• Au XVIe siècle, avec la même ferveur que dans le Nouveau Monde, trois cents ans plus tard, les monts Métallifères de Bohême furent le théâtre d'une course inattendue vers la richesse. Ce ne fut pas une « fièvre de l'or » mais une « ruée vers l'argent ». L'aventure de Joachimsthal mobilisa des mineurs et des ingénieurs, des théologiens et des médecins... Elle suscita l'intérêt jaloux des monarques et des banquiers. Car cette fièvre est à l'origine de la création d'une monnaie commune : le thaler d'argent. Et d'une étrange maladie... Avec cette saga de la « civilisation de l'argent », Philippe Flandrin fait surgir les figures des mutins du Batavia, le calvaire de Rimbaud au Harrar, rappelle les rivalités entre chrétienté et islam et les conflits du capitalisme naissant... Le thaler - d'où dérive le mot dollar -, qui s'imposera comme la valeur de référence du Saint-Empire germanique, conquiert les pays du Rhin, l'Autriche mais aussi la Pologne et la Scandinavie. Il devient, par le jeu des relations commerciales, la monnaie d'échange entre l'Europe et l'Empire ottoman, les Indes, puis l'Afrique et certains pays d'Orient. Une diffusion ininterrompue jusqu'à nos jours puisque, au début des années 1980, certains pays envisagèrent de lui faire rejouer un rôle monétaire majeur. Le thaler d'argent ? Une clé précieuse pour comprendre l'essor économique occidental.

  • Mai 1945. L'Armée rouge occupe Berlin. Pour le lieutenant Viktor Ivanovitch Baldine, officier de la 65e brigade des pionniers, la guerre est terminée. Le retour vers la patrie n'est plus un rêve. Mais au bord du lac Wuppersee où son unité a fait halte, le rêve vire au cauchemar. Dans le château de Karnzow, domaine du comte Friedrich von Königsmarck, esthète, chasseur, grand protecteur des arts, Baldine est mêlé à un vol d'oeuvres de grands maîtres dissimulées dans une cave. De retour en Russie, le pillage découvert, Baldine sera le jouet d'un chantage qui va changer le cours de sa vie. Au même moment, dans les ruines de la capitale du Reich, Kurt Reutti, un sculpteur mis à l'index par la propagande nazie, tente de sauver ce qui peut l'être du patrimoine allemand enfoui sous les décombres, tandis que les sbires de Staline font main basse sur les oeuvres d'art, en compensation des pillages perpétrés en Russie par les hommes de main d'Hitler. Le Musée des pillards est l'histoire d'un individu et celle d'une époque. Dans son dédale évoluent des artistes, des escrocs, mais aussi des hommes de bonne volonté, victimes d'un temps de fer où l'Europe a perdu son âme. Viktor Baldine, soldat de la victoire, et Kurt Reutti, Allemand de la défaite, et bien d'autres personnages, sont les héros de ce récit à multiples rebondissements où l'art et la création sont devenus affaires d'État.

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