Langue française

  • Bien avant qu'elle n'obtienne le Prix Nobel de littérature en 1991, Nadine Gordimer était connue comme militante blanche d'Afrique du Sud contre l'apartheid. Ce combat n'a jamais cessé d'être pour elle une priorité absolue. Mais elle est consciente du paradoxe qui consiste, pour une Blanche, à se batte aux côtés des Noirs. D'où l'autodérision qui donne à ses romans un ton inattendu, exempt de tout pathos et de toute emphase. Elle croit en la littérature, pour sa cause et même au-delà de toute cause et de tout engagement. Dans son univers romanesque le tragique et l'ironie coexistent, comme coexistent les hommes et les femmes, les Noirs et les Blancs. Denise Brahimi est universitaire à Paris. Elle a consacré de nombreux ouvrages à 'étude des relations interculturelles et interethniques. Au sein de ces situations et dans le jeu de ces différences, elle s'intéresse particulièrement aux femmes qui écrivent et à leurs personnages féminins.

  • Maupassant est un des auteurs français les plus lus mais il n'est pas sûr que ses lecteurs sachent dire clairement pourquoi ils l'apprécient. Ils s'en expliquent parfois par des idées reçues qui ne résistent pas à la lecture des contes (pas tous normands) ni des romans (pas seulement Bel-Ami). Parmi les idées qui méritent d'être revues plutôt reçues : Maupassant serait un cynique - alors qu'il ne cesse de s'indigner contre la cruauté ; il porterait sur les femmes un regard machiste et libertin - alors qu'il témoigne d'une empathie étonnante à l'égard du monde féminin.

  • Les Gautier, père et fille, du romantisme à la guerre de 1914, c'est un siècle de visions d'Orient. Spécialiste du voyage dans le Maghreb et dans l'Orient, l'auteur analyse les motifs intimes des deux écrivains.

  • Pourquoi s'étonner que les hommes et les femmes écrivent différemment ? Dans le monde arabe, africain, antillais, la société reste fondée sur une distinction stricte des domaines du masculin et du féminin. Le livre de Denise Brahim est un essai critique littéraire, où les oeuvres analysées traitent aussi bien de l'esclavage des Noirs que de la guerre d'Algérie, de la prison politique, que de la polygamie. Les récits les plus proches du CRI, du murmure ou de la mélopée, impliquent une manière d'écrire où peut encore se déceler la différence des genres.

  • Les mémoires fictives de lady Hester Stanhope, nièce de William Pitt, couronnée reine de Palmyre au Liban par les tribus bédouines qui l'avaient adoptée.

  • C'est ici une galerie de portraits, féminins uniquement, empruntés à des oeuvres littéraires de ce siècle ou du siècle dernier. On y voit une vingtaine de Maghrébines, Haoûa, Yasmina, Yamna et les autres, qui semblent sortir du cadre et redevenir vivantes pour raconter leur histoire. Si de tous ces portraits on en faisait un seul, il pourrait s'appeler portrait de Sophonisbe, pour faire pendant au portrait de Jugurtha. Une Sophonisbe très présente encore dans les jeunes femmes d'aujourd'hui, qui n'ont pas moins qu'elle courage et goût de la liberté.

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