• Martin Bormann est la seule figure majeure du nazisme a n'avoir fait l'objet d'aucune biographie depuis quarante ans. Les rares écrits sur lui se cantonnent à un propos moraliste  : Bormann le pire des nazis, plus cruel que Hitler dont il aurait été le « mauvais génie ».
    L'auteur utilise de nombreuses archives, en historien, en établissant des faits et en laissant le lecteur tirer ses propres conclusions. Il démontre que Hitler était bel et bien son propre maître en politique. Bormann est son instrument docile. Son ascension, à partir d'une embauche comme secrétaire-dactylographe au siège du Parti nazi à l'âge de 29 ans, tient non pas à l'arrivisme que tous lui prêtent mais à sa foi nazie et à sa capacité de la mettre au service de deux dirigeants successifs, Rudolf Hess, puis Hitler lui-même.
    Chemin faisant, Bormann est devenu l'intime du dictateur en gérant ses finances et ses domaines. Donc au courant de beaucoup d'aspects du IIIe Reich restés obscurs, et que cette biographie propose d'éclairer.
    Sa réputation de « mauvais génie » n'est cependant pas sans fondement. Il est ce qu'on appelle en politique un « fusible », un collaborateur qui concentre le blâme pour les reproches suscités, à tort ou à raison, par les décisions du chef. Sauf que ce fusible ne fond jamais ! La carrière de Bormann culmine avec un titre de « secrétaire du Führer » obtenu en 1943.
     
    Ancien élève de l'ENS, docteur en histoire et habilité à diriger des recherches, François Delpa étudie depuis trente ans le Troisième Reich et la Seconde Guerre mondiale. Il a publié une biographie de Hitler (Grasset, 1999) et chez Nouveau Monde la première édition scientifique de ses Propos intimes et politiques (2018) et Hitler et Pétain (2019).
     

  • S'il ne fait plus aucun doute que le régime de Vichy était demandeur d'une collaboration avec l'occupant, l'implication personnelle de Hitler dans cette relation a été largement occultée par les historiens. Or, comme le prouvent ses Propos, il était obsédé par cette France vaincue rapidement. Une conquête encombrante mais dont il avait un besoin vital pour nourrir l'effort de guerre allemand  : il s'agissait de la contrôler avec peu de personnel, de la mettre au travail et de la piller, en tendant la corde à l'extrême sans la casser.
    Biographe de Hitler, François Delpla se concentre ici sur la relation particulière entre les deux hommes, détaillant le rôle paradoxal du Führer dans le maintien de Pétain, contre vents et marées, le maréchal s'étant mué en professeur de résignation.
    La correspondance de Hitler avec le maréchal, les comptes rendus de ses rencontres avec lui, Laval et Darlan, les directives données à Abetz et à d'autres intermédiaires sont passés au crible à partir de sources en grande partie nouvelles. L'auteur les inscrit dans une perspective de longue durée en considérant la place de la France dans le projet nazi et les moyens mis en oeuvre dès 1933 pour la soumettre définitivement. Quant à Pétain, plus soucieux d'honneur et d'intérêt national qu'on ne le dit souvent, il se débat avec impuissance dans les pièges et les ruses d'un homme à tous égards plus fort que lui.
    Une vision scientifique renouvelée non seulement de la France des « années noires », mais de Hitler et du IIIe Reich.
     
    Ancien élève de l'École normale supérieure, docteur en histoire et habilité à diriger des recherches, François Delpla étudie depuis trente ans le Troisième Reich et la Seconde Guerre mondiale. Il a publié une biographie de Hitler (Grasset, 1999) et la première édition scientifique de ses Propos intimes et politiques (Nouveau Monde éditions, 2018).
     

  • Que s'est-il vraiment passé en ce 18 juin 1940 ? Certes, un grand nombre d'ouvrages ont été consacres à la conjoncture politico-militaire qui entourait l'allocution radiodiffuséc du général de Gaulle, mais aucun, à ce jour, ne s'était attaché, comme celui-ci, à l'étonnante histoire secrète du texte de cette allocution. Sous les yeux ébahis du lecteur, voilà en effet un texte qui n'en finit pas de se métamorphoser. La version que nous connaissons n'apparaît pas avant le 15 août. La plus fidèle aux intentions du Général date probablement du 16 juin. Le 18, il en circule au moins cinq. La radio en diffuse une, les journaux français une autre, et les journaux anglais une troisième. Quelle est donc la vérité promise par ce texte fondateur de la France Libre ?

