Tempus Perrin

  • Le Gotha raconté par un homme d'esprit et un grand écrivain d'histoire: Une histoire dynastique de l'Europe. L'Almanach de Gotha, appelé simplement le Gotha, fut, entre 1763 et 1944, le guide de référence de la haute noblesse et des familles royales européennes. A partir de cette nomenclature, Ghislain de Diesbach brosse avec verve et finesse l'histoire de dix-sept maisons royales, princières ou ducales, qui ont régné sur une vingtaine de pays européens. En biographe accompli, il privilégie les portraits, raconte les secrets, rivalités, grandeurs et petitesses des souverains et des familles illustres ou oubliées qui ont fait l'Europe. L'humour, omniprésent, se conjugue avec la richesse des informations et la saveur des anecdotes pour offrir une histoire dynastique du Vieux Continent.

  • La vie d'un prêtre, figure du milieu littéraire de la IIIe République ayant su allier un authentique apostolat à son amour pour l'art et les oeuvres de l'esprit. L'abbé Mugnier (1853-1944) a hanté sa vie durant le faubourg de Saint-Germain, pénétrant là où Proust rêvait d'être reçu, directeur de conscience des grands de ce monde, ami intime d'écrivains, d'artistes, de poètes, qui se confiaient d'autant plus volontiers à lui qu'il comprenait tout, excusait tout et pardonnait tout. Il a laissé un Journal vite devenu célèbre dans lequel il tient la chronique d'un monde aujourd'hui disparu. Cette première biographie, parsemée de nombreux portraits de personnalités littéraires et artistiques, raconte sa double ascension vers l'Olympe aristocratique et le Parnasse des lettres, animé qu'il fut jusqu'à la fin par cet enthousiasme en lequel il voyait le plus beau don de Dieu. Ghislain de Diesbach est l'auteur de nombreuses biographies à succès dont Chateaubriand, Ferdinand de Lesseps, Madame de Staël, et, bien sûr, Proust.

  • Le père du libéralisme français.Précurseur de Guizot en politique et de Chateaubriand en matière religieuse, inspirateur de certaines des plus fameuses doctrines économiques du XIXe siècle, considéré comme le père du libéralisme français, ce Genevois amoureux de la France apparaît, au crépuscule d'une société et d'une époque, comme un homme des temps nouveaux s'efforçant, au début de la Révolution, de défendre l'Ancien Régime contre les privilèges, les jacobins et Louis XVI lui-même.
    L'auteur trace ici un portrait de Necker plus plaisant que celui de l'histoire officielle et montre, sous l'étoffe un peu rêche du financier habile, de l'écrivain moralisateur, le ministre éclairé, l'homme d'esprit, mais aussi le père étonné et ravi de Mme de Staël. Une biographie magistrale portée de bout en bout par une plume inspirée.

  • Fille unique du célèbre Necker, Germaine de Staël, née en 1766, est élevée dans le respect des principes de l'Emile de Jean-Jacques Rousseau dont elle défendra fidèlement la mémoire. Elle côtoie très jeune, dans le salon de sa mère, les hommes les plus illustres de son temps auprès desquels elle développera une intelligence exceptionnelle : Marmontel, d'Alembert, Diderot, Grimm, Buffon. En 1786, elle épouse le baron de Staël-Holstein, ambassadeur de Suède à Paris et protestant comme elle. Elle en aura trois enfants mais s'en séparera en 1796. Lorsque éclate la Révolution, et alors que son père se réfugie dans son château de Coppet en Suisse, Mme de Staël défend dans son salon parisien les idées libérales, prenant le parti des monarchiens ou constitutionnels. Lors de la chute de la royauté, elle s'installe à Coppet. De 1794 à 1808, sa liaison orageuse avec Benjamin Constant, chef de file des libéraux, la fait entrer dans l'histoire, tout comme sa farouche opposition à Napoléon dont elle a tenté d'être un moment l'égérie. Mais l'Empereur ne pouvait avoir que de la répugnance pour une femme s'occupant de politique, qui plus est s'étant rangée dans le camp des idéologues. Sommée par lui dès le début de l'Empire de « résider au moins à quarante lieues de Paris », elle se fixe à Coppet tout en entreprenant de nombreux voyages en Italie, qui lui inspirera Corinne, ou en Allemagne, d'où elle rapportera De l'Allemagne. Les allusions dont fourmille le livre déplaisent à Napoléon qui fait piloner l'ouvrage et lui intime l'ordre de ne plus quitter la Suisse. Passant outre, elle parcourt l'Europe en tout sens et, partout, travaille à la coalition contre l'Empire. Son livre le plus célèbre, Considérations sur les principaux événements de la Révolution française, sera publié à titre posthume. Avec la sûreté de jugement et l'érudition qu'on lui connaît, l'auteur trace le portrait exhaustif d'une femme à la sensibilité rare, passionnée, ombrageuse, exigeante et tourmentée, disant d'elle-même : « Je suis une personne avec laquelle et sans laquelle on ne peut vivre. » Mme de Staël incarne avec Chateaubriand l'un des deux tempéraments d'écrivains les plus personnels du siècle. Digne héritière du siècle des Lumières, elle fut la première à donner au mot romantisme sa signification nouvelle. Par la hardiesse de sa pensée, par son esprit d'indépendance, Mme de Staël, à deux siècles de distance, semble étonnamment moderne, et son génie singulier plus brillant encore qu'il ne paraissait à ses contemporains.

