• Gérard Haddad ingénieur agronome, psychiatre et psychanalyste, a notamment publié L'Enfant illégitime (Sources talmudiques de la psychanalyse), Manger le livre (Grasset 1984), Les Biblioclastes (Grasset 1990), et il est traducteur de E. Ben Yehouda et Y. Leibowitz.
    Ce texte est le récit, presque le roman, d'une expérience qui a transformé radicalement la vie de son auteur. En 1969, alors qu'il est ingénieur agronome, Gérard Haddad rencontre Jacques Lacan et commence avec lui une psychanalyse. Cette aventure va durer une dizaine d'années au cours desquelles se sera opérée une métamorphose. Ce livre raconte donc un parcours et les incroyables rebondissements qu'il suscite. C'est un témoignage exceptionnel et en direct sur la pratique de Lacan. Les séances quotidiennes, de quelques minutes seulement, où Gérard Haddad expose sa vie dans ses moindres détails, se transforment parfois en fulgurances qui bouleversent tout. On voit comment Lacan intervenait dans la cure, son engagement et le cycle de formation que suivaient ses élèves. Lacan, personnage si célèbre mais mal connu, à travers l'image brouillée qu'il aimait donner de lui-même, s'y révèle attentif, génial et généreux.
    Marxiste athée, l'auteur voit avec stupeur émerger, au cours de son analyse, la force du sentiment religieux qui l'habite. Ce retour a conduit Gérard Haddad à retrouver le judaïsme et à l'étudier en lecture croisée avec la psychanalyse. Ce judaïsme trouvera sa forme ultérieurement dans la rencontre du personnage prophétique de Yeshayahou Leibowitz. La fin de cette psychanalyse a coïncidé avec la fin de la vie de Lacan et les violentes querelles qui ont alors opposé ses élèves. Ce texte constitue un témoignage sur ces événements auxquels Gérard Haddad fut directement mêlé.

  • Et si le plus grand exemple de fraternité heureuse nous était donné par Ismaël et Isaac, ceux-là mêmes dont les descendants, pris dans le conflit israélo-palestinien, se déchirent aujourd'hui?
    Le nouveau livre du psychanalyste Gérard Haddad.

    La Bible regorge de fratricides. À telle enseigne que Gérard Haddad a pu qualifier, dans
    Le Complexe de Caïn, son précédent livre, la rivalité fraternelle de " péché originel de la société humaine ", au même titre que le complexe d'Œdipe.

    Mais le mal porte en lui son propre antidote. Cet antidote, c'est l'histoire d'Ismaël et Isaac, dont le père, Abraham, est à la fois considéré comme le père du peuple juif, un aïeul essentiel du christianisme et l'un des prophètes de l'islam. Tout est fait pour opposer les frères l'un à l'autre : Sarah, la mère d'Isaac, n'a-t-elle pas exclu de sa maison Agar, la jeune servante égyptienne avec laquelle son mari a eu Ismaël ? Pourtant, les deux frères vont réussir à coexister pacifiquement, sur le modèle du " bon voisinage ". C'est ainsi qu'ironiquement, le plus grand exemple de fraternité heureuse nous est donné par ceux-là mêmes dont les descendants, pris dans le conflit israélo-palestinien, se déchirent aujourd'hui.

    Restituer le lien fondamental qui unit les enfants d'Abraham, s'opposer à toute exclusion qui rejouerait l'exclusion inaugurale – celle de la prophétesse Agar – voici la condition symbolique au retour d'un dialogue. Pour ce faire, il est à ses yeux nécessaire d'abandonner l'expression " civilisation judéo-chrétienne ", laquelle exclut les musulmans d'une histoire occidentale qui leur doit beaucoup, pour qualifier notre civilisation de " gréco-abrahamique ".

