• L'auteur s'inscrit dans une longue tradition sociologique au Québec - de Léon Gérin en passant par Jean-Charles Falardeau, Fernand Dumont, Gilles Houle, Nicole Laurin et Nicole Gagnon - et permet sa redécouverte. Il nous montre le cheminement de Léon Gérin, « le premier sociologue cana­dien », en même temps que celui d'une certaine société, comme une trame évolutive de l'individu et de la collectivité dans laquelle il s'active.

    Le recours à la correspondance nourrie de Gérin, ainsi qu'à de riches fonds d'archives, nous fait entrer dans le privé, aborder des aspects difficiles à déceler dans d'autres types de sources et reconstituer les réseaux de relations du sociologue. Les connaissances qui en découlent apportent un éclairage qui nous fait mieux comprendre la société québécoise de cette époque, mais aussi d'aujourd'hui.

  • L'ouvrage de Frédéric Parent permet de lever le voile sur un mystère : celui de la grande région de Québec, qui, majoritairement rurale, a tendance à voter « conservateur ». Le Québec rural que découvre Frédéric Parent est une société qu'il qualifie de « tranquille », à la suite du politologue Pierre Drouilly, et qui après avoir traversé la période très agitée de la Révolution tranquille, a dû, depuis les années 1980, s'adapter, non sans résister, à tout un ensemble de changements liés aux politiques de régionalisation qui se traduisent, au plan local, par une plus grande intervention de l'État. Si « conservatisme » il y a c'est principalement dans l'opposition qu'une partie de la population manifeste à une telle intervention de l'État.
    Qu'il s'agisse de religion, d'économie ou de politique, l'analyse que présente Frédéric Parent est tout à fait originale.

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