Langue française

  • Après avoir traité dans un précédent volume du « Mouvement syndical sous la IIIe République », Georges Lefranc étudie dans ce nouvel ouvrage le syndicalisme français sous la IVe et la Ve République, jusqu'aux événements de mai-juin 1968. Parce qu'elle a été, dans le passé, la terre de plusieurs révolutions, et parce qu'elle conserve de l'action politique une notion quelque peu romantique, la France a tendance à ne connaître dans le syndicalisme que les grandes heures où passe un souffle puissant. Avant-hier 1906 ou 1920. Hier 1936. Aujourd'hui 1968. Certes le syndicalisme n'a pas à renier ces mouvements qu'il a voulus ou acceptés. Mais ce n'est qu'un aspect de son action. Autant que les jours de cortèges imposants ou de grèves généralisées, il faut connaître les années obscures, l'opposition des conceptions et des mentalités, l'éternelle renaissance des luttes, le surgissement perpétuel de problèmes nouveaux, les obstacles qui ne sont pas toujours patronaux ou gouvernementaux, mais qui parfois viennent des travailleurs eux-mêmes. Telle est la perspective de Georges Lefranc lorsqu'il retrace ces 25 années de vie syndicale. S'il utilise une vaste documentation, officielle ou inédite, il part aussi de la réalité, telle qu'il l'a vécue, aux divers postes d'observation où il s'est trouvé placé. Il apporte également une analyse approfondie des événements, qui permettra au lecteur de mieux comprendre l'histoire quotidienne dans laquelle il se trouve plongé.

  • Pour qui écrit l'histoire du socialisme de 1920 à 1924, deux choses sont possibles. Ou bien englober la variété communiste, ou bien se limiter à la variété qu'on a tendance aujourd'hui à appeler social-démocrate. Dans cet ouvrage, l'auteur a résolument choisi la seconde solution. D'abord parce que le Congrès de Tours avait affirmé une volonté de rupture qui aboutissait à toute une série d'innovations. Ensuite parce que la matière qu'il avait pu recueillir sur la vie de la SFIO, contrainte à combattre sur plusieurs fronts, était suffisamment abondante. On verra donc ici comment les socialistes ont reconstruit un Parti rapidement plus fort que le Parti communiste. Comment ensuite, pendant dix ans, ils ont hésité sur la route à suivre. Comment enfin ils ont eu la charge redoutable de conduire l'expérience du Front Populaire. Ces années sont dominées par la figure de Léon Blum.

  • Qui pourrait douter que le développement du mouvement socialiste soit devenu l'un des faits majeurs du vingtième siècle finissant. Mais ce mouvement a des racines profondes dans l'autre siècle et particulièrement en France. Sans prétendre les rechercher toutes, l'auteur les a analysées dans le cadre historique que fournissait une Troisième République qui, après les balbutiements initiaux, s'adressait de plus en plus à la démocratie. Ce temps - jusqu'en 1919 - est celui de la recherche et de la réalisation de l'unité. Une seule classe, un seul parti, c'est vite dit. L'unité n'a pas été spontanée, on est parti d'une floraison de mouvements dont chacun avait son originalité, ses forces, ses faiblesses. Facilitée par les unes, contrariée par les autres, tantôt portée par l'événement, tantôt retardée par lui, elle se réalise cependant sous l'égide des trois grands « ancêtres » : Guesde, Vaillant, Jaurès, et tant bien que mal elle traverse la guerre.

  • Parce que, conformément au vers de l'Internationale, ils estiment que « le monde doit changer de base », les socialistes se sont présentés souvent, dans le passé, et se présentent encore, dans le présent, comme révolutionnaires. Mais ils n'ont pas tous, à l'égard des réformes, la même attitude. Georges Lefranc retrace ici les fondamentaux du socialisme puis, passant en revue l'histoire récente, dresse le bilan d'un demi-siècle de socialisme réformiste.

  • Dans la vie politique de la France, le Front Populaire n'occupe qu'un court laps de temps. Il ne prend pas conscience de lui-même avant la manifestation du 14 juillet 1935. Victorieux aux élections d'avril-mai 1936, il est, dès janvier 1937, frappé à mort. Malgré cette brièveté, il a puissamment marqué l'imagination de ceux qui l'ont vécu, d'un côté ou de l'autre. Pour les uns il est évoqué avec une terreur rétrospective ; pour les autres, au contraire, il est le symbole de ce qu'il faut recréer, si possible en l'améliorant. Prises de position trop passionnées, de part et d'autre, pour que le mythe ne masque pas souvent une partie de la réalité. Georges Lefranc, qui fut témoin et acteur engagé dans ces événements, a tenté de tirer une synthèse de tous les documents et témoignages, souvent inédits, dont il disposait. Avec un recul de trente ans, il offre ainsi à ses lecteurs l'étude la plus complète et la plus objective d'une période importante de notre histoire contemporaine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Il existe, sur les grèves, une abondante bibliothèque. Pourquoi avoir éprouvé le besoin d'ajouter un titre à tant d'ouvrages souvent estimables ? Pour deux raisons principales. D'abord parce que la plupart de ces études sont dues à des juristes et à des sociologues ; il n'est pas certain que le point de vue juridique et le point de vue sociologique soient les meilleurs pour rendre compte de la complexité des faits. Ensuite parce que ces analyses ont touché le public des étudiants plus que celui des militants ouvriers. Or ceux-ci sont en mesure de comprendre la gravité des problèmes posés par leur action, à partir du moment où on leur parle leur langage et où on est animé des mêmes préoccupations qu'eux. L'étude comporte trois parties. Dans la première, consacrée aux grèves d'hier, on voit les grèves grandir en importance et en étendue, jusqu'à devenir, pour certains syndicalistes, l'arme suprême. Les grèves d'aujourd'hui sont encore susceptibles de prendre l'aspect de vastes batailles rangées. Mais les mouvements se diversifient ; des formes mineures apparaissent et la grève cesse d'être l'arme spécifique du mouvement ouvrier. Dans les deux cas, une large place est réservée aux grèves qui se sont déroulées à l'étranger et qui sont souvent mal connues des Français. Dans la troisième partie, l'auteur dresse l'inventaire des problèmes que pose la grève à la classe ouvrière, au mouvement syndical, aux industriels, aux pouvoirs publics. Quelques documents caractéristiques complètent l'ouvrage.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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