• Si cette poésie ne te donne pas envie de vivre, d'aimer, de mordre le talon de l'inconnu, de faire entrer dans ta vie tout le souffle du vent, de lancer ton rire à la face des puissances qui se croient maîtresses du monde, si cette poésie ne te donne pas envie d'accomplir ton devoir d'être juste, de pleurer toutes les larmes et toutes les peurs qui encombrent ta joie, alors elle ne te sert à RIEN, ne la lis pas, passe ton chemin et bois ailleurs l'eau qui te rendra ta pauvreté.

  • Lorsque le plus grand philosophe ermite de l'Antiquité chrétienne rencontre le romancier français contemporain le plus lu, de quoi parlent-ils ? Un conte féérique et terrible sur l'implacable aujourd'hui.
    Une belle fiction ou fable, pleine de burlesque, et jamais exempte d'enseignement philosophique !
    Un après-midi de septembre 2018, Michel Houellebecq erre sur l'avenue de France. Il s'assied sur un banc, où il est bientôt rejoint par un mystérieux personnage qui affirme être Évagre le Pontique, moine du désert ayant vécu au IVe siècle après J.-C., le grand théoricien de l'acédie, "la mélancolie de l'âme". Inévitablement, une conversation s'engage. Sur la France, la société contemporaine, la littérature, le sens de l'existence. Comment être écrivain dans un monde de simulacre ? Ou plus exactement : comment être homme dans un monde qui ne croit plus en l'homme ?
    Un hommage au romancier français le plus lu au monde - ou peut-être les confessions qu'il n'a jamais livrées à personne ?

  • Contrairement à ce qu'annonce son titre, ce recueil de poèmes propose au lecteur un long et tumultueux voyage qui n'est rien moins que la traversée d'une vie, celle de l'auteur. Une vie d'homme, avec ses joies et ses peines, ses élans et ses chutes, sa foi profonde et ses doutes, dans un jaillissement continu d'images surprenantes où se mêlent le rare et le banal de toute existence. Le poète n'hésite pas à se mettre à nu, à parler de sa vie intime et de sa foi avec sincérité et délicatesse. À cet égard, sa Supplique pour mourir dans un merci est un morceau exemplaire, c'est aussi un admirable testament et un magistral remerciement à la vie.

  • Léon Bloy (1846-1917) a une légende. Celle du mendiant ingrat, du pèlerin de l'absolu, du vieux de la montagne. Cette légende de l'écrivain prophète, annonçant l'espérance à coups de marteau, Bloy l'a lui-même patiemment construite. Elle vise à réveiller

  • Qui se cache sous la silhouette de ce prince", rencontré au détour d'un parc ? Un simple passant, un inconnu, un homme comme un autre et pourtant rayonnant d'une lumière unique? Emmanuel Godo marche sur ses traces d'une écriture haletante. Ainsi que l'écrit le poète Jean-Pierre Lemaire en ouverture, ce "prince" n'est pas sans faire penser à "celui de Dostoïevski, le prince Mychkine", mais la silhouette de celui-ci " est encore plus mystérieuse, plus proche de la frontière de ce royaume qui est notre vie même si nous savions la vivre comme il faut". A sa manière, ce livre nous introduit dans cette "poésie de charité" évoquée par Baudelaire. Et donne une chair et une figuration littéraire à l'autre, notre semblable, si mystérieux et si proche.".

  • L'esprit contemporain nous vole nos intériorités. Il entend façonner nos gouts et nos imaginaires. Orienter nos expériences. Nous détourner de nous-mêmes dans un divertissement généralisé, une mise en réseau et un art consommé de l'inquiétude qui est une autre manière de nous emporter dans son flux. C'est un homme mutilé, abruti, amoindri spirituellement que produit ce monde dominé par la technique qui ose appeler progrès les régressions qu'il programme. L'art entendu non comme savoir ou culture mais comme passion de la liberté et exploration de nos sources enfouies est l'un des derniers moyens qui nous restent pour nous savoir humains. Tout art digne de ce nom est insurrection, quête d'absolu, tentative désespérée pour dire l'amour incommensurable qui nous taraude. Emmanuel Godo, ici, nous provoque et nous convoque. Et si nous faisions l'épreuve de notre humanité pour en avoir la preuve en nous confrontant à des oeuvres d'art ? Mais pas à des simulacres sans épaisseur ou à des joujoux insipides, non ! Car ce n'est pas en millions de dollars que s'évalue une oeuvre mais à sa capacité à faire se lever en nous nos forces en sommeil. Un plaidoyer magistral pour l'art contemporain, le vrai.

  • Chute sur le chemin de Damas, extase derrière un pilier de cathédrale, voix divine entendue au sein d'une prison... : notre imaginaire est peuplé de scènes de révélations ou d'illuminations qui, de saint Paul à Pascal, de Verlaine à Claudel, nous invitent à penser que le sens d'une vie peut radicalement changer en un instant de pivotement, terrible et lumineux.
    Emmanuel Godo réunit, dans cet ouvrage, des chercheurs venant de divers horizons - littérature, histoire, théologie, philosophie - pour tenter de mieux comprendre le phénomène de la conversion religieuse.

  • Avec ses inspirés, ses voyants et ses iconoclastes, la littérature s'est toujours sentie investie d'une mission religieuse. Et de Barbey d'Aurevilly à La Tour du Pin, de Ronsard à Gide, de Huysmans à Cendrars, de Nerval à Proust, de Barrès à Cocteau, se retrouve la même fascination pour le rite sacré. Divers chercheurs s'interrogent sur les enjeux spirituels de l'écriture.

  • La priere de l'ecrivain (la)

    Emmanuel Godo

    • Imago
    • 1 Septembre 2004

    Les études réunies ici s'interrogent à travers l'oeuvre de plusieurs écrivains - Racine, Balzac, Hugo, Baudelaire, Huysmans... - sur la façon dont la la prière est capable de stimuler tout à la fois la création littéraire et la réflexion sur le processus créateur. L'écrivain peut dire sa prière de croyant en mettant son art au service de ce qu'il célèbre ou demande.
    Mais l'écrivain sans foi peut aussi donner à sa pensée, à ses aspirations secrètes, ou à ses pleurs, une forme de prière. Et la parole humaine retrouve bien là sa vocation première : celle d'appeler dans le noir.
    Au coeur des détresses les plus profondes, des incroyances les plus opiniâtres, dès lors qu'il y a écriture, n'y a-t-il pas appel et acte de foi ?

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