    ********

    LA PRESSE EN PARLE​

    " Un livre de santé publique, théologique et politique, qui donne à penser et à espérer. Des réflexions claire, sages et généreuses. " Marc-Alain Ouaknin, émission Talmudiques,
    France Culture (diffusée le 28 octobre)

    " Des pages salutaires. " Frédérick Casadesus,
    Fréquence Protestante

    Un livre " contre les lectures binaires de la géopolitique " et pour " arrêter de réduire l'histoire des relations judéo-musulmanes aux 70 dernières années. "
    Akadem

    " Votre histoire explique ce livre. " sur
    TV5 Monde, Gérard Haddad, né en Tunisie, explique la fracture qui le fait souffrir, celle entre juifs et musulmans

    " Un livre précieux, à méditer, prêter, et prolonger en actes. " Blog
    L'intervalle​​

  • Comment comprendre que des individus se précipitent en masse pour en massacrer d'autres ? Du fanatisme, cette maladie de l'esprit qui traverse le temps, nous n'avons jusqu'à présent triomphé que par la violence, par la chirurgie, comme on extirpe une tumeur. Gérard Haddad propose au contraire d'analyser les multiples facteurs qui, aujourd'hui comme hier, encouragent le fanatisme. Il nous invite ainsi à une troublante plongée dans les arcanes psychiques de ceux qui s'y abîment : Comment devient-on fanatique ? À quelles sources psychologiques s'abreuve la jouissance de celui qui croit détenir, seul, la Vérité ? Que signifie le fantasme d'un retour aux origines, l'obsession du complot, la certitude, chevillée au corps, que l'instant décisif qui révélera le monde à lui-même est sur le point d'arriver ? Psychanalyste et fin connaisseur des trois grandes religions du Livre, Gérard Haddad propose une lecture intime, à la fois anthropologique et psychologique, d'une folie collective. Car c'est en connaissant mieux notre ennemi que nous pourrons lutter, pied à pied, contre lui.

  • Ce livre raconte l´histoire de quatre femmes qui, un jour, se sont adonnées sans limite à la boisson. A travers ces histoires s´est dégagée la cause de cette compulsion suicidaire : une femme qui boit est une femme blessée, profanée dans sa vocation à être mère. La maternité n´est pas seulement une fonction biologique. C´est aussi et surtout l´assomption à une place symbolique qui appelle à être reconnue par le partenaire. Que celui-ci se dérobe ou, pire encore, qu´il s´évertue à détruire ce désir, il peut briser l´âme d´une femme et lever en elle un insidieux désir de mort. La question de l´alcool est donc à articuler aux mécanismes symboliques qui règlent la reproduction de notre espèce, aux avatars de ces mécanismes. L´alcoolisme féminin n´est pas la réplique en miroir de celui des hommes, pas plus que l´OEdipe féminin n´est le décalque de l´Oedipe masculin. Cette asymétrie est examinée dans l´ouvrage. Enfin, l´histoire contemporaine, avec ses meurtres de masse, a révélé un aspect particulier du problème. L´observation clinique nous a confrontés à cette donnée : certains hommes dont l´histoire familiale a traversé un génocide semblent refuser la paternité et du même coup la maternité de leurs compagne. D´où le désespoir de celle-ci, ainsi qu´on le voit chez Kertesz, dans Kaddish pour un enfant qui ne naîtra pas.

  • Le présent livre donne la raison, jusqu'à présent occultée, du schisme de 1964 qui a irrémédiablement divisé le mouvement psychanalytique. La cause de cette rupture, Lacan la désigne du nom de " péché originel de la psychanalyse ", péché en ceci que " quelque chose dans Freud n'a jamais été analysé " : son rapport au judaïsme. Or, insiste Lacan, " remonter à cette origine est tout à fait essentiel si nous voulons mettre l'analyse sur ces pieds ".
    En reprenant tous les textes qu'il consacre à question juive, mais aussi en révélant des informations inédites sur le très secret commerce de Lacan avec la culture biblique, l'auteur dévoile, avec humour et conviction, l'ampleur de ce " péché originel " qui n'aurait rien de véniel. Il pose aussi cette question : dans sa propre confrontation au judaïsme, Lacan ne se serait-il pas à son tour fourvoyé, entraînant dans l'impasse ses disciples ?
    Gérard Haddad, psychanalyste, spécialiste de la culture juive (il est notamment le traducteur de Y. Leibowitz chez Desclée de Brouwer), est l'auteur de nombreux livres dont Le Jour où Lacan m'a adopté. Mon analyse avec Lacan (Grasset, 2002). " Je vous aime bien, lui disait Lacan, parce que vous êtes un des rares à piger ce que je raconte. " Grâce à lui, on pige beaucoup mieux en effet.

