• Le soir du 22 février 1942, Stefan Zweig et sa seconde épouse Lotte Altman, de 28 ans sa cadette, se donnent la mort dans leur demeure, sur les hauteurs de Rio. Rien ne laissait présager cette fin tragique, que Dominique Frischer tente d'élucider.
    Comment expliquer la décision du couple d'en finir avec la vie ? Exilés au Brésil, ils n'étaient pas soumis aux persécutions réservées aux intellectuels juifs et antinazis de l'Europe occupée, et jouissaient de bonnes conditions matérielles. Comme en témoignent ses écrits des dernières années et les témoignages de ses proches, l'écrivain autrichien à qui la vie avait toujours souri était en réalité un désespéré qui depuis longtemps avait programmé son suicide pour sortir d'une situation affective sans issue.
    A partir de l'analyse de son journal, de sa correspondance et de ses ultimes biographies et écrits romanesques, Dominique Frischer met à nu la pensée de l'humaniste autrichien et ses motivations secrètes, perçant à jour un acte qui permet d'appréhender l'ensemble de son oeuvre littéraire et son suicide sous un angle nouveau.

  • Plus de soixante ans ont passé depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et la libération des camps. Les survivants de la Shoah ont presque tous disparu, et bientôt, il n'y aura plus personne pour témoigner de cet événement tragique et fondateur de notre histoire. Pourtant, la mémoire de l'Holocauste n'a pas fini de marquer les esprits. Ce livre, fruit d'un impressionnant travail de recherche (150 entretiens), nous révèle comment, aujourd'hui encore, l'héritage de la Shoah continue de peser sur les générations successives nées après la guerre. Longtemps, les survivants ont préféré garder le silence sur ce qu'ils avaient vécu. Contrairement aux idées reçues, ce silence ne leur a pas été imposé de l'extérieur mais s'est au contraire imposé à eux, comme un principe de survie et de reconstruction - ce que l'auteur appelle le « silence structurant ». Nombre de rescapés mais aussi d'orphelins de la Shoah n'ont ainsi commencé à parler que sur le tard, quand l'essentiel de leur vie était derrière eux et qu'ils craignaient moins d'affronter le souvenir de cette expérience traumatisante. Or, ce travail de deuil s'est souvent révélé infiniment plus douloureux qu'ils ne l'escomptaient. D'autant que ce long silence n'a pas empêché leurs enfants d'être à leur tour marqués, de manière profonde et durable, par cet héritage. Dominique Frischer est partie à la rencontre, en France, aux Etats-Unis et en Israël, de ces « enfants du silence », pour recueillir la parole de tous ceux qui ont grandi dans le silence : orphelins de la Shoah, deuxième génération (enfants de rescapés), génération « deux et demie » (enfants d'un orphelin de la Shoah et d'un parent non directement concerné, souvent élevés dans l'ignorance la plus totale de leurs racines), et troisième génération (petits-enfants de survivants). On découvrira, dans ces entretiens, avec quelle diversité et quelle intensité, selon les âges, les origines, les situations familiales et les parcours personnels, est vécu l'héritage de la Shoah.

  • Golda Meir

    Dominique Frischer

    Sait-on que Golda Mabovitch (Kiev, 1898 - Tel-Aviv, 1978) a fui à 8 ans la faim et les pogroms de sa Russie natale pour rejoindre le Wisconsin, aux Etats-Unis ? Que ses parents s´opposèrent à ce quelle fasse des études et voulurent la marier à 15 ans ? Qu´à 20 ans elle participa activement au Congrès juif américain ? Qu´à 23 ans elle entraîna son mari Morris Myerson contre son gré vers un exil en Palestine ? Qu´elle se sépara bientôt de celui-ci ?
    Celle qui fonda avec David Ben Gourion l´État juif en 1948 n´a pas toujours été la vieille dame inflexible dont le visage est dans les mémoires.
    En revenant sur son parcours politique, mais également en levant le voile sur sa vie privée, Dominique Frischer dresse le portrait d´une révoltée, de la Russie des tsars au Jérusalem de la Guerre du Kippour.
    Racontée sous un jour nouveau, une personnalité hors du commun, avec ses failles.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Les ouvrages théoriques sur la psychanalyse ne manquent pas. Mais sujet tabou, chasse gardée des analystes, la représentation de la psychanalyse par ceux qui l'ont vécue, tout comme sa pratique, n'avait jusqu'à ce jour fait l'objet d'aucune réflexion, d'aucune enquête. Le livre de Dominique Frischer vient enfin combler cette lacune. L'auteur, psychosociologue et elle-même analysée, a recruté par annonces une centaine de volontaires qui lui ont parlé longuement de leur analyse et surtout des résultats de la cure... Mieux être incontestable, amélioration infime ou aggravation indéniable, les opinions divergent. Y aurait-il de bons et de mauvais analystes, ou bien la psychanalyse serait-elle une thérapeutique qui ne convient qu'à certains ? Comment savoir si la psychanalyse permettra de faire naître l'être merveilleux que chacun croit porter en soi ? Cela donne un livre passionnant, foisonnant, riche d'humanité et de souffrance, mais où les questions impertinentes sont nombreuses : le rôle de l'argent est-il vraiment primordial ? Pourquoi les cures, qui du temps de Freud ne duraient que quelques mois, dépassent aujourd'hui douze ans et davantage ?... Bref, en s'intellectualisant à l'extrême, la psychanalyse n'a-t-elle pas un peu oublié sa vocation thérapeutique, pour devenir un élément du cursus particulièrement prisé des classes aisées ? Comment expliquer la fuite hors de la réalité politique d'un grand nombre d'anciens militants passés par le divan ?

