• Le soliloque a une tradition perpétuée au cours des siècles, de l'incantation la plus douce à l'invocation la plus ardente. Parler seul est une célébration d'un partage manqué, les autres ne sont pas là, ils font défaut. C'est cependant leur absence qui permet le chant. NU est une supplique, un adagio proféré dans la nuit d'un cachot ou d'une loge, un homme emmuré dans son écho scande sa solitude. Encagé, il n'attend plus. Il tente sa chance comme d'autres se risquent, à apprivoiser le malheur. Les mots-chiens sont lâchés, le carnarge est toujours intime. Celui qui recueille les mots reçoit ainsi son dû : il tient tous les rôles, s'abuse, se noie. L'auteur, fait acteur pour une danse, dit sa chose : sans fard, sans remède et banalement cruel.

  • Les Mains en l'air relate la trajectoire incandescente qui a conduit un jeune braqueur solitaire à passer six années de sa vie en prison. Pour autant, ce livre n'est pas seulement un récit autobiographique, mais celui d'un écrivain aux yeux duquel l'existence et la littérature forment une même expérience vitale Ni concessions ni complaisance, des faits, des souvenirs : l'aventure d'une vie que l'urgence de la liberté a mené des errances de l'adolescence à la solitude du bandit traqué.
     
    Les Mains en l'air s'achève par le surprenant manuscrit trouvé à Fresnes, véritable « code des usages du métier » qui circulait à cette époque dans les prisons, intitulé Braquage, mode d'emploi.
     
    Emmanuel Loi est l'auteur de quatorze livres dont L'Argent et la Mort, D'ordinaire et La Vie périmée. »

  • Le trafic des vieilles pièces, c'est comme le type qui nettoie ses empreintes digitales à l'acide, il est sûr d'être le seul à n'avoir pas laissé d'empreintes. »
    Dans un Paris cruel et convoité, source de tous les rêves et de toutes les déceptions, Hadj, Pierrot, Pavel et Marie préparent un gros coup : la forteresse du ministère des Finances, à Bercy.
    Ce polar polyphonique fait alterner les récits des protagonistes avec suspens et finesse psychologique, par le biais de fragments de journal intime, retranscriptions d'enregistrement, lettres..., dans une langue maniant aussi bien la saveur de l'argot que la délicatesse d'une tournure précieuse. De ces portraits diffractés émerge une rage ambivalente de vie et de destruction, à la manière d'une allégorie de la condition humaine, lucide et désespérée.
     
    Emmanuel Loi, écrivain, est né dans les Vosges en 1950. Il a publié une vingtaine de livres dont, aux Éditions Léo Scheer, Les Mains en l'air suivi de Braquage, mode d'emploi (2002), L'Argent et la Mort (Via Valeriano/Léo Scheer, 2003).

  • Le jeu de Loi

    Emmanuel Loi

    Le sentiment d'usurpation est tenace. J'ai souvent perçu que je n'avais aucune légitimité. Le simple fait d'articuler cette prétention allait dévoiler à la compagnie un trafic, un artifice. Cela vient en partie d'une facilité à tisonner les mots. J'active le feu, fais partir la braise et m'abuse des mèches d'incendie. Je jette du sable pour araser le sol, de peur que pousse une plante dont je ne connais pas le nom.
    E. L.

  • Marseille amor

    Emmanuel Loi

    Il est né dans les Vosges, mais c'est sans doute à Marseillequ'il trouve ses plus sûres racines ou amarres. Pour le meilleuret pour le pire. Cette ville chaotique, mystérieuse, vénéneusepeut-être, agitée, il y débarque dans les années soixante-dix,sur fond d'agitation politique, avec toute sa soif de liberté.Et c'est dans cette ville que revient de nos jours EmmanuelLoi, toujours aussi indocile, pour arpenter le terrain de samémoire en une errance urbaine qui réveille les fantômes etconstate les réalités d'un aujourd'hui, où ne se retrouvent plustout à fait les saveurs d'antan.Dans un mélange de haine et d'amour, l'auteur empoigneMarseille à bras le corps, il se perd, sort des sentiers battus,cherche à comprendre le mystère de ce port des grands brassages.Il est supposé livrer un texte de commande, une étudeurbaine. Mais il est trop rétif à la contrainte pour jouer tout àfait le jeu. Et régulièrement, il s'échappe de la ville pour allervider, en Seine-et-Marne, la maison de sa mère, dans le deuilencore béant de celle-ci.

  • Clavets, la soixantaine, est un pape du braquage. Transféré à la prison-mouroir de Liancourt, il se sait doublement condamné : par le nombre d'années d'emprisonnement dont il vient d'écoper, et par le cancer qui le ronge. Aidé de quelques fidèles, il va s'offrir un dernier tour de piste... Un roman palpitant comme une évasion réussie, angoissant comme la préparation d'un casse, tragique comme le destin de son héros.

  • 10 nouvelles à la fois légères et minutieuses qui décrivent des fragments de vie aux destins minuscules.

  • «  Les nouvelles de ce recueil sont à emporter pour pique-niquer sur une grève de galets. Initialement publiées pour certaines d'entre elles dans des revues et reprisées comme de vieux pulls de marin, on peut voir le jour à travers.
     
    Des vengeances inexpiables, des pertes de conscience et de courage, des amours toxiques, des vacances à l'eau, du jardinage comme art de vivre, des divagations... Hamac ou radeau de la Méduse : peu importe l'embarcation, il y a ici de quoi fabriquer son voyage. »
    E.L.
     
    Emmanuel Loi est né dans les Vosges en 1950 et vit actuellement à Aix-en-Provence. Il a publié une vingtaine de livres dont, aux Éditions Léo Scheer, Les Mains en l'air suivi de Braquage, mode d'emploi (2002), L'Argent et la Mort (Via Valeriano/Léo Scheer, 2003), Le Coeur amer (2004). 

  • Une histoire d'amour mouvementée et ininterrompue pendant trente-cinq ans entre le maire et la ville.

  • Un jeune homme commet, dans une solitude totale, une série d'attaques à main armée dans les banques.

  • Rien ne rassemble Deleuze, Duras et Debord sinon d'avoir été contemporains, d'avoir vécu en même temps les années de l'après-guerre, l'existentialisme, les guerres coloniales, la chute du mur de Berlin, l'écroulement des certitudes justes. Et une nécessité commune à dire les choses, une faculté à élucider le poids du monde par les mots. Trois parleurs émérites, trois solitaires avec leurs bandes, leurs réseaux de fidèles. Trois insoumis qui se défiaient de toute idée de système, de tout enclos de la pensée.Le rapport aux images est fondamental pour relire l'ensemble de leur oeuvre. Debord les étrille, Deleuze les étudie, Duras s'y essaie. La lucidité exige son prix. Malgré leur force et leur courage, le penseur politique et le philosophe ont décidé de mettre fin à leurs jours, l'écrivain et cinéaste a utilisé quant à elle une mèche longue. Que cela nous serve de leçon n'est pas sûr. En tout cas, c'est un emblème des temps que nous vivons. Endurance et suffocation contre laxisme et silence.Emmanuel Loi, né en 1950 vit à Marseille. Il est auteur d'une quinzaine de livres, dont La Vie périmée (Éditions 1, 2000), Les Mains en l'air (Léo Scheer, 2002) et Peine capitale (Flammarion, 2003).

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