  • Qui peut croire que la lumière noire de l'astre éteint des camps d'extermination nazis a cessé de nous parvenir ?
    Cet ouvrage recense les structures nouvelles que les camps continuent d'imprimer dans nos vies en formations pathologiques, telles des bombes à retardement.
    Ainsi, à partir de sa pratique de la psychanalyse, Gérard Haddad a tenté de bâtir un nouveau pan de la clinique freudienne.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Brahim et Salah Abdeslam le 13 novembre 2015 à Paris, Abdelkader et Mohamed Merah en 2012 à Toulouse, Djokhar et Tamerlan Tsarnaev en 2013 à Boston. La liste pourrait être allongée à l'envi : les exemples de frères soudés par un projet d'attentat terroriste ne manquent pas. Des frères qui se vivent comme exclus de la société et se solidarisent dans le meurtre d'un frère imaginaire. Après chaque explosion de violence terroriste, des voix s'élèvent : le remède à la barbarie se trouverait dans le sentiment fraternel qui doit unir tous les hommes. Mais la fraternité est-elle vraiment la solution ? Travaillé par cette question brûlante, Gérard Haddad s'est replongé dans les textes fondateurs, bibliques et littéraires. Il y a vu l'évidence : bien plus que le complexe d'OEdipe, c'est le complexe de Caïn, cette rivalité fraternelle à l'origine des plus grandes tragédies, qui mène le monde. Poursuivant la réflexion entamée avec Dans la main droite de Dieu, Le Complexe de Caïn permet de mieux comprendre le phénomène à l'oeuvre dans la barbarie contemporaine.

  • Comment expliquer le phénomène du fanatisme?
    Psychanalyste et fin connaisseur des trois grandes religions du Livre, Gérard Haddad propose une lecture intime, à la fois anthropologique et psychologique, d'une folie collective.
    Edition revue et enrichie d'un livre fondamental, paru en 2015.

    La première édition de cet ouvrage fut conçue et écrite avant les sanglants attentats qui endeuillèrent la France en 2015, à la suite d'un long séjour en Tunisie au moment de la révolution dite du jasmin.

    Le projet était de réfléchir, sur un mode psychanalytique, à la question du fanatisme et à sa traduction fréquente en terrorisme.

    L'ouvrage donna lieu à de nombreuses conférences. De Bruxelles à Tunis, de Rome à La Rochelle, de Strasbourg à Marseille, Périgueux et Grenoble, sans oublier Paris, le public réagit toujours avec intérêt, posant des questions, approfondissant certaines thèses. De ces interactions est né cette nouvelle édition, enrichie de ces échanges.

    Les ajouts les plus importants concernent le rapport du fanatisme à la sexuation, la question de l'inconscient et du désir, celle de la dépression.

    Cette théorie du fanatisme constitue la théorie psychanalytique la plus complète de ce phénomène psychosociologique qui ne cesse de ravager l'histoire humaine. Maladie chronique, c'est-à-dire, selon les catégories médicales, incurable, on peut, par certains traitements, en calmer la virulence. Mais, telle la braise sous la cendre, lorsque les conditions s'y prêtent, lorsque le corps (social) s'affaiblit, elle retrouve sa fièvre et sa vigueur. Le combat contre ce mal ne saurait donc connaître de trêve. Mais il sera d'autant plus efficace que l'on appréhendera avec précision sa nature et sa structure. Telle est l'ambition de cet ouvrage.

