent ouvrage. Il analyse la foi des pèlerins, la montée en puissance des sectes évangéliques, la "guerre des Bibles" entre catholiques et protestants au XIX e siècle, l'invocation du Credo anglo-protestant contre l'afflux des nouveaux immigrés, l'annonce de la "mort de Dieu" dans les années 1930, ou l'usage plus récent du fondamentalisme religieux à des fins électorales... Au fil des chapitres, il met en évidence deux conceptions rivales de la nation : l'une, séculière, qui puise ses racines dans l'héritage des Lumières ; l'autre baignée dans la culture des puritains et ses avatars. Dès l'origine, les Fondateurs ont érigé un "mur de séparation" entre l'Église et l'État - qui sera parfois ébranlé et toujours reconstruit. Mais cet essai ne se limite pas au seul discours de l'Amérique sur elle-même. Il ne cesse de solliciter, de Voltaire à Sartre, le regard tantôt avisé et plus souvent biaisé des Français, séduits par l'exotisme d'une Amérique si étrangère à leur tradition nationale et à leurs habitudes de pensée.

  • Avant l'âge des Lumières, on tolérait mal la religion des autres, ou alors avec réticence, comme une anomalie qu'il fallait souffrir sans l'accepter. La "tolérance des Modernes", élaborée par de grands penseurs comme Locke et Voltaire, renversait la perspective : elle mettait en place un système harmonieux de coexistence paisible entre les groupes les plus divers, tout en prônant de nouveaux droits - la liberté de conscience et la liberté d'exercer sa religion dans l'espace public. Cette nouvelle conception n'allait pas de soi. Elle donne à voir des éléments précurseurs en des lieux aussi divers que l'Empire ottoman et le ghetto de Venise. Après de nombreuses querelles politiques et théologiques, elle s'est enracinée en Hollande, en Angleterre, en France et dans les colonies d'Amérique. Denis Lacorne observe les manifestations les plus récentes de la tolérance dans le monde contemporain, il en analyse les usages et les limites, qu'il s'agisse des symboles religieux, de monuments, de manières de s'habiller, de ce qu'il est permis de dire et de proférer. De l'Europe au Nouveau Monde, les territoires de la tolérance n'ont cessé de s'étendre, des déistes aux athées, des baptistes aux quakers, des sikhs aux musulmans. Aujourd'hui la tolérance demeure une vertu contestée : le retour du religieux, la montée des fanatismes menacent le projet émancipateur des philosophes. Faut-il imposer des bornes à la liberté d'expression ? Doit-on tolérer les ennemis de la tolérance ? Pour y répondre, il nous faut redécouvrir cette grande tradition afin de mieux la défendre.

  • Le délit de blasphème n'existe plus dans la plupart des démocraties européennes. Mais les usages du blasphème, comme instrument de dénonciation des insultes faites à la religion, restent fréquents. Ils s'accompagnent souvent de violences extrêmes. Ces dernières visent aussi bien des essayistes, des artistes, des romanciers, des cinéastes que des caricaturistes. Les auteurs de ces violences sont des « fondamentalistes de l'identité » qui rejettent un monde hyper-sécularisé pour mieux défendre leurs adeptes contre de réelles ou d'imaginaires « blessures » infligées au nom de la liberté d'expression. Or, cette liberté n'est jamais totale, même dans les pays les plus attachés à la libre concurrence des idées. Elle est toujours encadrée par le législateur et la justice, et les communautés de croyants sont en général mieux protégées que les croyances proprement dites. Dans les sociétés pluralistes, le débat politique est indissociable de l'énonciation d'idées qui « heurtent, choquent ou inquiètent ». La seule contrainte est l'atteinte à l'ordre public, toujours difficile à définir.
    Les grandes affaires de blasphème sont traitées dans cet ouvrage pluridisciplinaire, qui réunit des historiens, des juristes et des sociologues du fait religieux : du procès du chevalier de La Barre aux caricatures de Mahomet de Charlie Hebdo ; de la fatwa de Khomeiny contre Salman Rushdie à la saga des Pussy Riot ; de la Dernière tentation du Christ de Martin Scorsese au Piss Christ de Serrano. « Se taire ou blasphémer ? », tel est l'enjeu central, en une époque de globalisation du religieux et de sécularisation du politique.

  • Que sait-on réellement sur les sanctions économiques, sur les motivations de ceux qui les décident, sur les résultats obtenus, sur leurs implications stratégiques?

  • À l'occasion d'un colloque organisé par la Fondation nationale des Sciences politiques, de nombreux historiens, sociologues et politologues ont été invités à s'interroger sur notre perception des États-Unis. Theodore Zeldin, Robert Paxton, André Kaspi, Pascal Ory, Guy Sorman, Michel Winock sont quelques-uns des dix-sept spécialistes dont Denis Lacorne, Jacques Rupnik et Marie-France Toinet, chercheurs en sciences politiques, ont choisi de soumettre au public les réflexions. Humoristiques ou savantes, toutes ces contributions passionnantes ont un trait commun : elles nous entretiennent moins de l'Amérique elle-même que de la manière dont le symbole outre-Atlantique a été façonné et fantasmé dans l'imaginaire de chacun, de la guerre froide aux années 80 notamment. Il était grand temps, pour appréhender ce sentiment complexe, mêlé d'impuissance extatique et de haine désirante, de s'aventurer sur les pas d'Alice en ce pays de merveilles, passant de l'autre côté du miroir où se projette l'inconscient français. Tous ceux qui portent une Amérique dans leur tête riront de se lire si bien réfléchis en ce miroir...

  • Le fait religieux s'impose de façon croissante dans la vie internationale. Souvent instrumentalisé au service des luttes politiques, il constitue un piège redoutable pour les États comme pour les communautés de croyants. Ce livre éclaire ce phénomène récent en analysant ses différentes facettes. Quelle est la spécificité des conflits religieux actuels par rapport aux anciennes guerres de religion ? Comment la diplomatie peut-elle et doit-elle les prendre en compte ? Existe-t-il des possibilités de médiation adaptées à ce type de conflit ? Le sujet est complexe car les enjeux religieux ne cessent d'évoluer : certaines expressions religieuses sont ouvertes et tolérantes, d'autres -  souvent qualifiées d'« intégristes » ou de « fondamentalistes » - rejettent tout à la fois la modernité occidentale et les conceptions pluralistes de la démocratie. « Face à ces dérives, il me semble que nous devons, politiques et religieux, agir ensemble de manière responsable : aux personnalités religieuses de peser par leur autorité morale en faveur du dialogue, notamment par des prises de position communes, des médiations et du travail de terrain. Aux responsables politiques et diplomatiques de chercher sans relâche les formules politiques capables d'assurer une coexistence pacifique durable. » L. F. Avec les contributions de Laurent Fabius et Régis Debray Ce livre est issu d'un colloque commandité par Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères. Il rassemble les contributions de : Laurent Fabius, Régis Debray, Olivier Christin, Theodor Hanf, Olivier Roy, Maha Abdelrahman, Christophe Jaffrelot, Jonathan Laurence, Cécile Laborde, Philippe Portier, Amandine Barb, Peter Mandaville, Matthias Koenig, Louis-Léon Christians, Pierre Morel, Andrea Riccardi, Joseph Maïla, Christophe de Margerie et Pierre Vimont. 

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