• Ce volume rassemble deux recueils de Guillevic publiés par Pierre Seghers au début des années 1950 : Envie de vivre (1951) et Terre à bonheur (1952).
    De l'aveu même du poète, les textes qui composent cet ouvrage furent écrits " dans une période de créativité difficile ", dominée par le contexte très particulier de la guerre froide. Un demi-siècle plus tard, l'erreur serait de croire que ces poèmes empreints de militantisme n'ont plus rien à nous dire. Devant la menace d'un conflit planétaire, face au pessimisme de l'époque, Guillevic rappelle avec force, lyrisme et conviction, que la terre est faite pour que les hommes y vivent heureux ; qu'elle est faite pour le bonheur.
    Cette réédition inclut des manuscrits autographes inédits, inventoriés et mis au jour pour la première fois. Brouillons et variantes, ratures et biffures font entrer le lecteur dans l'atelier où l'oeuvre s'est élaborée, témoignant du travail par lequel l'artisan du langage donne corps à la poésie qui le traverse.

  • Une brouette s'ébrouait Criait dans les virages : C'est bien moi Qui peux me plaindre D'avoir été roulée.
    Guillevic Des fables qui n'imposent pas aux enfants la morale des adultes. Une postface récréative pour goûter les mots de Guillevic. Une collection pour vivre à l'école de la poésie. À partir de 8 ans.

  • Ce recueil regroupe en particulier des publications antérieures, soit à tirages restreints, soit en plaquettes, éditées entre 1986 et 1995. Il contient : La plaine - Elle - Lyriques - Le matin - De l'oiseau - Le soir - L'innocent - Hôtes de la lumière - Du silence.
    Évoquant son recueil, Guillevic disait simplement que ce qui s'exprime là, "c'est ce que vit un vieux poète toujours en révolte contre les à quoi bon". Et les notations abondent qui affirment que "l'âge n'a rien changé", "que le pacte est toujours pareil" et qu'il est "un centre amant de sa propre lumière".
    La voix de Guillevic s'entend ici avec cette scansion, cette 'frappe' singulière et inimitable qui est sa marque, mais aussi avec des jeux d'échos qui offrent à une expression toujours lapidaire d'infinies résonances.

  • Si peu de mots pour un poème. Si peu pour dire pleinement le refus ou l'accord, l'évidence ou le secret. Guillevic sait capter et transmettre. Tout signe venu des êtres et des choses, il en fait un éclair, une force d'éveil de la réalité. Pour lui, les mots sont les messagers lapidaires du monde. Ils surgissent du souffle des pierres, du frémissement des arbres, de l'effroi des bêtes abandonnées et du combat incessant des hommes. Guillevic sait d'un seul mot accueillir le poème. Il est du côté des bourgeons qui rêvent aux fleurs sans trop s'émouvoir des fruits.
    Ici le poète questionne et se divertit, vagabonde et joue des tours. Il ne confie pas de recettes d'écriture et ses rares conseils sont d'amicales chausse-trapes : Regarde au verso des mots,/Démêle cet écheveau...
    Dans toute son oeuvre, Guillevic a observé l'instant de l'émergence, le moment où la parole se donne. Ce qui fait surgir le poème, il l'a transcrit, signalé et maintenu explicitement dans l'alliage constitutif du chant. Par là, tous ses recueils apparaissent comme un immense art poétique célébrant la présence au monde et la joie de créer : son art d'écrire est un art de vivre, et réciproquement.