    François Delpla, loin de se borner à la critique textuelle, montre ici que ces variations résultent, en fait, du choc de trois volontés : celle de De Gaulle, de Churchill et de Halifax, le ministre des Affaires étrangères. Le premier veut, d'emblée, incarner la France et disqualifier Pétain. Le second cherche surtout des arguments pour continuer la guerre, a laquelle le troisième souhaiterait mettre un terme. On s'avise aussi, en chemin, que les acteurs de cette journée se sont livrés à une véritable course contre la montre : De Gaulle veut parler avant Pétain, mais il est devancé. De surcroît, il doit se battre pour faire passer son message et n'y parvient véritablement que dans son allocution du 2 juillet. Au lieu d'un simple discours, on découvre alors un processus qui s'étale sur deux semaines. Et c'est ce processus, si lourd de conséquences, qui est ici revisité. Le passé, lui aussi, est rempli de surprises.

    François Delpla, auteur d'oeuvres sur Churchill et sur Hitler, a déjà étudié la Résistance française sous l'angle des rapports entre mythe et réalité dans Aubrac, les faits et la calomnie (1997).

  • La synthèse attendue.
    Si la personne et la personnalité d'Hitler et de ses principaux lieutenants (Himmler, Goering, Heydrich, Goebbels) sont connus, il n'en est pas de même du régime qu'il a fondé et dirigé d'une main de fer. A l'exception de l'ouvrage de Richard Evans (mais il est en trois volumes); pas de synthèse récente notamment de la part des historiens français. Manque réparé par François Delpla qui a été le premier biographe français du Fürher et signe ici une synthèse exhaustive - englobant les hommes, la politique, la société et les institutions servie par une écriture limpide.

  • Hitler

    François Delpla

    • Grasset
    • 6 Octobre 1999

    Le grand nombre d'ouvrages qui ont été consacrés à Hitler pourrait laisser penser que cette première biographie française n'offrira guère de surprise à son lecteur. Or, il n'en est rien, car l'ouvrage de François Delpla innove radicalement, tant par sa méthode que par ses sources.

    Jusqu'à ce jour, en effet, la personnalité de Hitler avait été noyée sous la noirceur de ses crimes, et cette noirceur avait été projetée sur le moindre de ses actes, afin d'épargner aux historiens un élémentaire travail de lucidité. De vastes machines interprétatives - où le marxisme eut sa part, tout autant que le psychologisme - s'étaient efforcées de voir ses perversions, ou l'histoire lourde dont il n'aurait été que l'expression, plutôt que la cohérence folle de son esprit, de son projet. De fait, la formation d'Adolf Hitler, certes autodidacte, n'était ni nulle, ni insignifiante. Il avait conçu à partir de 1919 un dessein précis, et il le mit en oeuvre avec persévérance et habileté. Il serait bien vain de penser l'hitlérisme en résumant à des truquages grossiers la séduction qu'il exerça... Bref, pour la première fois, cette biographie prend Hitler au sérieux, c'est-à-dire au tragique.


    Cette biographie est donc un acte de foi dans la dignité de la science historique. Au crible de ses analyses, et comme le note Alexandre Adler dans sa préface, "l'histoire de ce terrible épisode n'est pas embellie. Elle est seulement plus solide".

    Normalien, agrégé d'histoire, François Delpla a d'abord mis en lumière le combat solitaire de Churchill contre Hitler (Churchill et les Français, 1993) avant de concentrer son travail sur le Führer (Montoire, 1995 ; La ruse nazie, 1997). Il a également pris part aux débats sur la Résistance française (Aubrac, les faits et la calomnie, 1997).

