• Depuis la première édition de ce livre, en 2017, tout confirme et rend plus urgent son diagnostic.Car tous les maux de l'époque sont redoublés par le mal analysé ici, que la démocratie est la seule à affronter : la violence intérieure entre les humains. Avec ses formes précises: cynisme, racisme, ultralibéralisme.Que ce mal soit « chronique » ne veut pas dire qu'on ne peut rien faire, bien au contraire. Car s'il peut atteindre des pics mortels, il peut également connaître des progrès vitaux, avec les bons remèdes. On pourra ainsi répondre à tous les maux du moment.
    Frédéric Worms est professeur de philosophie à l'ENS et membre du Comité consultatif national d'éthique. Il est notamment l'auteur de Revivre (2012, Prix lycéen du livre de philosophie), et de Pour un humanisme vital (2019). En même temps que la présente réédition paraît un recueil de ses chroniques dans Libération : Sidération et résistance. Face à l'événement (2015-2020).

  • Auteur des Maladies chroniques de la démocratie, Frédéric Worms tient également une chronique dans le journal Libération. Il n'échappe donc pas à la sidération qui définit l'époque : des attentats aux épidémies, en passant par l'incendie de Notre-Dame, # Metoo ou le climat, il est saisi par l'événement.Mais en l'exprimant, en l'analysant, en le mettant à chaque fois à l'épreuve d'une pensée du vivant et de la justice, il nous donne le premier moyen de la résistance : un sens partagé. Car l'événement, ce sont aussi des actes, des oeuvres, des ressources que l'on peut repérer et soutenir. Ces chroniques vont à leur rencontre.Comment répondre aux dangers qui nous menacent ? En traversant l'épreuve de l'événement et en retrouvant la dimension vitale de la démocratie. Afin que les années de sidération soient aussi les jalons d'une résistance. Car rien n'est joué d'avance.
    Frédéric Worms est professeur de philosophie à l'École normale supérieure et membre du Comité consultatif national d'éthique. Il est notamment l'auteur de : La Philosophie du xxe siècle en France. Moments (2009) ; Revivre. (2012 ; Prix lycéen du livre de philosophie, 2016) ; Pour un humanisme vital (2019) ; Les Maladies chroniques de la démocratie (2017 ; réédité en même temps que ces chroniques).

  • «Nous savons que ce ne sont pas des pensées comme les autres, ces pensées qui nous relient ou nous séparent les uns des autres, par exemple lorsque je ne cesse de penser à ta venue ou à ton départ - ou même à ta disparition -, ou lorsque notre dispute me revient à l'esprit, ou lorsque je dois t'annoncer une épreuve - ou te déclarer mon amour. Ces pensées ont beau être singulièrement intenses, parmi nos pensées, et singulièrement vitales, dans nos vies, nous les réduisons à des cas isolés, nous n'y pensons plus.
    Or, le but de ce livre est simple : il consiste à expliquer pourquoi "penser à quelqu'un", ce n'est pas comme penser à "quelque chose", mais pas non plus une exception pour la pensée, ni dans la vie. Bien plutôt un modèle de la pensée, et une orientation dans la vie.»
    Frédéric Worms.

  • « Nous avons besoin aujourd'hui d'un humanisme vital. Et cela nous ramène à la "valeur" de l'humain qui est la condition de tout humanisme et sur laquelle on s'est beaucoup trompé. Car cette "valeur" n'est pas une propriété simple qui excepterait l'humain du vivant ou qui pourrait être écrasée par lui. Elle réside plutôt dans des inventions humaines, réponses toujours perfectibles à tous les dangers vitaux à la fois. Ainsi, cet humanisme est vital non seulement parce qu'il situe l'humain dans le vivant, mais parce qu'il le considère comme nécessaire et urgent, pour la vie de tous les vivants. L'humanisme suppose encore autre chose : un accès universel à tous les humains. Or, ici, nous partageons bien quelque chose mais n'est-ce pas d'abord une inquiétude ? Oui, en effet. C'est même ce qui m'a poussé à vous écrire. Mais je savais, dès que je m'y suis engagé, que cela nous permettrait aussi de rejoindre nos joies. » F. W. Dans ces lettres adressées à une amie « inquiète et qui sait penser », Frédéric Worms explique pourquoi l'humanisme vital est la réponse philosophique aux dangers de notre temps. Frédéric Worms est professeur de philosophie contemporaine à l'École normale supérieure, dont il est directeur adjoint depuis 2015, et l'auteur remarqué d'ouvrages de philosophie. Il est membre du Comité consultatif national d'éthique et l'un des producteurs, sur France Culture, de l'émission Matières à penser. 

  • Un verbe exprime en français l'un des secrets de notre être et l'une des clés de notre époque maniaco-dépressive : ce verbe, c'est revivre. Il a deux sens que tout paraît opposer. Revivre, c'est en effet renaître, retrouver le sentiment d'être vivant et relié à autrui. Mais c'est aussi se laisser rattraper par «un passé qui ne passe pas» et se replier sur soi-même. Chacun de nous fait cette double expérience, souvent sans le savoir. Il faut pourtant la penser, l'affronter, résister à ce qui nous enferme, accéder à ce qui nous délivre. Inventaire de nos blessures et de nos ressources, diagnostic du moment présent, parcours dans les idées et les oeuvres, ces propos renouent avec les actes les plus intenses de notre vie. Un art de vivre, c'est-à-dire de revivre, qui pourrait bien être le seul possible aujourd'hui.

