• "S'il est un nom fameux parmi ceux qui ont « fait » la CIA, c'est bien celui de James Angleton. Myope, courbé et toujours vêtu de noir, cet ancien étudiant en littérature est devenu pendant la Guerre froide une figure incontournable du renseignement américain. Incarnation de l'espion, qui inspira nombre de mythes romantiques, Angleton intégra l'OSS pendant la Seconde Guerre mondiale puis contribua à la victoire des chrétiens-démocrates aux élections de 1948 en Italie. Remarqué à Washington, il intégra la jeune CIA au Bureau des opérations spéciales, assura la liaison avec le renseignement israélien, avant de créer le Bureau du contre-espionnage de l'Agence. Il veilla pendant vingt ans à empêcher toute pénétration du KGB tout en devenant l'ami d'un agent double britannique, Kim Philby. Et c'est en 1962 qu'il eut à gérer la grande affaire de sa carrière : la défection de la « taupe » soviétique Anatoli Golitsine. Dix ans plus tard, sa chasse à l'ennemi l'amena aux frontières de la folie et provoqua son renvoi. Document indispensable sur la CIA et le monde du renseignement, cette première biographie en français dresse le portrait d'un homme complexe et ambigu et dévoile un pan méconnu de la Guerre froide. "

  • Administrations clandestines, organisations en marge de la loi ou violant les libertés individuelles, espionnage industriel, surveillance des communications, torture... sur chacun de ces sujets, les idées reçues qui emballent les imaginations promptes à toutes les suspicions et spéculations ne manquent pas ! Qu'il s'agisse de renseignement militaire ou civil, de la lutte contre le terrorisme ou la criminalité financière, des écoutes téléphoniques ou du fichage informatique, nous n'avons finalement qu'une vision très réductrice des services secrets, souvent faussée par les films, romans ou autres reportages à sensations.
    Dépassant les clichés de James Bond, Mata Hari ou autre Jack Bauer, l'auteur détaille ici ce que sont ces services de renseignement. S'appuyant autant sur des données historiques que sur les informations de l'actualité, il en décrit le rôle et leur évolution au cours de ces dernières décennies.

  • La politique arabe du second Empire au Machrek était avant tout le fruit des idées personnelles de Napoléon III, de l'histoire générale de la France dans cette région et, plus particulièrement, des orientations de politique étrangère de la France entre 1850 et 1870. L'action diplomatique française se fondait sur deux axes principaux. Le premier concernait le protectorat chrétien de la France et la reprise en main de la prépondérance de l'Empire sur les Lieux Saints et le second s'appuyait sur le canal de Suez, développant l'arme diplomatique de la France dans la mer rouge et le Golfe arabo-persique.

  • Qui était Schulmeister, l'espion de l'Empereur Napoléon ? Fut-il un James Bond avant l'heure ? Fort des avancées bibliographiques, qui ont permis d'exhumer des documents méconnus plutôt qu'inconnus, parfois inédits sur l'homme, l'objet de ce livre est de faire apparaitre Schulmeister comme un homme de réseau, l'organisateur, parmi d'autres, de l'espionnage de Napoléon en Allemagne. Du coup, la renommée dont il jouissait, tant dans le camp français que dans celui de l'ennemi, devenait l'illustration du danger qu'il représentait.

  • En octobre 1917, la révolte arabe était la grande affaire des services de renseignement britanniques. Mais elle était de la compétence de deux administrations différentes, lArab Office, au Caire, et le Political Department de lIndia Office, de Bombay, installé à Bagdad. Au lieu de monter une mission conjointe, chacun des services délégua auprès des chefs arabes un émissaire différent : Thomas Edward Lawrence pour lun et Harry St. John Bridger Philby pour lautre.
    Chacun fit un choix stratégique différent, lun se conformant aux ordres du chérif de La Mecque, lautre choisissant de favoriser le souverain wahhabite du Nedjd.
    Les deux hommes eurent loccasion de se lier damitiés dans les années 1920, et leurs choix initiaux, confrontés à la subtilité de la politique britannique, achevèrent de les décevoir. La mort faucha bientôt Lawrence, tandis que Philby démissionnait de ladministration britannique pour se mettre au service dAbd al-Azz l Sud, devenu maître de toute lArabie saoudite. Et le pétrole saoudien devint américain

  • Sous la Restauration, Charles-Louis Schulmeister fit tout pour apparaître comme un citoyen strasbourgeois ordinaire, comme un riche entrepreneur. Mais, pour tous, il restait auréolé de cette légende : Charles-Louis Schulmeiter avait été le maître espion de Napoléon dans le monde germanique. Surveillé par la police royale, menacé parles investigations austro-prussiennes, il prit d'abord à témoin l'opinion publique pour affirmer sa vérité. Apparaît ainsi un homme, dans toute sa complexité, bien éloigné de l'image qu'il s'était efforcé de constituer.

  • À l'origine, un Mémoire adressé au ministère de la Guerre en 1856, vibrant plaidoyer pour la création d'un service de renseignement efficace et centralisé. Son auteur, le capitaine Joseph Tanski, précurseur de l'espionnage à la française, appelait les responsables militaires à inventer de nouvelles méthodes pour regrouper et analyser l'information. 160 ans plus tard, la réforme de Nicolas Sarkozy permet enfin à la France de disposer d'une communauté du renseignement mieux adaptée aux menaces du XXIe siècle.
    Entre-temps, les atermoiements politiques, les rivalités entre services, les querelles entre le Quai d'Orsay et le ministère de la Guerre auront longtemps constitué un handicap pour l'efficacité du renseignement français.
    De la naissance des premières structures d'espionnage sous le Second Empire à la création de la DCRI en 2008, de la guerre de Crimée à l'ère post-guerre froide en passant par le 2e Bureau, le BCRA et la DGSE, Gérald Arboit signe la première étude de fond sur l'histoire de nos services secrets. S'appuyant sur de nombreuses archives déclassifiées et libérées des fantasmes, il montre qu'après s'être longtemps désintéressés du renseignement, les responsables militaires et politiques ont compris son importance dans leur rivalité avec l'Allemagne. Engagée dès les années 1900, la professionnalisation des espions et contre-espions permettra alors d'engranger des succès incomparables mais il faudra attendre la fin de la guerre froide pour que voient le jour des services secrets formés aux technologies nouvelles, au contre-terrorisme ou à l'intelligence économique.
    Un livre essentiel à la compréhension des rouages d'un instrument devenu un pilier de la souveraineté de la France.

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