  • "C'est bien un homme qui, à travers l'objet, parle ici à d'autres hommes et, bien sûr, puisqu'il s'agit d'un poète, c'est par le langage, dans le langage, qu'il se parle et nous parle ; mais enfin il parle, et le langage, auquel un rôle privilégié n'en est pas moins attribué, n'est pas seul, cela, je ne crois pas que Guillevic l'ait jamais cru, à parler. Loin d'exiler le texte indéchiffrable du monde et, sans communication avec lui, de se renclore en eux-mêmes, ces mots, ce langage s'en prennent au monde, ils l'interrogent, ils le somment ; interrogation, constat, ou amorce déjà d'une réponse, ils sont à la fois instrument de connaissance et exorcisme, savoir, élucidation, presque toucher, armes patientes du courage :

    Les mots,
    C'est pour savoir.
    Quand tu regardes l'arbre et dis le mot : tissu,
    Tu crois savoir et toucher même
    Ce qui s'y fait (...)
    Et la peur
    Est presque partie.
    (Exécutoire)

    Tel est bien, pour Guillevic, l'art poétique essentiel. Tel est l'acte poétique lui-même. Les mots sont savoir ; par là-même, ils sont aussi assurance, protection ; et l'homme sans eux nu, livré, exposé : aux choses, aux monstres, aux forces mauvaises, en lui et hors de lui, à la double et constante menace de l'en dehors et de l'intériorité."
    Jacques Borel.

  • 'Le chant de Carnac, dont la publication en 1961 a marqué une résurgence dans l'oeuvre de Guillevic, ne demeure pas comme un menhir isolé : d'autres poèmes l'ont accompagné, certains enfin, par la voie tracée à travers le langage, lui succèdent. De cet
    ensemble harmonique Guillevic a composé Sphère qui est la terre, le monde (celui de la lumière, de la nuit en dehors, comme celui de notre lumière, de notre nuit intérieure), qui est aussi l'univers clos du poème.
    La poésie n'est ici ni désespoir, ni magie, mais la preuve de la puissance et de la sérénité reconquise d'un homme, à travers les mots qu'il a fait siens jusqu'à sa parfaite et
    mystérieuse ressemblance.'
    Georges-Emmanuel Clancier (Bulletin Gallimard n° 180, mai 1963).

    'Les lecteurs de Guillevic qui, dès la publication de Terraqué en 1942, avaient eu le sentiment de découvrir une oeuvre profondément originale, ont pu s'étonner d'un silence de près de dix ans depuis Terre à bonheur, rompu seulement par les Trente et un sonnets (1954).
    Guillevic cependant ne cessait d'écrire. Carnac a ainsi été composé au terme d'une longue réflexion appliquée à l'art de poésie.
    Carnac n'est pas un recueil de poèmes. C'est un seul poème longuement poursuivi.
    L'art si singulier que l'on avait aimé dans Terraqué, dans Exécutoire, se retrouve ici plus dépouillé encore, plus libre de lui-même. Sa patience l'a fait capable de nous rendre présentes les plus obscures intimations d'une imagination de la matière dont Bachelard disait déjà, dans son livre sur La Terre et les rêveries de la volonté, qu'elles permettent au poète de "souffler un peu le mot de l'énigme dans une demi-confidence".'
    Jean Lescure (Bulletin Gallimard n° 158, mars 1961).

  • Du domaine

    [...]
    Dans le domaine
    Que je régis,

    Le cadastre
    Est oublié.

    o

    Le dehors
    Doit exister.

    o

    Dans le domaine,
    Les buissons
    Ne se plaignent pas.

    o

    L'oiseau
    Traverse.

    Reste l'oiseau
    Qui s'est trouvé
    Indispensable.

    [...]

  • Étier
    Ce recueil se compose de huit groupes de poèmes : Relevés est une contemplation de la mer et de ses environs qui fait penser à Carnac. Réseau, qui contient un beau poème sur Jean Follain, Élégies et Paliers sont des groupes plus narratifs où le poète s'abandonne à des émotions humaines aussi profondes que pudiques. Exercices et Ronces sacrifient à l'introspection, au regard critique, à toutes les interrogations, même psychanalytiques. Dans Analyses, le poète regarde, avec ce mélange de fraternité et de méfiance dominée qui lui sont propres, l'hiver, la lumière, la prairie, l'été. L'Herbier conclut cette série de poèmes dont l'ensemble compose un recueil équilibré, qui ne rompt jamais la musique secrète de Guillevic.

