• À la fin du xixe siècle se développe dans le sillage des efforts décadents et symbolistes une poétique du silence « dont Mallarmé est généralement tenu pour l'initiateur et le responsable », et ce, en raison de sa promotion comme chef de file de ces nouvelles tendances. Que l'aîné soit demeuré circonspect à l'égard de ses émules avec lesquels il était loin de partager toutes considérations n'enlève rien à l'évidence d'un legs persistant dans la façon d'aborder son oeuvre, cet héritage fût-il soumis à des variations de perspective au gré des préoccupations de la critique. En effet, les études qui articulent silence et modernité sous l'égide de Mallarmé sont légion. De simples considérations formelles et stylistiques sur l'écriture du fragment ou sur la notion d'hermétisme et d'obscurité sémantique (le « silence » du sens), elles peuvent aller jusqu'à appuyer le constat d'Adorno du défaut d'une parole poétique qui ne soit obscène après la barbarie politique du xxe siècle en suggérant exemplairement les limites du dire.

  • Bernanos! On ne peut songer à meilleur exemple pour tenter de saisir les liens possibles entre littérature et théologie. Son oeuvre romanesque est sous-tendue par la théologie du christianisme, singulièrement par le dogme de la communion des saints où toute l'humanité est constituée en un grand Corps mystique où se joue l'histoire du Salut, et où la souffrance des uns peut contribuer à la rédemption des autres. La structure même de la narration romanesque est en correspondance avec ces schèmes théologiques. On prêtera notamment attention au traitement particulier de la chronologie où certains instants narratifs sont à l'intersection du temps et de l'éternité. Mais il n'y a pas que les oeuvres strictement littéraires : l'auteur, de surcroît, dégage ce soubassement théologique aussi bien dans des textes plus personnels, écrits par Bernanos au début de son exil pendant la Seconde Guerre mondiale, que dans ses positions littéraires et politiques à l'égard de certains de ses contemporains comme François Mauriac. L'essai d'Éric Benoit offre au lecteur une subtile et rigoureuse exploration de Bernanos, exemple parfait de magnifique osmose entre une conscience théologique et le geste littéraire où elle se déploie.

  • The performance of logistics networks has made a considerable leap in recent decades. With a development capacity and degree of competition that leave little influence to public corrective actions, it is engendering increasing environmental and societal damage.
    To avoid the impasse between sustained demand and unsustainable impacts, this work, which is underpinned by a novel stream of research (both in Europe and North America), puts forward a new concept for the global organization of logistics networks : the Physical Internet. Like the Digital Internet that conveys data, the concept is to connect and synchronize all logistics networks to create a collaborative and robust physical network of networks, capable of continually optimizing the shipment of "encapsulated" goods of many types and sizes :
    In compliance with customer requirements : lead time, security and insurance, controlled temperature...
    By optimizing both the operator´s and the customer's economic models ;
    By minimizing the environmental footprint ;
    By means of routing protocols, interoperability and traceability standards, remuneration rules, compensation mechanisms and new trade configurations.
    The book explores the Physical Internet in great detail, showing up its promise and its limitations. The book outlines the essential components, puts forward a framework for specification and analysis, and highlights the dimensions yet to be investigated. Above all, based on illustrative simulations, it confirms the major benefit of the Physical Internet, increasing the cost efficiency of logistics while decreasing its environmental impact - a rare combination.

empty