• Vingt-trois juin 2011. Ce jour-là se joue le destin de cinq personnages.

    Anthony est un poète de réputation internationale ; Amy enseigne la littérature à Miami ; Caroline est traductrice en Ontario. Les trois sont emportés dans un tango qui met la raison à rude épreuve sur le territoire commun de leurs désirs.

    Cuisinier mais aussi philosophe à ses heures, George est le témoin du désarroi amoureux et des hasards de lexistence dont il cherche à trouver la clé.

    Quant à linspecteur Wallerstein, il sacharne à résoudre lénigme entourant la disparition dune jeune fille comme sil y allait de lavenir de lhumanité.

    Tous éprouvent des vertiges sur la corde raide des sentiments. Entre les conversations menées dans un sushi bar de Toronto et le drame se déroulant dans un appartement de Hamilton, comment le mensonge étend-il son empire ? De quelle violence lamour est-il le frisson ?

  • Dans les situations héritées de la déterritorialisation - à l'origine de la présence française en Amérique -, comment prétendre à une certaine autochtonie ? Au-delà des frontières entre ceux qui sont établis et les populations déplacées, comment la liberté d'imaginer l'autre conduit-elle à concevoir l'appartenance en assumant l'histoire coloniale ?

    Sur l'horizon continental des littératures francophones, où l'auteure situe le texte québécois, l'autochtonie est l'affaire de tous. Qu'elle soit parée des signes de l'indianité, projetée sur l'écran virtuel de l'art, partagée par plusieurs identités, dérivée d'une mémoire prénationale ou sécrétée par une résistance à des pouvoirs réducteurs, elle est le vecteur d'un idéal d'authenticité. Sa quête module les oeuvres à l'étude. Le mythe de fondation - qui confère une légitimité au discours social et politique - fait place à des fantasmes qui renou­vellent l'appartenance par des propositions originales, lui donnant un ancrage sur différents territoires symboliques.

    L'approche anthropologique ici adoptée s'appuie sur une synthèse des principaux enjeux identitaires formulés par la fiction littéraire, depuis les années 1970 jusqu'au début du XXIe siècle. Le panorama des figures de l'appartenance qui en résulte offre une contribution remarquable à la réflexion actuelle sur les défis du vivre-ensemble.

  • Autour des composantes que sont l'espace, le corps et la filiation, le dossier de ce numéro de la revue Voix et images étudie l'oeuvre de Lise Tremblay pour confirmer sa pertinence et son originalité dans le paysage littéraire québécois actuel. Les tensions entre les trois pôles évoqués permettent de poser, entre autres, l'enjeu d'une violence larvée du cadre québécois qui n'est pas si fréquemment révélée. Même si Lise Tremblay publie peu, ses livres constituent des jalons dans une démarche concertée et cohérente pour mettre en forme des mémoires oubliées du Québec contemporain autour de protagonistes complexes à la conscience blessée, mais perçante. L'oeuvre de Lise Tremblay aborde à la fois des histoires intimes et collectives ; elle dépeint les espaces tant de la forêt, de la ville, que de la banlieue. Il apparaît dès lors plus que nécessaire de dresser un réel premier bilan de cette oeuvre phare de la littérature québécoise qui se déploie depuis près de 30 ans. (source : Voix et images)

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