• L'auteur de ce roman sait ce dont elle parle, puisqu'elle est, comme son héroïne, parachutiste acrobatique. Ajoutons qu'elle a vingt ans. L'héroïne, Joëlle, en a dix-sept. Elle s'est peu à peu détachée de sa mère, puis de son père, grand collectionneur de femmes. Pour vivre, elle forme avec deux camarades un trio de cascadeurs se produisant partout où on les demande. Un moniteur pilote est devenu son amant ; mais la grande révélation, ce n'est pas tant celle de l'amour - du moins l'amour des « romans de papa » - que celle du ciel, de l'air sur lequel on s'appuie, de l'espace qui s'ouvre. Joëlle vit, pour ainsi dire, dans une autre dimension. Après l'accident de son amant, elle continuera, malgré son désarroi, par camaraderie pour ses deux compagnons, et parce que, sans doute, c'est là son destin. Ce roman se distingue de tous les autres parce qu'il est l'expression d'une mentalité - sinon d'une race - nouvelle. Si l'on ajoute que l'auteur possède un don d'écrire incontestable, qu'elle sait créer une atmosphère, tracer un portrait en quelques traits de plume, il faut bien reconnaître qu'on se trouve ici devant une oeuvre peu commune.

  • Dominique Piett n'en est pas à son coup d'essai, puisque son premier roman « Le dessous du ciel », inspiré par ses propres aventures de parachutiste, a fait l'objet d'un feuilleton télévisé et a obtenu une très large audience. Son héroïne, qui parle à la première personne, raconte ici, avec autant d'imagination que d'humour, des aventures d'une autre sorte. Journaliste à Fort-de-France, dans un canard assez minable, afin de pouvoir rentrer en Europe, elle a l'idée d'avoir recours aux petites annonces, sans passer par une agence matrimoniale. Après avoir fait un tri parmi les nombreuses réponses reçues, elle débarque à Paris, accompagnée d'une petite métisse, fille d'une de ses amies et d'un Haïtien, ce qui n'est pas fait pour faciliter les choses. Le premier postulant, à sa grande surprise, est jeune et beau, mais c'est un adepte du yoga et de toutes sortes de régimes éprouvants. Le deuxième est un diplomate sud-américain, dont l'hôtel est le théâtre d'orgies sans fin. Le troisième est un médecin de province. Par prudence elle s'y présente comme cliente, ce qui lui vaut d'apprendre qu'elle n'est pas sortie indemne du séjour chez le diplomate. Après être restée chez le médecin le temps d'être guérie, elle passe au suivant, dynamique, désintéressé mais incurablement bohème qui s'occupe d'un foyer pour jeunes gens. C'est le plus charmant et le plus infidèle des amants ; et c'est pourquoi l'auteur le quitte de peur d'en tomber amoureuse. Finalement, elle retrouve avec bonheur les îles des Antilles. Ecrit avec beaucoup de verve, voilà assurément le roman le plus drôle de l'année.

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