  • Le mode de pensée talmudique ne peut tout de même pas nous avoir subitement quittés, écrivait Karl Abraham à Freud... La psychanalyse doit-elle quelque chose au judaïsme ? Si oui, quelle est l'importance de cette dette ? Cette question - que Freud se posait explicitement - se heurte, dans le monde analytique, au silence ou à des réponses de pacotille. Gérard Haddad s'est livré à un travail méticuleux et exhaustif qui lui permet d'éclairer de façon totalement nouvelle les grands fondements de la théorie freudienne. Il a isolé dans la lecture du Talmud les textes qui annoncent, parfois avec une précision étonnante, la théorie de l'interprétation des rêves, de l'association, du mot d'esprit, de la névrose, de la castration ou de la folie... Une étrange lecture croisée devient alors possible entre l'oeuvre de Freud et les vénérables folios, en même temps que s'esquisse une nouvelle perspective de la pensée freudienne, dialogue passionné, radicalement subversif et malgré tout admiratif, entre Freud et l'oeuvre méconnue de ses ancêtres.

  • Manger le livre

    Gérard Haddad

    • Grasset
    • 21 Mars 1984

    Dans son entreprise de fondation de la psychanalyse, Freud a voilé les liens qui l'unissaient à la religion juive. Pourtant certaines de ces intuitions ne sont compréhensibles qu'à la lumière des textes hébraïques. Tel est le point de départ de Gérard Haddad, qui l'entraînera au-delà de Freud à émettre une hypothèse très neuve, déchiffrée dans les rites alimentaires juifs : l'acte originel qui détermine l'intégration de l'individu dans le groupe est un acte de dévoration très particulier puisqu'il s'agit de manger des mots organisés en Livre.

    Manger le Livre, voilà l'acte fondamental.
    De surprenantes passerelles apparaissent entre l'Eucharistie et les mythes culinaires bororos, ou la dyslexie et les techniques publicitaires. Mais Gérard Haddad nous permet aussi de comprendre pourquoi et comment l'alcool souvent intervient dans la création littéraire. Ibsen, Lowry et tant d'autres nous révèlent le secret connu et masqué depuis qu'il y a des hommes : nous sommes tous des mangeurs de Livre.

  • Pourquoi Jésus changea-t-il le nom de l'apôtre Simon en celui de Pierre ? Pourquoi la fureur des ayatollahs contre un livre "satanique" ? Pourquoi Hitler inaugura-t-il son régime par un gigantesque bûcher de livres ? Pourquoi Sabbatai Tsevi entraîna-t-il la totalité des Juifs dans sa folie ? Ces questions ont-elles un dénominateur commun ?
    Ces énigmes partielles recouvrent une énigme fondamentale, celle du rapport de l'homme à la destruction des livres - c'est-à-dire à l'autodafé et à la "biblioclastie". L'éclairer permet de mieux comprendre les maladies politiques qui frappent ce siècle : totalitarisme, intégrisme, et, peut-être, de mieux s'en protéger. Cinquante ans après la mort de Freud, un psychanalyste s'attelle à ces questions avec ce résultat inattendu : une mise à jour freudienne du freudisme et du concept central de l'oedipe, trop vite rangé parmi les idées surannées.

  • Il est donné à certains lieux de révéler l'homme à lui-même. L'Italie est ce lieu au sein de l'Europe où, depuis la Renaissance, tout "honnête homme" a accompli son voyage.
    Freud n'échappera pas à ce tropisme italien. "Ce qu'il me faut, c'est l'Italie", dira-t-il à chaque étape importante de sa vie. De Venise à Florence, Naples et Rome, le pays de la beauté et de la culture se dévoilera à lui en même temps qu'il découvrira l'inconscient ; le paysage italien, tout en lui offrant l'alphabet de sa théorie, deviendra le lieu privilégié de sa transmission. Mais les énigmatiques pèlerinages freudiens auront une autre incidence : celle d'ouvrir l'expérience analytique à la dimension de l'altérité et du manque à travers la découverte de l'Art, grand signifiant absent de la tradition, juive dont Freud est issu.
    Ce poids symbolique de l'Italie sur la personnalité et la pensée de Freud, Gérard Haddad, médecin et psychanalyste, et sa femme Antonietta, italianisante, l'ont déchiffré au prix d'une enquête minutieuse. Resituant ainsi la naissance de la psychanalyse au coeur de l'Europe, ils rappellent qu'elle est l'héritière de la civilisation latine et humaniste, héritage qu'elle se doit aujourd'hui d'assumer.

empty