• Communément, l'arbitraire est honni, quel qu'il soit et d'où qu'il vienne. Cependant, dans un monde où le consensus est universellement requis, ne convient-il pas de tenter l'éloge des humeurs singulières qui ponctuent la moindre de nos actions?

  • Le phénomène publicitaire déborde la seule problématique de la consommation des objets et de la reproduction des besoins pour devenir une modalité de l'échange social. Plus que la répétition des images et des slogans, plus que la fascination compulsive pour un « monde des objets », le langage publicitaire pénètre tous les modes du langage quotidien. Les intonations, les structures visuelles, les tournures linguistiques sont reprises dans les rapports sociaux mais elles deviennent surtout productrices de l'échange et permettent une mise en scène sociale articulée sur les mêmes modèles culturels. La publicité sur les loisirs, sur l'habitat crée une représentation de l'espace réductrice de toute l'ambivalence propre à l'appréhension du corps dans le milieu environnant : la division, le découpage le plus rationalisé coïncident avec la représentation de l'infini, de l'ailleurs ou de l'espace sans limites. Plus que le langage de l'apparence généralisée, le langage publicitaire développe, essentiellement dans sa forme, un rythme obsessionnel de la pratique sociale. Les mots, les images, les sons devenant des choses - ou des représentations de choses - le langage publicitaire pourrait presque se comparer à une activité mentale dominante. Dès lors, le « consommateur », personnage fictif, n'est plus un récepteur harcelé de messages, il n'est que l'alibi d'un langage sans sujet qui s'accomplit dans une véritable compulsion symbolique de l'échange. Le choix du bien de consommation et l'objet de l'échange n'ont plus d'importance : la conscience d'un achat bien déterminé ferait échouer le processus consommatoire. Ainsi le phénomène publicitaire tend-il à simuler l'enjeu d'un désir absolu, dépassant les limites d'une « société de consommation » encore dominée par le culte de l'objet.

  • Le phénomène publicitaire déborde la seule problématique de la consommation des objets et de la reproduction des besoins pour devenir une modalité de l'échange social. Plus que la répétition des images et des slogans, plus que la fascination compulsive pour un « monde des objets », le langage publicitaire pénètre tous les modes du langage quotidien. Les intonations, les structures visuelles, les tournures linguistiques sont reprises dans les rapports sociaux mais elles deviennent surtout productrices de l'échange et permettent une mise en scène sociale articulée sur les mêmes modèles culturels. La publicité sur les loisirs, sur l'habitat crée une représentation de l'espace réductrice de toute l'ambivalence propre à l'appréhension du corps dans le milieu environnant : la division, le découpage le plus rationalisé coïncident avec la représentation de l'infini, de l'ailleurs ou de l'espace sans limites. Plus que le langage de l'apparence généralisée, le langage publicitaire développe, essentiellement dans sa forme, un rythme obsessionnel de la pratique sociale. Les mots, les images, les sons devenant des choses - ou des représentations de choses - le langage publicitaire pourrait presque se comparer à une activité mentale dominante. Dès lors, le « consommateur », personnage fictif, n'est plus un récepteur harcelé de messages, il n'est que l'alibi d'un langage sans sujet qui s'accomplit dans une véritable compulsion symbolique de l'échange. Le choix du bien de consommation et l'objet de l'échange n'ont plus d'importance : la conscience d'un achat bien déterminé ferait échouer le processus consommatoire. Ainsi le phénomène publicitaire tend-il à simuler l'enjeu d'un désir absolu, dépassant les limites d'une « société de consommation » encore dominée par le culte de l'objet.

  • Nouveau Discours amoureux est le récit d'une relation amoureuse entre « il » et « elle ». Mais sous ce pronom se tiennent deux femmes, « deux mondes dans lesquels il se perd au regard de chacune ». Paradoxe d'une indécision déterminée qui est aussi parti pris d'écriture, illustrant la position d'un sujet qui refuse la séparation. Le texte projette tour à tour, comme autant de fragments de vie, réels ou rêvés, la conscience de l'un, la présence de l'une, l'absence de l'autre. Et, dans un temps qui se dilate au profit d'instants d'éternité, la distance flexible du regard porté sur les choses du monde instaure un va-et-vient permanent, à l'image de l'interaction entre ces êtres. Avec ce récit, qui, comme le souligne René Major dans le dialogue que nous publions en fin d'ouvrage, relève tout autant de l'autobiographie, de la fiction et de l'essai, Henri-Pierre Jeudy se fait le « sociologue de l'intime » avec, en creux, une question : l'amour peut-il vaincre l'épreuve de l'autodestruction, de la mort ? Henri-Pierre Jeudy est philosophe et sociologue, chargé de recherche au CNRS. Il a publié une trentaine d'ouvrages dont, aux Éditions Léo Scheer, Fictions théoriques (coll. « Manifeste », 2003). René Major est psychanalyste. Parmi ses dernières publications, citons Derrida pour les temps à venir (Stock, 2007) et L'Homme sans particularités (Circé, 2008).

  • Au fil du temps, à l'insu de toute gestion politique, le développement des métissages culturels entraîne une plasticité des échanges sociaux par la circulation des signes culturels dans l'espace des villes et par l'hospitalité des langues. Comment l'hétérogénéité des signes culturels peut-elle résister au processus d'homogénéisation qu'impose la mondialisation de la consommation culturelle ?

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