• À l'occasion d'une conférence sur l'ironie intitulée "Paris ne finit jamais", un écrivain décide de revenir sur ses jeunes années passées à Paris, au cours desquelles, logé par Marguerite Duras, il a fait ses classes de littérature. Obsédé par l'ombre tutélaire d'Ernest Hemingway, s'y inscrivant en négatif, il revient sur ces années de déambulation dans les rues de la capitale, de doute, d'abîme. Avec ce roman en forme de miroir, Enrique Vila-Matas s'inscrit dans la lignée des écrivains exilés, interroge la création, la difficulté à inventer encore lorsque tout a déjà été écrit, et décortique l'ambition qui fabrique un artiste.

  • Plagiat, hommages, subterfuge et autobiographie se mêlent pour démontrer que tout est fiction et que seul le roman permet une certaine mise à distance, une "dédramatisation" de la vie. Telle est la ligne de conduite d'un écrivain qui écrit comme il respire.

  • Mac vient de perdre son travail et se promène tous les jours dans El Coyote, le quartier de Barcelone où il habite. Il est obsédé par son voisin, un célèbre écrivain. Il se vexe chaque fois que celui-ci l'ignore. Un jour, Mac l'entend parler de sa première oeuvre, Walter et son contretemps, avec une libraire, un livre de jeunesse plein de passages incongrus, dont il se souvient vaguement. Il décide alors de modifier et améliorer ce premier récit que son voisin préférerait laisser dans l'oubli. Enrique Vila-Matas examine en profondeur la création littéraire sans renoncer à apporter au lecteur des moments de divertissement. « Vila-Matas revient avec Mac et son contretemps. Attention, ses livres ne sont jamais innocents. » El Mundo

  • Que peut avoir à faire un homme de lettres à la Documenta de Kassel, foire mondiale d'art contemporain ? C'est pourtant bien à un écrivain barcelonais que les commissaires de l'événement ont adressé une invitation pour une intervention inattendue : se présenter chaque matin dans un restaurant chinois afin d'écrire en public. La perplexité et la timidité l'incitent d'abord à décliner cette proposition. Mais une jeune émissaire tactiquement envoyée à sa rencontre achève de le convaincre. Oscillant entre optimisme et pessimisme, marqué par une ironie permanente, Impressions de Kassel aborde ainsi, au coeur de la fiction littéraire, la question de la représentation contemporaine et propose un bel éloge de l'art. « Le livre parle de mon voyage et de ma participation à la Documenta de Kassel. C'est une promenade, comme Locus Solus de Raymond Roussel, à travers des lieux très étranges, mais tous imprégnés d'une grande créativité. C'est aussi la découverte d'un art contemporain plus vivant présent à Kassel, un art qui se confond avec la vie, et qui passe comme la vie. » Enrique Vila-Matas, La Razón

  • « On ne peut pas résumer une nouvelle de Vila-Matas. La progression funambulesque des histoires, la structure aérienne des intrigues, l'art de la digression et celui de l'autoréflexion, le goût du détail et des coïncidences, l'étonnement presque extatique face aux incongruités de certaines situations... Tout cela rend heureusement vains les exercices de synthèse. » Patrick Kéchichian, Le Monde « Fantastique et tragique se côtoient dans une atmosphère indéfinissable, où le comique repose sur un sentiment de malaise jamais dissipé. C'est que l'essentiel est d'être ailleurs, là où le néant nous attend, tel un aimant. [...] Et c'est là que le lecteur trouve son bonheur. » Alain Nicolas, L'Humanité Illustration de couverture : Herbert List/Magnum Photos. ITALY. Rome. Trastevere. Via della Lungarina. View from a window : Dance of the Dresses. 1953

  • Invité à un symposium international sur le roman à Lyon, un double de l'écrivain barcelonais Enrique Vila-Matas est abandonné dans son hôtel, où personne ne vient l'accueillir. Dans sa solitude, il achète un exemplaire du Magazine littéraire dédié à Julien Gracq et tombe sur un article qu'il a lui-même consacré au Rivage des Syrtes. Cette lecture lui donne l'idée d'élaborer une théorie générale du roman. Il veut mettre en évidence la modernité et l'extraordinaire prescience du roman de Julien Gracq - qu'en son temps une partie de la critique trouvait avait trouvé désuet - puis en déduit les principaux axes de ce que devra être le un roman. Ayant décidé de rentrer à Barcelone, sur le point de repartir de nouveau, il découvre l'inanité de toute théorie littéraire. Dès lors libéré de ce carcan, il écrira et perdra des pays, voyagera et perdra des théories, les perdra toutes.

  • Samuel Riba est l'éditeur talentueux d'un catalogue exigeant. Néanmoins, incapable de faire face à l'émergence des nouveaux médias et de concurrencer la vogue du roman gothique, il vient de faire faillite. Il sombre alors dans la déprime et le désoeuvrement. Pour y remédier, il entreprend un voyage à Dublin. L'accompagnent quelques amis écrivains avec qui il entend créer une sorte de confrérie littéraire. Cette visite de la capitale irlandaise se double d'un voyage dans l'oeuvre de Joyce.
    En explorant toutes les facettes de ce personnage complexe, qui est en partie son alter ego de lui-même, Enrique Vila-Matas interroge la notion d'identité, de sujet, et décrit le cheminement parcours qui a mené la littérature contemporaine d'une épiphanie (Joyce) vers à l'aphasie (Beckett).

    « Il y a du plaisir à goûter de cette prose, elle rend meilleur, offre une image totale de la littérature, mais jamais intimidante ou tragique ; surtout, elle donne envie de lire. » (Amaury da Cunha, Le Monde)

  • Intitulé en hommage à « Air de Paris » de Marcel Duchamp, Air de Dylan est l'histoire de Vilnius Lancastre. Ce jeune Hamlet de Barcelone au faux air de Bob Dylan travaille à un ambitieux projet des Archives de l'échec en général. Il est également membre d'une société d'imitateurs d'Oblomov (la société Air de Dylan) pour qui l'indolence absolue est une forme d'art. Quant au narrateur du roman, il s'agit d'un écrivain prolifique qui, après avoir consacré sa vie à la productivité littéraire, se repend de tout ce qu'il a écrit et s'apprête à se taire définitivement, y compris dans la vie réelle. Il ne peut toutefois s'empêcher de répondre à l'invitation de Vilnius et de sa petite amie Débora qui lui demandent de rédiger les mémoires apocryphes du père du jeune homme, le célèbre écrivain Juan Lancastre, mort dans des circonstances mystérieuses (peut-être victime d'un assassinat). En toile de fond, l'ombre de l'Âge d'Or d'Hollywood, de Scott Fitzgerald et de sa conviction que toute vie est un processus de démolition.
    Avec Le Voyage vertical, ce roman représente l'oeuvre la plus romanesque d'Enrique Vila-Matas et offre une nouvelle forme d'exploration de notre époque. Ce livre léger progresse dans une relative incertitude, qui le met en relation avec l'air de notre temps, l'air de tous les masques, le visage général de notre époque qui a « l'étrange propriété d'exhiber tous les âges et toutes les étapes par lesquels sont passés tous les Dylan ».

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