  • La vie de Chateaubriand (1768-1848) justifie le mot de Lamennais : "Il est à lui seul toute une comédie." Et celui de Lamartine : "C'était un génie, mais c'était aussi un rôle plus qu'un homme. Il lui fallait plusieurs costumes devant la postérité." Ecrivain, voyageur, opposant de marque, ambassadeur, ministre, polémiste, oracle, amant ou idole des femmes en vue, pilier de la foi, il a constamment occupé la scène. Romancier inégal, historien novateur, pamphlétaire étincelant, il déploiera tout son génie dans l'art de conter sa vie pour la rendre conforme à l'idée qu'il s'en était faite. "Bourbonien par honneur, dit-il de lui-même, monarchiste de raison, républicain par goût et par caractère", traditionnaliste et moderniste, conservateur et libéral, il incarne et annonce tous les courants qui auront agité et façonné la société du XIXe siècle. Cette existence multiple, cet "enchanteur" pétri de contradictions, Ghislain de Diesbach les raconte et les dissèque en écrivain de race, avec l'élégance de style et l'esprit savoureux qui imprègnent ses biographies, en historien rigoureux, en scrutateur subtil et incisif des grandeurs et des faiblesses de son héros. De son enfance à Combourg à sa mort rue du Bac, à travers ses pérégrinations, ses écrits, ses états d'âme, ses actes et ses postures, Ghislain de Diesbach met à nu l'homme et l'écrivain. Il le dépeint farouchement indépendant, admettant mal d'obéir à un souverain à moins d'être son mentor, assoiffé de reconnaissance et d'applaudissements, bardé d'orgueil et de susceptibilité, toujours à court d'argent, croyant une grande carrière politique indispensable à la consécration de son talent, "se créant des obstacles, disait Mme de Boigne, pour avoir l'amusement de les franchir", aimé des femmes plus qu'il ne les aimait, inventeur d'un "mal du siècle" qu'il ne ressentait pas, obligé par le succès du Génie du Cristianisme d'assumer une foi qui n'était guère ardente. Bien qu'il soit célébré dès le début du siècle comme le premier écrivain de son temps, bien qu'il ait obtenu ministère, ambassade et pairie, son appétit de gloire ne sera jamais assouvi. Il augmentera avec l'âge, au point de fournir à Talleyrand l'un de ses plus jolis traits : "Chateaubriand se croit sourd depuis qu'il n'entend plus parler de sa gloire." Pour son biographe, Chateaubriand eût été plus admirable encore s'il avait écouté Louis XVIII : "Qu'il est grand quand il ne se met pas devant lui." Ghislain de Diesbach, salué comme un des meilleurs biographes actuels, est l'auteur chez Perrin de L'Histoire de l'émigration, Madame de Staël, Necker, La princesse Bibesco, La Double Vie de la duchesse Colona, Un esthète aux enfers : Philippe Jullian et L'Abbé Mugnier. Son Proust a obtenu le Grand Prix de la biographie de l'Académie française.

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