• L'île lisible

    Dominique Meens

    Du signifiant dans la nature à deux pas de chez soi.

  • L'aigle abolie

    Dominique Meens

    Ce nouvel attentat ornithologique est en trois parties nettement marquées.
    Envisageant pour commencer la lecture sous un angle sportif, je propose en guise d'échauffement l'étude approfondie de l'aigle grec, à savoir de ce que nous ont légués les grecs à son propos. On me voit donc courir sur les traces des textes anciens et revenir très essoufflé.
    Le lecteur musclé par cette première partie suivra sans peine la deuxième. Je me risque là en plein ciel et compose une série de pages à la gloire des rapaces européens. On se doute qu'il ne s'agit pas seulement d'un guide ornithologique. Ces portraits jetés de l'aigle, de l'épervier ou de la buse, disent aussi bien le monde où nous vivons.
    La dernière partie de l'ouvrage est commandée par le Condor. Divers personnages partis dans les Andes équatoriennes enquêter sur cet oiseau monstrueux n'en reviendront pas. En son temps, un écrivain a épuisé un cachalot. Mon pari était d'épuiser le condor. De promenades aux alentours de Quito en expériences chamaniques, tous mes personnages sont avalés par la bête. Mais soyez sans inquiétude, l'auteur, et son lecteur, si de justesse, et très secoués, en réchappent.
    Si ces trois parties ont été réunies, c'est qu'elles indiquent trois voies, trois manières, trois prises en main du monde qui puissent lui faire rabattre son caquet et laisser chacun un peu plus libre. D'où le titre.

  • 'Aujourd'hui je dors comme je torchis. D'la balle dans les trous à bourrer d'mon mieux. Bourrage de crâne! Intoxication alimentaire! Ultragauche totalitaire! Anarchisme dévergondé! Terrorisme utopiste! Foutoir! Oui, et ça bouge voyez-vous? C'est mouvant, ça remue, comme la mer qui remue tout le temps a son rythme.
    Et la mer fait son bruit. Et son bruit s'écrit Gudrum, Gudrum. Et c'est le motif de Miguel Donoso Pareja. Et Miguel Donoso Pareja est né en 1931 à Guayaquil, où il écrit.'

  • Vers

    Dominique Meens

    Au point du jour debout dans le pré appuyé contre le mur de la cave à l'abri du vent qui siffle au-dessus les yeux ouverts à s'emplir de corneilles je qui vient à la fin dans la pluie

  • Aujourd'hui ou jamais

    Dominique Meens

    Quelqu´un veut attraper son présent comme on jette le sel sur le poulet. Des intermèdes dans la course au trésor découvrent un philosophe inconnu, un théâtre révolutionnaire.
    En mai l'auteur verse très soudainement dans une dépression bien de son temps. L´autofiction prend le relais qui s'impose et le sort du marasme.
    Septembre, il va se replacer sous le joug quand une apparition l'interrompt. Ah! L'amour!

  • Aujourd'hui je dors

    Dominique Meens

    Qu´y a-t-il dans le livre d´un écrivain qui dit «Aujourd´hui je dors»? Des rêves? Il n´y en a pas un seul. Sans doute parce qu´il ne dort que d´un oeil. Qu´il veille, comme les bêtes.
    Le livre commence par se demander ce qu´il est, ce qu´il va faire de cette veille prolongée. Les choses viennent d´elles-mêmes : qu´est-ce qu´un albatros? un drôle d´oiseau ; à quoi sert la ponctuation? à vivre ; qui est Frank Venaille? un poète. Des choses passent devant l´oeil de celui qui veille, il leur saute dessus et, leur réglant leur compte, nous les place sous un nouveau jour. C´est Voltaire par exemple qui joue au chat et à la souris avec un certain Palissot : n´est-ce pas un jeu d´aujourd´hui? Mais si mais si. C´est Sangatte dont bien des journalistes ont parlé : la poésie s´en mêle et dit ce que c´est que Sangatte. Car voici ce qu´il y a dans le livre, presque tous les genres, de l´anecdote au roman en vers, du cut-up au couteau à pain au ciselage d´un vers de dix-sept pieds, de la liste à n´en plus finir à la notation brève ; tous les tons, ou presque, de l´humour grinçant à l´humeur noire, de l´amusement léger à une vague de tristesse ; il y a même une chanson d´amour que le lecteur pourra mettre en musique s´il veut. Ce qu´il n´y a pas, c´est une histoire.
    Dominique Meens ne raconte pas d´histoires, ne se raconte pas d´histoires. Il a d´ailleurs un ton quelque peu comminatoire parfois, du genre «ne me faites pas d´histoires hein!» Ce pourrait d´ailleurs être une bonne introduction, un premier exercice, pour ceux qui redouteraient de lire des livres sans histoires. Parce qu´en vrai, il y en a une, celle d´un écrivain qui ne dort que d´un oeil.

  • Dorman

    Dominique Meens

    "Ce qui porte ces gens, ces gens qui ne se satisfont pas des conditions astiquées de la représentation, le désir sur lequel ils ne cèdent, n'est certainement pas la curiosité qui les voudrait vouloir en savoir un bout de plus. Non, ces gens-là mettent à bas le monde, déchirent la feuille de haut en bas et remontent le tout de bas en haut médusant la plupart. Ils décrivent tout et tout écrivent."

  • Mes langues ocelles

    Dominique Meens

    Langues ocelles, langues d'oiseaux qui ne l'ont pas dans leur poche.

  • Aujourd'hui demain

    Dominique Meens

    Après avoir exécuté force cabrioles autour de l´oiseau, plutôt derrière que devant et dessous que dessus, ce qui ne l´a pas amené bien haut, Dominique Meens, fatigué de ces exercices épuisants (Ornithologie du promeneur, Allia 1995, 1996, 1998 ; dernier volume P.O.L, 2005), s´est demandé que faire de ses aujourd´hui. Dormir lui a semblé la réponse la plus conséquente (Aujourd´hui je dors, P.O.L, 2003), poétique de surcroît (voir M. Jacques Vaché). Il en a déduit, comme tout le monde, une Internationale, l´Internationale Disparatiste, et son École, l´École de Puerto López. Il va sans dire qu´il est le seul membre (un membre assez disparaté tout de même pour faire illusion) de ces deux institutions.
    Puisque aujourd´hui dort, demain fait le boulot : voyager, rêver, mourir, avec de l´amour toujours tout autour. L´auteur convoque à ces fins quelques doubles. Réel : Matisse Andreas Gomez, un auteur sud-américain, pour le voyage ; fantasmatique : Ulysse, pour le rêve ; idéal : Nerval, pour un Tombeau.
    Le voyage découvre l´amour, le rêve montre ce qui l´empêche et le Tombeau où il conduit. Rien qu´on ne sût déjà mais qu´il est intéressant, agréable et amusant de vérifier. Quant à la forme : un roman, une sotie, un tombeau, réunis.

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