• Inspiré par le travail du photographe Gregory Crewdson, Hugues Corriveau plonge à pieds joints au coeur de l'Amérique contemporaine, sondant ses paradoxes et ses idéaux. En résulte un ouvrage tout à fait singulier et autonome, qui éclaire la solitude implacable montrée dans les oeuvres de Crewdson et interprète à sa façon l'envers de l'American dream.

    Se révèlent au fil des pages une violence latente, l'étrangeté d'un événement improbable, de curieux rêves et d'inexplicables phénomènes. À travers une grande charge émotive doublée d'une rare finesse psychologique, ces textes traduisent une réelle fascination pour l'humanité dans toute sa diversité. Les personnages de ces nouvelles se rejoignent pour donner à voir, de l'intérieur, la fragilité comme la force de ceux et celles qui résistent à leurs peurs et acceptent leur singularité.

  • Les amitiés fragiles nous portent et, parfois, nous déportent, confondant en nous les sentiments d'appartenance, les fidélités solubles, les promesses rompues. Ne reste alors que le coeur vivant des plaisirs ou des tristesses, toujours floués que nous sommes, au bout du compte, face aux dégradations du temps qui passe. Ce recueil est un acte de foi en ce qui perdure en nous du chagrin comme du plaisir d'avoir été pour d'autres, qui le furent aussi pour nous, essentiels. Ces textes tracent un parcours qui n'a de sens qu'à travers cette grâce qu'a parfois la mémoire de nous faire ressentir le plus profond désarroi. On s'accroche à ce qui fut, à ce qui surnage, car la solitude se nourrit de ce pacte qu'on a signé avec sa propre histoire afin de ne jamais se renier. Les amitiés se confondent, les sentiments qui en survivent aussi.

  • S'inspirant d'une nouvelle écrite il y a quelques années, Hugues Corriveau replonge au coeur d'une des thématiques qui lui sont chères : celle de l'enfance blessée, au détour de crimes involontaires et d'innocences brisées. À travers les yeux de Thomas, un jeune garçon, l'on vit le drame et l'enquête, grâce à laquelle se déploieront les trames d'un passé meurtri. Un récit intrigant, prenant.

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    Résumé

    Thomas s'amuse à voler de la gomme à mâcher Bazooka au dépanneur du coin. Un soir où il s'apprête à commettre son larcin habituel sous l'oeil complice de la fille au comptoir, deux voleurs entrent et tuent cette dernière. L'enfant, terrifié, se retrouve avec, entre les mains, le révolver des deux assaillants et commet l'irréparable. Au fil de son enquête, un homme patient cherchera à comprendre pourquoi Thomas a tiré, voudra savoir si ce geste a un lien avec la mort de son frère aîné, Will, survenue deux ans plus tôt. Un récit qui, avec une grande délicatesse et une profonde tendresse, dévoile l'imagination fertile de l'enfance face au poids du passé et des drames du quotidien.

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    L'auteur

    Hugues Corriveau est poète, romancier, nouvelliste et essayiste. Cinq fois mis en nomination pour le Prix du Gouverneur général du Canada, entre autres pour Les enfants de Liverpool (Druide, 2015), il a reçu de nombreux prix littéraires, dont le Grand Prix du livre de la Ville de Sherbrooke à trois reprises et le prix Alfred-DesRochers à deux reprises. En 1999, l'Académie des lettres du Québec lui remettait le prix Alain-Grandbois pour son recueil Le livre du frère (Éditions du Noroît, 1998). La fêlure de Thomas est son 33e livre.

  • Ce roman, proche du roman policier ou d'enquête, est inspiré du meurtre du petit James Bulger, âgé de deux ans et demi, le 12 février 1993 à Liverpool. Il avait été kidnappé dans un centre commercial par Robert Thompson et Jon Venables, chacun alors âgé de dix ans. Ce roman est centré sur les deux enfants assassins. Il retrace leur vie, les motivations qui les ont poussés à un tel acte, et suit pas à pas le trio durant cette journée fatidique vers son issue fatale. Les lecteurs seront subjugués par cette quête de vérité autour d'un acte terrible. Pris au piège de cette inéluctable machine qui entraine ces deux enfants vers leur perte, les lecteurs voudront connaitre les détails de ce drame comme sa résolution et saisir comment une société peut voir naitre le mal chez de si jeunes enfants. Roman fascinant qui met en jeu un aspect de la société moderne vue à partir d'une situation bien singulière.

    Finaliste au Prix littéraire du Gouverneur général 2016 (catégorie Romans et nouvelles)

  • Dans ce recueil de la maturité, Hugues Corriveau offre, sous forme de grande élégie, un hommage à ses parents. En deux temps et deux tons, se déroulent deux vies. Le poète s'adresse à son père, s'appliquant à restituer le dialogue et l'imaginaire foisonnant qui surgissent dans les derniers instants de la figure paternelle, entre lucidité, souvenirs d'enfance et images enfiévrées ; puis il parle à sa mère, s'attachant au lien intime qui les unit et à son histoire de femme ayant traversé les époques. Entre scènes hallucinatoires et exploration du théâtre de la vie, l'auteur livre ici un texte personnel et authentique, osant aborder sans pathos la fragilité de l'existence et du grand âge. Un recueil touchant et profondément vrai.

