• « L'histoire d'un ruisseau, même de celui qui naît et se perd dans la mousse, est l'histoire de l'infini. »

    « La source », « Le torrent de la montagne », « Les rives et les îlots », « Le cycle des eaux »... De chapitre en chapitre, suivant « les sinuosités et les remous » d'un ruisseau, depuis le ru jusqu'à la mer, Reclus ouvre le précis de géographie et le métamorphose, au fil de l'eau, en un singulier écrit d'écologie poétique.

    Dans cette édition abrégée, se trouvent dix fragments d'une seule histoire : celle de l'Histoire d'un ruisseau d'Élisée Reclus (1830-1905), géographe arpenteur, communard exilé et figure pionnière d'une pensée écologique où se confondent connaissance de la nature et quête ardente de la liberté.

  • En 1855, à 25 ans, Élisée Reclus quitte la Louisiane, passe par Cuba et le Panama pour rejoindre la Nouvelle-Grenade, l'actuelle Colombie. Sur place, il est fasciné par la Sierra Nevada de Santa Marta, un massif de 6 000 mètres d'altitude surplombant la mer des Antilles. Ce sera le lieu idéal, se dit-il, pour une plantation de bananes ou de café... Mais les difficultés s'accumulent. Au bout d'un an et demi, le projet d'Élisée, manifestement peu versé dans les affaires, est un fiasco ! Texte singulier dans l'oeuvre du célèbre géographe communard, ce récit, sensible tout autant aux « paysages de la nature tropicale » (le sous-titre) qu'à la diversité des cultures indiennes qu'il observe dans leur milieu, est un vrai roman d'initiation et d'aventures. Déambulations dans les rues de Carthagène, voyage à dos de mulet et jolies rencontres de passage font de ce récit, d'une grande liberté de ton, une lecture jubilatoire.

  • « À mesure que grandissent notre savoir et notre puissance matérielle, notre volonté d'homme se manifeste de plus en plus impérieuse en face de la nature. » Si l'homme était plus attentif à la beauté de la nature, il cesserait de courir et s'arrêterait pour cueillir le bonheur au détour d'un ruisseau. Le modeste ruisseau comme le fleuve majestueux, la cascade légère comme l'imposant glacier deviennent sous le regard d'Élisée Reclus des sources inépuisables de savoir, des manifestations sublimes de l'harmonie naturelle. C'est avec la curiosité du savant et l'émerveillement du poète qu'il nous livre ses réflexions sur l'origine des montagnes et des cours d'eau, mû par le désir de retrouver une simplicité originelle dans l'observation de la nature. Pourquoi l'homme ne prend-il pas exemple sur le ruisseau qui creuse son chemin tout en composant avec l'ordre environnant ? L'observation de la nature doit nous apprendre un progrès raisonné et respectueux. C'est à cette seule condition que l'homme pourra se vanter d'être la plus intelligente des créatures terrestres. Accompagner Élisée Reclus le long de ses marches, c'est se donner l'opportunité d'en prendre conscience.

  • Un traité géographique qui est aussi une méditation poétique et morale, par l'anarchiste Reclus.

  • Par le célèbre géographe et théoricien de l'anarchisme, de la source à l'embouchure, l'histoire d'un ruisseau comme métaphore de la nature.

  • En 1900, il est le géographe le plus célèbre au monde et une gloire nationale. Grand voyageur, anarchiste militant venu du calvinisme, admirable écrivain que l'on compara à Buffon ou à Michelet, végétarien et sensuel, communard et taulard, féministe et défenseur de l'union libre, intellectuel autodidacte sans oeillères ni frontières trois fois parti en exil, Élisée Reclus (1830-1905) est, enfin, en passe de devenir un classique.
    Le lecteur d'aujourd'hui s'empare d'Élisée Reclus pour jouir de la beauté de sa langue et mieux comprendre les enjeux de notre époque. Le chantre de la libre association des individus selon leur « bon vouloir », d'une mondialisation égalitaire, d'une fraternité humaine d'échelle planétaire, qui a toujours refusé d'appartenir au « monde banal des classes gouvernementales », ne s'impose pas à nous comme un maître. Il fait bien mieux : son tact et sa passion nous éclairent et nous inspirent. Il demeure aujourd'hui ce « phare dans le lointain » évoqué par son neveu, l'historien de l'art Élie Faure.
    Cet ouvrage est ce que l'on nommait au XVIIIe siècle un « esprit », une distillation de l'ensemble des écrits d'Élisée Reclus.
    Il invite à goûter la qualité exceptionnelle d'une oeuvre et celle de l'encyclopédiste lumineux qui la composa.

  • La Guerre de Sécession (1861-1865) aux États-Unis fut une guerre totale. Le sang coula à flots durant les combats entre les unionistes (États du Nord) et les confédérés sécessionnistes (États du Sud) adeptes de l'esclavage. Précepteur dans la famille d'un planteur esclavagiste, le jeune géographe et anarchiste Élisée Reclus avait vécu cinq ans à La Nouvelle-Orléans. Il s'y était forgé une connaissance intime de l'Amérique " terre de l'esclavage ". Parues dans la Revue des Deux Mondes à laquelle il collabora abondamment, les études historiques réunies dans ce volume analysent les forces des belligérants sous un angle politique, social et géostratégique avant l'heure. On y découvre comment un pacifiste se fait le chroniqueur d'un " carnage complètement inutile ", avec l'espoir de voir disparaître " le spectacle de la servitude. " Adjoint aux articles de Reclus, le récit militaire du Prince de Joinville, fils du Roi Louis-Philippe, protagoniste engagé dans les rangs nordistes, complète cette double vision inédite de la mobilisation française des amis de la liberté.
    Édition établie et présentée par Federico Ferretti.

  • Ce livre présente l'histoire des nationalités et analyse l'impact des langues dans la question de l'identité nationale. L'idée de la nationalité fait son entrée dans le monde en 1848. Comme on pourrait l'imaginer, elle a un rapport étroit avec l'avènement de la démocratie. Il y a donc un lien incontestable entre le « principe de nationalité » et le mouvement démocratique des sociétés modernes. Quelle est l'histoire des nationalités à travers le monde et quelle est l'influence de la différence de langues sur la constitution des groupements nationaux ?

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