  • Penser

    Frédéric Worms

    Penser à quelqu'un. Nous savons tous qu'il ne s'agit pas là d'une pensée comme les autres. Cela évoque aussitôt les expériences les plus intenses. L'amour. La perte. La jalousie. L'admiration. Ce livre nous explique pourquoi. Il nous montre que ces pensées sont premières. Conditions de toutes les autres pensées.
    Toutes les pensées renvoient aux relations, à ceux à qui nous pensons, mais aussi à ceux qui pensent à nous. Elles peuvent nous créer, mais aussi nous détruire. Elles traversent la culture, la morale, la politique, sources de manipulations mais aussi de résistances. Elles nous font comprendre de façon nouvelle notre pensée, et notre vie.

    Couverture : Création Studio Flammarion © Flammarion, 2014.

  • Bergson, souvent étudié par bribes, connu pour son traité sur le rire ou quelques-unes de ses métaphores, mérite d'être compris, découvert ou redécouvert dans toute son ampleur. Derrière son approche concrète, à la fois psychologique, sociologique et morale, on trouve une philosophie de la vie qui s'exprime avec ses contraintes et ses besoins, mais aussi dans sa profondeur individuelle et temporelle. Les grands concepts de la philosophie bergsonienne comme la durée, l'élan vital, la mystique, la morale et la religion se trouvent expliqués avec simplicité par Frédéric Worms dans cet exposé tout en finesse. Claude COLOMBINI FRÉMEAUX

  • Face à la violence, que peut la philosophie ? La question se pose avec une terrible acuité après les attentats de janvier 2015 à Paris. Cet ouvrage limpide, étincelant, destiné à un large public, met la philosophie à l'épreuve de la politique, de 1943 - année de la publication de L'Être et le Néant - jusqu'à nos jours, à travers des figures emblématiques. 
    Sartre donne à sa philosophie de la liberté une portée métaphysique. Camus récuse la violence en recourant à l'absurde et à la révolte. Pour Merleau-Ponty « l'épaisseur du présent » impose à l'action « les moyens du présent ». Simone Weil, Canguilhem, Cavaillès mettent le pacifisme à l'épreuve et en avant l'expérience de la nécessité. Lévi-Strauss pose le problème de la violence face à la diversité humaine repensée. Deleuze pense la dimension ultime de l'être comme différence. Foucault s'attache à l'enfermement intolérable. Levinas et Derrida analysent le passage de la métaphysique à l'éthique. Jankélévitch se penche sur la question du pardon, de l'impardonnable et de l'imprescriptible.
    C'est la philosophie tout entière - c'est-à-dire l'action et la pensée, les oeuvres et les relations, l'histoire et l'actualité - qui répond à la folie du monde. Aussi ce livre peut-il être lu comme un acte de résistance.

  • La publication presque simultanée de L´Ordre biologique d´André Lwoff (1969), de La Logique du vivant de François Jacob (1970), du Hasard et la nécessité de Jacques Monod (1970) et les débats qui s´ensuivirent, ont constitué un moment fort de la vie intellectuelle française. Comme il serait difficile aujourd´hui d´imaginer des échanges analogues, réunissant philosophes et scientifiques autour de questions aussi fondamentales que la nature de l´objectivité scientifique et l´explication des phénomènes vivants ! Le contexte scientifique et culturel explique la genèse de ces trois ouvrages et les réactions qui suivirent leur publication. Dès 1971, un bel article de Georges Canguilhem en soulignait les convergences. Ce livre montre qu´ils sont le fruit des avancées rapides survenues dans la description moléculaire des organismes vivants. L´impact de ces découvertes est d´autant plus important en France que les transformations précédentes des sciences du vivant, l´essor de la génétique et de la synthèse moderne dans les années 1930 -nouvelle version de la théorie de l´évolution-, y étaient passés inaperçus. Ce recueil vise à rappeler, mais surtout à faire mieux comprendre, ce moment exemplaire des relations entre la science, notamment la science du vivant, et la philosophie.Avant-propos de Pierre Nora

  • Ce volume s´ouvre avec des pages inédites du Journal d´Alain sur la littérature. Elles permettent d´entrer immédiatement au coeur d´une oeuvre qui mêle étroitement philosophie et littérature, tant par ses thèmes que par sa forme, ainsi que le montrent les textes ensuite réunis. Ayant pour ambition de «changer la philosophie en littérature et, au rebours, la littérature en philosophie», Alain pense la littérature et l´écriture, philosophe à partir de romans, de poèmes (Balzac, Stendhal, Valéry), et fait de sa propre écriture philosophique un travail littéraire, s´attachant au «style». Sa postérité témoigne également de ce lien: comme professeur de philosophie, comme écrivain et journaliste (on lui doit 3 498 Propos quotidiens de 1906 à 1914), il a influencé toute la pensée et l´écriture entre les deux guerres et au-delà - de Georges Canguilhem ou Simone Weil à Jean Prévost ou Julien Gracq.

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