Langue française

  • Publié en 1576, Le Discours de la servitude volontaire est l'oeuvre d'un jeune auteur de dix-huit ans. Ce texte (ô combien actuel !) analyse les rapports maître-esclave qui régissent le monde et reposent sur la peur, la complaisance, la flagornerie et l'humiliation de soi-même. Leçon politique mais aussi leçon éthique et morale, La Boétie nous invite à la révolte contre toute oppression, toute exploitation, toute corruption, bref contre l'armature même du pouvoir.Traduction en français moderne par Séverine Auffret

  • Prudence des Anciens. Rejet moderne de la prudence. Ces idées reçues, certes commodes, sont peut-être trop simples. Même si l'on renonce à objecter que l'aristotélisme n'est pas toute la pensée des Anciens, il demeure que le statut de la prudence chez le Stagyrite est complexe. Elle renvoie moins à un ordre cosmique complet qu'à la part d'inachèvement, d'indétermination, de contingence irréductible du Monde. Et si elle présuppose la délibération, c'est pour s'accomplir sur le mode de la décision plus que de la conclusion. Que le propos des Modernes - culminant certainement en quatre-vingt-neuf - ait souvent été de bâtir à coup d'évidences une véritable science politique - exclusive en fin de compte du politique - cela n'est pas douteux. Que l'éloge par certains de la délibération n'ait pas revêtu le sens d'un retour à la prudence, on peut s'en persuader. Il y a tout lieu de penser pourtant qu'a cheminé dans les plis des courants dominants la quête d'une nouvelle prudence permettant seule de penser les conditions du gouvernement d'êtres finis par d'autres êtres finis. A l'heure où le débat intellectuel semble se structurer autour de l'affrontement entre de nouveaux dogmatismes et une réhabilitation du politique, c'est-à-dire de la délibération et de la décision sur fond d'incertitude, ce livre - fruit original de la collaboration de philosophes, de juristes et de « décideurs » - ouvre quelques pistes, parfois contradictoires, et invite à poursuivre la réflexion.

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