  • Cent nouvelles écrites autour du thème général du train. Chacune d'elle contient une citation de Marcel Proust extraite d' « À la recherche du temps perdu ».

  • Dans la fureur d'aimer, la vie chavire. Et exulte.
    « Ailleurs sous le regard D'un matin d'eau et de neige et de blancheur, Au plus creux du désir, sur la langue Qui fait des ronds, qui fait des bonds, Qui dit son nom sous les côtes, Qui parle rouge »

  • «Et là, mon coeur» est un acte d'amour pour les parents maintenant âgés, un acte de reconnaissance pour l'accompagnement de la soeur toujours présente. Un « avant la mort » qui vient courageusement envisager des effacements déjà terrifiants, déjà porteurs de mélancolie. Après «Le livre des absents», qui montrait la désaffection des amitiés, les disparitions venues dévaster le paysage, l'auteur regarde ses parents passant le pont des âges, voulant en retarder la traversée, car il sait bien qu'une fois le trajet accompli, ils sont, lui et la soeur, « les nommés au codicille, celui et celle qui seront les porteurs de chagrin. »

  • Les cartes postales nées de la plume d'Hugues Corriveau nous offrent un tour du monde plutôt insolite. Elles arrivent de Paris, de New York, du Vietnam, ou alors de l'Allemagne nazie, de la France occupée, ou de Lowell, Mass. Elles partent de Rome, du Maroc, de Gaspé, de la baie de Ha Long, voire du supermarché ou de la maison voisine. Qui les poste, qui les reçoit : globe-trotter, détenu, résistant, soldat, déportée, assassin, analphabète, cartophile, fétichiste ou monomaniaque en plein rituel d'adoration ou de destruction. Les cartes, fortes de leur double face, distribuent amour et haine, mensonges et secrets, tels des morceaux éparpillés du grand puzzle universel.
    Fantaisiste et éclectique, Cartes postales et autre courrier cible le coeur d'un duel entre l'écrit et l'image. Hugues Corriveau relève le défi plus de soixante-dix fois, facteur gaillard ou sérieux qui sonne aux portes d'époques troublées, là où résident les émotions cachées.

  • Personne n'est étranger à l'univers de la dette. Tout de suite, chacun imagine des regards contrits, des profils de perdants, la malchance. C'est oublier ceux qui dominent, profitent, leurs sourires tout juste en retrait, leur ravissement à peine contenu. Dans ce monde, on dispose son miroir, on surveille, on menace, on fomente des procès muets, on peaufine sa vengeance, on se ménage des privilèges, on lèche les plaies. L'univers de la dette, c'est celui de l'autre, reconnu comme autre, pour une fois. Et il vous amorce une catharsis, aucun doute là-dessus! Avec les textes de Jean-François Chassay, Hugues Corriveau, Louise Cotnoir, Louise Dupré, David Dorais, Maude Déry, Gilles Pellerin, et plusieurs autres.

  • L'école. Voilà le thème pour le moins inspirant qu'explorent les auteurs du numéro d'hiver d'XYZ. L'école. Tout le monde y passe ou y est passé. C'est dans ce microcosme qu'on expérimente pour la première fois les périls de la vie en société. On s'y frotte au monde adulte des connaissances. On y apprend à tirer son épingle du jeu. Une nouvelle identité nous définit tant dans ses murs qu'à l'extérieur, dans la cour, à l'heure de la récréation. Les auteurs de ce numéro n'y récoltent pas les mêmes souvenirs, mais tous, sans exception, imaginent des personnages confrontés à la dure et éprouvante réalité de ce milieu. À ce dossier thématique étoffé s'ajoutent un article de Christiane Lahaie, qui fait un survol de la production de nouvelles au Québec dans la dernière année littéraire, ainsi qu'un compte rendu de Nicolas Tremblay sur le recueil Le basketball et ses fondamentaux de William S. Messier.

  • L'édition hivernale d'XYZ. La revue de la nouvelle, piloté par David Dorais, s'articule autour du thème de la dépression, mal du siècle s'il en est un. Cette vénérable mélancolie n'est pas étrangère, à la littérature et à l'art de la nouvelle en particulier. Laissez Maude Deschênes-Pradet (Les chips et le cantaloup), Louise Cotnoir (Entre parenthèses), Pierre-Marc Grenier (Thérapeute isométrique), Perrine Leblan (Montréal fantôme), Mélanie Boilard (Méandres), Hugues Corriveau (L'entre-deux), Kari Guillemette (Miroir de poche), David Bélanger (Embrassés), Claude La Charité (L'assassin de la 2e avenue) et Marc-André Boisvert (Leçon de ténèbres) vous racontez le fond du baril. Hors-thème, lisez Mémoire abandonné(e) par David Hoon Kim, Torche par Eveline Dufour et Glisse à gauche par Guillaume Bourque. Le numéro se clôt sur un intertexte de Louis-Daniel Godin où il est question de psychanalyse.

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