Payot & Rivages (réédition numérique FeniXX)

  • Pour qui écrit l'histoire du socialisme de 1920 à 1924, deux choses sont possibles. Ou bien englober la variété communiste, ou bien se limiter à la variété qu'on a tendance aujourd'hui à appeler social-démocrate. Dans cet ouvrage, l'auteur a résolument choisi la seconde solution. D'abord parce que le Congrès de Tours avait affirmé une volonté de rupture qui aboutissait à toute une série d'innovations. Ensuite parce que la matière qu'il avait pu recueillir sur la vie de la SFIO, contrainte à combattre sur plusieurs fronts, était suffisamment abondante. On verra donc ici comment les socialistes ont reconstruit un Parti rapidement plus fort que le Parti communiste. Comment ensuite, pendant dix ans, ils ont hésité sur la route à suivre. Comment enfin ils ont eu la charge redoutable de conduire l'expérience du Front Populaire. Ces années sont dominées par la figure de Léon Blum.

  • Qui pourrait douter que le développement du mouvement socialiste soit devenu l'un des faits majeurs du vingtième siècle finissant. Mais ce mouvement a des racines profondes dans l'autre siècle et particulièrement en France. Sans prétendre les rechercher toutes, l'auteur les a analysées dans le cadre historique que fournissait une Troisième République qui, après les balbutiements initiaux, s'adressait de plus en plus à la démocratie. Ce temps - jusqu'en 1919 - est celui de la recherche et de la réalisation de l'unité. Une seule classe, un seul parti, c'est vite dit. L'unité n'a pas été spontanée, on est parti d'une floraison de mouvements dont chacun avait son originalité, ses forces, ses faiblesses. Facilitée par les unes, contrariée par les autres, tantôt portée par l'événement, tantôt retardée par lui, elle se réalise cependant sous l'égide des trois grands « ancêtres » : Guesde, Vaillant, Jaurès, et tant bien que mal elle traverse la guerre.

  • Dans la vie politique de la France, le Front Populaire n'occupe qu'un court laps de temps. Il ne prend pas conscience de lui-même avant la manifestation du 14 juillet 1935. Victorieux aux élections d'avril-mai 1936, il est, dès janvier 1937, frappé à mort. Malgré cette brièveté, il a puissamment marqué l'imagination de ceux qui l'ont vécu, d'un côté ou de l'autre. Pour les uns il est évoqué avec une terreur rétrospective ; pour les autres, au contraire, il est le symbole de ce qu'il faut recréer, si possible en l'améliorant. Prises de position trop passionnées, de part et d'autre, pour que le mythe ne masque pas souvent une partie de la réalité. Georges Lefranc, qui fut témoin et acteur engagé dans ces événements, a tenté de tirer une synthèse de tous les documents et témoignages, souvent inédits, dont il disposait. Avec un recul de trente ans, il offre ainsi à ses lecteurs l'étude la plus complète et la plus objective d'une période importante de notre histoire contemporaine.

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