Littérature générale

  • Monsieur de Diesbach nous montre ces princes, ces grandes duchesses, livrés à leurs instincts, raffinés et pervers. Toute une galerie de personnages étonnants passe sous notre regard. Chaque fois, Monsieur de Diesbach nous captive par un don d'évocation souligné d'une ironie sans méchanceté ; chaque fois, il nous laisse en suspens sur une moralité secrète. On le lit avec une satisfaction sans cesse renouvelée... Monsieur de Diesbach est tout à la fois un conteur classique français et un fabulateur à la manière d'Hoffmann.

  • Que les gens sont mal élevés ! Un rappel de savoir-vivre.
    Il faut considérer aujourd'hui le savoir-vivre comme un chef d'oeuvre en péril, car la politesse est mal vue aujourd'hui, voire condamnée au nom d'une certaine morale, issue de mai 1968. Ne dit-on pas d'ailleurs " Trop poli pour être honnête " ? Depuis le fameux slogan " Il est interdit d'interdire ", la politesse est considérée non seulement comme surannée, mais immorale en ce sens qu'elle est faite d'interdictions destinées à discipliner chez l'homme sa sauvagerie primitive. Elle apparaît non seulement comme un effet de l'éducation, mais aussi de l'intelligence et du raisonnement, en vertu de ce principe évangélique : " Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu'on te fasse à toi. " C'est d'ailleurs un conseil de prudence et le fondement de toute morale, païenne ou chrétienne. Et c'est également, si l'on peut dire, un bon placement, ainsi que l'écrivait Mme de Saint-Lambert, amie des philosophes : " Il faut se sacrifier au bonheur des autres pour que les autres se sacrifient à nous. Tout est fondé sur une réciprocité. On fait un prêt, dont on perçoit les intérêts. C'est la banque du bonheur, mais il y de a l'agiotage ! " Dès que cèdent les barrières patiemment édifiées au cours des siècles, déferle une barbarie à laquelle on veut chercher d'autres causes. Lorsque des Anglais, dits " les monstres de Chester ", avaient filmé les tortures infligées jusqu'à ce que mort s'ensuive à des adolescents, bien des gens s'étaient indignés d'une telle sauvagerie, et Philippe Jullian, au lieu de se joindre au choeur des lamentations, s'était contenté d'observer : " Ce ne sont pas des monstres, ce sont seulement des gens qui n'ont pas été élevés, on ne leur a jamais dit que cela ne se faisait pas... " C'est le même qui devait d'ailleurs observer un autre jour : " Tous les gens sont mal élevés, mais les gens du monde, au moins, savent qu'ils le sont... "

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • Philippe Jullian, 1909-1977, observateur caustique de la vie provinciale, a donné son chef-d'oeuvre avec $$Café-society$$, peinture acerbe d'une coterie internationale. A partir de 1962, il commença une carrière d'historien avec une série de biographies.

  • Des situations paradoxales et des caractères bizarres, marqués souvent par la folie : une atmophère irréelle, en dépit du réalisme, parfois brutal, des événements ; des passions inassouvies menant à des crimes, ou encore la frivolité comme solution de bien des embarras, tels sont les moyens employés par Ghislain de Diesbach pour peindre, en dix nouvelles, en Europe aujourd'hui disparue. Entre 1795 et 1945, le lecteur effectue, dans le temps et dans divers pays, un voyage qui commence en France, où un jeune aristocrate ouvre, en pleine Terreur, une école de mauvaises manières pour permettre à ses semblables de s'adapter au nouveau régime. L'élégance et la rigueur du style, inspiré de celui de Candide, font oublier l'amoralité des égarements du coeur et de l'esprit qui imprégnent ces nouvelles. Original, jusque dans ses parodies et ses complicités, Ghislain de Diesbach a en effet l'art de donner, par l'humour, par l'ingéniosité des formules et la perfidie du trait, un ton délicat au scabreux, une grâce au cynisme, et de se moquer avec esprit de ce qu'il aime.

  • Le monde dans lequel mes parents s'avisèrent de me mettre, le 6 août 1931, n'était plus celui des années folles, déjà dépassées, ni celui de la crise de Wall Street - nous étions déjà ruinés depuis longtemps -, mais un monde révolu depuis la chute de l'Empire, le second, bien sûr ! Ses dernières images, affaiblies, presque effacées, furent les premières que je feuilletai en apprenant à lire dans Le Magasin pittoresque ou Le journal d'éducation et de récréation de M. Hetzel. Les fées qui se penchèrent sur mon berceau avaient été jeunes et belles sous l'Empire ; c'est dire assez qu'elles ne l'étaient plus. Leur grand âge donnait à leurs souvenirs le charme qu'elles avaient perdu. L'une avait fait le tour du monde, peu d'années avant Phileas Fogg, l'autre avait voyagé en Orient et connu mille aventures à une époque où les dames, même un peu dévergondées, restaient chez elles. À côté de ces fées, il y avait des magiciens qui racontaient leur jeunesse au Canada, vers 1880, ou leur découverte d'Angkor, au début du siècle. Lorsque toutes ces personnes étaient lasses d'égrener leurs souvenirs, elles se débarrassaient de moi en me donnant des livres de Jules Verne, où je retrouvais l'atmosphère de leurs récits. En dépit de mon admiration pour cet auteur de génie, dont l'oeuvre m'apparaissait un peu comme une immense encyclopédie, mes études furent loin d'être aussi brillantes que mes parents - dans leur naïve ambition - le souhaitaient. Je décidai de faire mon droit où j'espérais trouver des loisirs. Des loisirs à la littérature, il n'y a qu'un pas, franchi avec allégresse et qui, à travers l'Histoire ou la fantaisie, m'a ramené à l'enchanteur de mon enfance, à ce Jules Verne plus actuel que jamais, mais en qui j'ai préféré voir un poète du XIXe siècle plutôt qu'un visionnaire dont les anticipations ne laissent plus de place au rêve maintenant qu'elles sont devenues une réalité. C'est ce que j'ai essayé de montrer dans ce Tour de Jules Verne.

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