    Autres
    Le poète a rassemblé ici les poèmes de dix ans, de 1969 à 1979. Ils se groupent en quatre recueils : Contes et nouvelles sont trente-deux histoires brèves transformées en poèmes, évoquant presque toujours un univers d'enfance, candide et lucide à la fois. Bergeries comprend une cinquantaine de sizains de six pieds, tous bâtis sur la même ossature, mais chaque fois nouveaux par la forme subtile d'aveu ou par la discrétion du chant d'amour, ou encore par l'intrusion de l'humour dans la passion. Dialogues se compose de quatrains renfermant chacun quatre répliques d'un dialogue elliptique. Le Dit du pérégrin comporte une cinquantaine de poèmes sur le pèlerinage, le passage qu'est la vie.

  • Ouvrir vient boucler la trilogie posthume du poète, après Relier (2007) et Accorder (2013). Il réunit une centaine de textes en prose et en vers, écrits entre 1929 et 1996, et publiés dans des opuscules à tirages limités, tantôt livres d'artistes, tantôt textes de commande, autant dire quasi inédits. On y découvre un Guillevic tout neuf, fier et heureux d'exposer ses choix poétiques et artisanaux ; un Guillevic auteur de chansons avec Les chansons d'Antonin Blond et celles de Clarisse qui célèbrent Elsa Triolet et l'amitié qui les liait. L'ouvrage s'achève sur une Ultime lettre à un jeune poète qui est en quelque sorte le testament poétique d'Eugène Guillevic.Un important dossier final étudie les rapports de Guillevic avec la peinture et les peintres.
    L'ensemble constitue un document du plus grand intérêt pour la connaissance du poète de Carnac et de Terraqué.

  • "Seghers Jeunesse" est né de la volonté d'offrir à tous les enfants une poésie ludique, ouverte à la liberté d'interprétation et de parole. Cette nouvelle collection, pensée et réalisée pour des lecteurs en culotte courte de 8 à 12 ans, est inaugurée par

  • « Les rêves sont un cadeau. » Combien de fois a-t-on entendu cet encouragement à traverser les turbulences et les gués en eau profonde du travail analytique ? Autant de révélations, de monstres tapis sous les frondaisons, d'anges gardiens insoupçonnés. Manifestation de l'inconscient, le rêve nourrit l'imaginaire, jongle entre poésie et - diablerie - et délivre un message universel. Effrayant, rocambolesque ou tendre, il fait preuve d'une ingéniosité retorse pour éveiller notre conscience. C'est un voyage initiatique, chaque fois renouvelé.

  • Accorder est en quelque sorte la suite de Relier, le précédent recueil de lauteur, paru en 2007. Comme ce dernier, il reprend des textes publiés ´r tirage limité dans des livres dartistes, la plupart confidentiels, souvent devenus introuvables.
    Ce nest pas ici le Guillevic de Terraqué ni de Carnac, cest un Guillevic en chantier, au jour le jour, répondant aux amis et aux revues qui le sollicitent. Cest plus de soixante ans du quotidien dun pocte attentif ´r demeurer ´r lécoute des choses et des etres, soixante ans de fidélité ´r la poésie. Ou lon peut suivre lévolution de sa manicre, des premiers pas encore trébuchants ´r la maturité plénicre du pocte, en passant par des pocmes en vers comptés classiques. Ç´r et l´r, de petites surprises déchirantes récompensent le lecteur, comme cette Étoile ´r Max Jacob oubliée dans le livre.
    Lucie Albertini-Guillevic accompagne ces textes de son commentaire et de ses notes, comme elle a accompagné le pocte de son vivant.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Qui êtes-vous Guillevic ? C'est la question que pose Anne-Marie Mitchell tout au long de cette rencontre avec un grand poète contemporain. Lire Guillevic dans un long poème inédit « L'été », l'écouter converser simplement, réfléchir au sens à donner à son oeuvre, découvrir l'homme au travers d'un itinéraire photographique, telles sont les différentes résonances de cette étude.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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