  • 3 juillet 1940 : des Anglais tirent pour la première fois sur des Français depuis Waterloo... pendant une guerre où les deux nations sont alliées et où les deux marines viennent de mener des opérations conjointes. D'où des rancoeurs encore inassouvies, que les ouvrages parus avant celui-ci ont entretenues sans jamais prendre en compte l'ensemble du dossier, avec des erreurs parfois grossières dans la lecture des documents. Il est temps de parler d'histoire. La France, submergée en quelques semaines sous une ruée de blindés allemands, vient de se rendre avec Pétain, tandis que l'Angleterre relève seule le défi, sous Churchill. C'est Hitler qui provoque l'ouverture du feu en rade d'Oran par ses conditions d'armistice, qui se veulent subtiles et propres à convaincre l'Angleterre de signer à son tour. Le réveil est brutal, non seulement pour la France mais pour l'Angleterre elle-même, l'Allemagne, l'URSS, les États-Unis... Bref, la planète. Et pour la guerre qui, cessant d'être " drôle., et, de la part des adversaires du nazisme, velléitaire, sera désormais menée à fond. François Delpla résume ici, tout en la prolongeant, une recherche de plusieurs décennies sur le défi hitlérien en général et l'an Quarante en particulier. Il a écrit en particulier la seule biographie française du Fuhrer et le premier livre consacré à l'accouchement étonnamment complexe de l'appel du 18 juin. Les éditions François-Xavier de Guibert ont publié en 2003 sa thèse de doctorat : La Face cachée de 1940 : comment Churchill réussit d prolonger la partie.

  • Le débarquement de Normandie, la flambée des maquis, la colonne Leclerc au coeur de Paris, le retour du général de Gaulle, le rétablissement de la République...En 1944, la France resurgissait d´un abîme où beaucoup l´avaient crue à jamais ensevelie.

  • Que sait-on de la vie sentimentale d'Adolf Hitler ? Séducteur forcené ? Pervers impuissant, sadique et masochiste ? Contemplateur timide asexué ? Homosexuel, comme l'avancent certains historiens ? François Delpla s'en tient à une vision moins contrastée,

  • Le 24 mai 1940, le destin hésite. Vingt kilomètres restent à parcourir jusqu'à Dunkerque par quelques divisions blindées qui viennent d'en faire trois cents depuis Sedan, et l'Allemagne acquerra une position exceptionnelle pour dicter la paix. Hitler y met obstacle à la dernière seconde par un inflexible ordre d'arrêt. Pourquoi ? Jusqu'en 1990, les réponses sont floues et décevantes. Soit ce n'est pas vraiment Hitler qui a décidé, il a suivi une partie de ses subordonnés. Soit il a fait une espèce rare de complexe, croyant la victoire d'autant plus menacée qu'elle se précisait davantage. Soit il a voulu ménager les chances d'une paix avec l'Angleterre, en favorisant l'embarquement de ses troupes.

  • Paris, 7 juillet 1944. L'ex-ministre de l'Intérieur Georges Mandel est extrait de la prison de la Santé. Deux voitures prennent la direction du sud-est. En forêt de Fontainebleau, le chauffeur de la première simule une panne, les occupants sont invités à sortir et l'un d'eux en profite pour faucher Mandel d'une rafale de pistolet-mitrailleur, puis l'achève de deux balles dans le cou et la tête. Mais qui est l'assassin ? Le meurtre n'a jamais été revendiqué. Et les trois membres du groupe, lors de leur procès, désigneront un camarade absent... Quant à l'identité des commanditaires et à leurs mobiles, la lumière n'est toujours pas faite à ce jour.
    Mandel incarnait tout ce que Hitler détestait. Issu d'une famille alsacienne qui a choisi la France en 1871, il fut avec Clemenceau, dont il était le chef de cabinet, l'un des artisans de l'humiliation allemande en 1918. De surcroît, Mandel était juif. Plus tard, c'est encore lui qui s'est levé, en 1933, pour désigner l'hydre nazie aux parlementaires français. Jusqu'en 1939, il n'a cessé d'inciter les dirigeants de tous pays à la fermeté, s'attirant dans la presse allemande une réputation de « belliciste ». Autre suspect : le maréchal Pétain, qui l'a fait interner en 1940, puis l'a condamné sans jugement à la détention au fort du Portalet, où les Allemands sont venus le cueillir en novembre 1942 sans que le Maréchal esquisse un geste en sa faveur. Mais pourquoi tuer Mandel si tard ? Et pourquoi le livrer à la Milice ? De simples représailles après l'assassinat de Philippe Henriot, la « voix » de la collaboration sur Radio-Paris ? Pas si simple...

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