  • Une enquête précise et documentée sur les données réelles des femmes au travail, des femmes mariées, divorcées, célibataires... Une analyse des mutations sociales, acquis et régressions des trente dernières années.

  • A quoi rêvent les jeunes filles ? Quels sont les espoirs, les aspirations, les attentes, les modèles de celles qui, grâce aux conquêtes féministes des trente dernières années, incarnent la première génération de privilégiées censées disposer des mêmes droits que les garçons ? Sont-elles plutôt sentimentales, ambitieuses, cyniques, déterminées, pragmatiques... ou quelque peu désemparées ?Agées de 14 à 26 ans, elles connaissent souvent un environnement familial instable, un horizon social bouché. Nourries de discours alarmistes à propos du sida, du chômage ou de la progression continue des divorces, elles se perçoivent comme une génération blessée à qui on a interdit de rêver et de se projeter dans l'avenir. Cela ne les empêche pas d'avoir des idées précises sur la manière dont elles souhaitent organiser leur vie personnelle et professionnelle ainsi que les valeurs qu'elles veulent défendre pour réaliser leurs rêves.Mêlant réflexion, portraits et entretiens, A quoi rêvent les jeunes filles ? s'adresse autant à celles-ci qu'à leurs mères pour qui souvent leurs filles sont des inconnues et permet de mieux comprendre les futures femmes du XXIe siècle.

    Dominique Frischer, psychosociologue de formation, est conseillère en communication, auteur de plusieurs films documentaires pour la télévision et essayiste. Depuis 1977, elle a publié Les analyses parlent, Les Mères célibataires volontaires, Les Faiseurs d'argent, La France vue d'en face et La Revanche des misogynes.

  • À mesure que 1993 se rapproche, il semblerait que les Français, d'abord confiants en leurs ressources, voire convaincus de leur force, se préoccupent soudain de l'image qu'ils donnent à l'étranger. Ils ont raison. Archaïsme, hiérarchisation poussée à l'extrême, mégalomanie, frilosité, système de formation inadapté au monde moderne, élites sans véritables compétences, mauvais patrons : les avis recueillis par l'auteur auprès d'experts de haut niveau et de toutes nationalités - allemands, italiens, anglais, hollandais, japonnais, américains - concordent. Ces regards jouent un rôle de révélateur et devraient provoquer un véritable électrochoc, peut-être douloureux mais salutaire. Sait-on combien d'entreprises françaises sont bradées aux Allemands ? De quelle façon - c'est une information inédite - les Français ont été floués par les Américains lors de l'implantation de Disneyland à Marne-la-Vallée ? À quel point nos diplômés sont sous-estimés à l'étranger et nos patrons jugés peu qualifiés ? Et surtout, ces étrangers nous montrent que le mythe de la France paresseuse a vécu, mais que ce qui nous fait défaut, c'est un rêve mobilisateur. Que le tableau de nos insuffisances soit dressé, avec un mélange de sévérité, mais aussi d'humour et de bienveillance, par des professionnels qui considèrent que vivre en France est un plaisir et un privilège, ne fait que renforcer le trait. La France se trompe d'image et se cramponne à une représentation erronée de son statut et de son rôle dans le monde. Ce livre invite à briser ce miroir déformant.

  • Maurice de Hirsch, né en Bavière en 1831, est issu d'une des plus grandes et des plus atypiques dynasties juives de banquiers de Cour, qui, parvenue au faîte de la réussite, délaissa la finance pour l'agriculture. Après des études en Belgique, il se passionne pour la spéculation boursière et fait son apprentissage à Munich, dans la banque familiale qu'il quitte très jeune pour rejoindre l'établissement de son futur beau-père, Jonathan Bischoffsheim, fondateur de Paribas en Belgique, qui décèle en lui un génie de la finance. En 1855, il épouse sa fille Clara. Après avoir gagné ses premiers millions en s'associant avec un créateur de compagnies d'assurances, il se lance dans le financement des chemins de fer - réputé à risque. En 1869, il obtient une concession pour la construction et l'exploitation du réseau Constantinople-Vienne. La réalisation de ce projet, qui connaîtra de multiples péripéties politiques, est à l'origine de sa célébrité, de sa considérable fortune et de son intérêt pour le sort misérable des populations juives des Balkans. Installé à Paris où il s'est fait aménager un somptueux palais en face de l'Elysée, il s'impose rapidement comme l'un des rois de Paris dont le luxe et l'opulence portent ombrage aux Rothschild, qui s'évertueront à freiner son ascension sociale. Royaliste fervent, Hirsch soutiendra de ses millions la cause du général Boulanger, avec l'espoir de restaurer la monarchie... Après le décès de son fils unique, il consacrera la majeure partie de sa fortune à des entreprises philanthropiques d'une ampleur jamais égalée. Il finançera en particulier la création d'écoles primaires, professionnelles et d'apprentissage en Orient et en Europe centrale, ainsi qu'aux Etats-Unis et au Canada. Indigné par le sort des Juifs russes victimes de pogroms incessants après l'assassinat d'Alexandre II, en 1890, il s'engage auprès du gouvernement tsariste à faire émigrer 3 millions de juifs russes dans les 25 ans. Il crée deux puissantes fondations dont la Jewish Colonisation Association (JCA) pour financer l'installation des immigrants dans des colonies agricoles en Argentine et en Amérique du Nord, d'où son surnom de « Moïse des Amériques ». Peu avant sa mort, ce partisan de l'assimilation et de la laïcisation des juifs s'opposera à Théodore Herzl, converti au sionisme à la suite de l'affaire Dreyfus et à qui l'avenir donnera raison au détriment de Hirsch, dont l'utopie n'atteindra jamais les dimensions rêvées par son fondateur.

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