• « Et le Verbe s'est fait chair » : certitude à transmettre et défi à relever. Transmettre une Parole reçue et rendre charnelle l'oeuvre qui s'en fait l'écho fidèle ou déformé. Au tournant du XIXème et du XXème siècle, quelques écrivains ont cru que le Verbe avait encore son mot à dire : Péguy, Huysmans, Max Jacob, Chesterton, Bernanos, Bloy, Claudel... C'est à eux que ce livre veut rendre hommage, non pour leur dresser de froides statues funéraires, mais pour faire résonner leurs voix si souvent prophétiques. De ces bouches grandes ouvertes sortent des chants de louange et des cris de désespoir, des attaques féroces et des murmures d'amour. Qu'ils s'en prennent au christianisme sucré moralisateur ou à l'idolâtrie arrogante de la science, ils témoignent que l'homme ne saurait être sauvé ni par un discours désincarné, ni par une chair inerte. Il est plus que jamais salutaire de se mettre à l'écoute de ses assoiffés d'absolu, dont la moindre ligne vaut bien des sermons et bien des traités de théologie. Ce livre fait partir à la rencontre d'hommes brûlés au feu du Verbe. Heureuse brûlure, qui nous a valu de tels écrivains.

  • Ou s'agenouiller... Ou fuir... Ou cracher... Telles sont les seules attitudes valables devant le Christ en croix, nous dit Henri Quantin. Et de préciser : la croyance fétichiste, le scepticisme complaisant, l'incrédulité fiévreuse sont autant de façon de rater l'essentiel. Car le fidèle, l'agnostique et l'athée de profession ont en commun de rechercher le confort. Raison pour laquelle Dieu les vomit tous de sa bouche. C'est sans tiédeur que Quantin relit ici, de front, Léon Bloy, Michel Houellebecq, François Cavanna. Afin de répondre à une unique et cruciale question : que penser du blasphème depuis Charlie Hebdo ? La réponse étant qu'il n'est pas de plus grand scandale qu'un Messie crucifié, c'est l'Évangile même qui commande au catholicisme d'être blasphématoire. Une traversée littéraire et historique, religieuse et politique détonante. Un essai décapant. Un christianisme libre.

empty