• Robert Proust est né presque deux ans après Marcel que l'on prenait pourtant souvent pour le cadet tant il arborait un air souffreteux. Il est frappant de constater que le lien fraternel disparaît tout à fait dans La Recherche où Marcel devient fils unique. Robert est absent de l'oeuvre de Proust, purement et simplement remplacé par Marcel dans nombre de scènes familiales remémorées, ou obstinément présent à travers la fiction et l'illusion. Ainsi le scalpel de l'écriture rejoint le bistouri du grand chirurgien Robert Proust. Diane de Margerie s'interroge : quelle force latente, quelle volonté ambiguë justifient une telle entreprise d'éradication ? Dans ce passionnant voyage littéraire, elle jette un regard totalement inédit sur une clé de lecture essentielle de l'oeuvre de Proust, étrangement peu analysée jusqu'aujourd'hui.

  • Le ressouvenir

    Diane de Margerie

    À travers les visions de l'enfance, la découverte des sens, des paysages, de l'exotisme, à travers deux mariages, les enfants et les livres écrits, une existence se cherche et s'interroge sur la vérité de l'amour, la nécessité de créer, les mécanismes de

  • Elle a beau avoir vécu son enfance et son adolescence en Chine, c'est au Japon en vérité que n'a cessé de naître Diane de Margerie. La preuve en est dans cet attachant inventaire littéraire et sentimental qu'elle offre avec générosité et humour à ses lecteurs. Dans ce retour sur des emprunts qui l'ont souvent nourrie, ils sont tous au rendez-vous, ces auteurs superbement japonais, à la fois tendres et cruels - et constamment tourmentés - qu'ils s'appellent Yasunari Kawabata, Kenzaburô Ôé, Shûsaku Endô, Yukio Mishima, Natsume Sôseki ou Junichirô Tanizaki. Et surtout Murasaki Shikibu, cette femme du xe siècle prodigieusement moderne, l'auteur du plus séduisant des romans dont la lecture pourrait suffire à accompagner une existence entière - vouée au songe... On ne raconte pas un éventail, et encore moins celui-ci : on l'ouvre et on se délecte du contenu de ses feuilles et des brises qu'elles agitent, venues jusqu'à nous grâce à ces traducteurs de l'inconnu que sont les écrivains et les artistes d'un Empire où le soleil continue de se lever avec bonheur et entêtement.

  • Un abécédaire végétal et animal fait à partir de $$Jean Santeuil$$ et de $$A la recherche du temps perdu$$.

  • Ailleurs et autrement

    Diane de Margerie

    Tous les personnages de ces nouvelles rêvent de devenir quelqu'un d'autre dans un ailleurs luxuriant, végétal, musical, où ce qui les mutile et les tient prisonniers est enfin totalement écarté. Ce sont ici surtout des femmes qui cherchent à débusquer, derrière les apparences, la richesse de ces domaines inconnus. : il y a celle qui est fascinée par les secrets de la photographie ; celle qui vit en symbiose avec son enfant mort-née ; celle qui voit les horreurs qui se trament sur une plage un jour d'été ; celle pour qui la musique prend le visage de l'amour ; ou bien, il y a ces amants qui s'abusent à travers l'absence et leur correspondance, ou encore cet homme qui cherche la paix dans l'abolition stridente du silence absolu. : tous se nourrissent d'illusions qui chantent les fastes de l'imaginaire.
    Mais, tout à coup, de façon cruelle, rapide et insidieuse, le chant s'étrangle, le voile se déchire et le rêveur, pris au piège qu'il s'est lui-même tendu se trouve confronté à une vérité bien plus étonnante, tragique et complexe que celle qu'il avait imaginée.

  • L'arbre de Jesse

    Diane de Margerie

    Noémie, très attachée à sa fille Barbara, apprend que celle-ci veut la quitter pour vivre avec Daniel. Bouleversée à l'idée de cette séparation après l'intensité de leur vie commune à la campagne, elle s'interroge sur son propre passé. Noémie revoit ainsi son enfance marquée par l'absence (ses parents sont morts en déportation), par la violence de tante Sabine, remarquable musicienne, par la présence de Joachim, homme mûr, envieux de son corps de jeune fille. Elle revit ses premiers attachements amoureux, la grisaille progressive où s'est enlisé son mariage avec Jacob, la folie de sa belle-soeur Rachel à laquelle Noémie n'a cessé de s'identifier. Tour à tour, elle devient les personnages qu'elle évoque et plus que jamais la frappe de néant de ce qu'on appelle expérience. Méditation sur la souffrance, livre des questions sans réponse qui harcèlent et morcèlent l'identité de chacun, ce roman, comme déjà Le Paravent des Enfers, capte et préserve la riche complexité de chaque instant d'une vie vécue, irréversible, inconnue des autres, transfigurée par la poésie, solitairement resongée dans un lieu secret, élu. Ici, la cathédrale de Chartres où la lumière se fait à travers le superbe vitrail de l'arbre de Jessé.

  • La vérité ne se laisse pas cerner. Voilà ce que découvre Sybil - spectatrice fascinée de la vie des autres - à travers les êtres rencontrés et les faits divers qui la hantent. Son amie, l'Andalouse, a été violemment agressée par son mari : quels sont les

  • Duplicités

    Diane de Margerie

    Qu'une petite fille soit fascinée par l'univers pervers d »un vieux maître d'hôtel ; qu'un homme prenne peur d'être envoûté par un appartement où rôde la folie ; qu'une hirondelle incarne une soif d'amour désormais inextinguible ; qu'un ascenseur symbolise le poid des ruptures. Hommes et femmes se débattent, confrontés par l'hypocrisie ou l'inévitable duplicité des situations. L'ambiguïté est logée dans ces petits drames quotidiens comme le ver dans le fruit ; la pureté, refusée même à l'enfant puisqu'il rêve d'être un autre ; refusée aux amants que l'expérience sépare au lieu de rapprocher. Quinze failles, autant de cruelles vignettes qui laissent entrevoir les contractions et les blessures d'une vérité implacable, multiple, parfois meurtrière.

  • Le paravent des enfers

    Diane de Margerie

    Quoi de plus lancinant que ce qui aurait pu être ? Comment la mémoire peut-elle guérir la déchirure ?

  • éclats d'insomnie

    Diane de Margerie

    • Grasset
    • 9 Octobre 2013

    « Nous n´avons pas qu´une seule vie, c´est pourquoi je raconte cette année difficile qui m´a pourtant fait connaître une lumière nouvelle. Plusieurs vies font donc ici leur apparition : celle de l´insomnie et de ses réflexions ; celle des lectures qui remplissent de curiosité ; celle du combat du corps contre les griffes du temps ; celles de la contemplation de la beauté, du comique de la vie quotidienne, du souvenir souvent lié à l´Italie ; celle, nocturne, de la cathédrale éclairée et celle du jardin. Toutes participent à une même trame où le tragique fait parfois irruption (dangers de la dépression chez l´un ; chez l´autre : le cancer d´une amie chère). L´essentiel reste toujours présent. Même à travers les faits divers. Trois mois vécus à l´hôpital inspirent un amour accru de la vie et de ceux qui souffrent. Bref, il s´agit ici des turbulences de la vie intérieure - un vrai voyage au temps suspendu. »Diane de Margerie

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