• Certains psychotiques ont une production plastique ou d'écriture : machines folles , théories délirantes, etc... Ces constructions, ces systèmes ont en fait pour eux une valeur autothérapeutique. Dans la période contemporaine, la machine est entrée dans la visée de l'esthétique (cf Machines célibataires , rotatives de Marcel Duchamp) en tant qu'oeuvre d'art et elle prend aussi place sur le versant de la clinique comme symptôme. Ce double aspect, esthétique et clinique, sera ici traité en référence aux catégories du champ freudien. Quelle peut être l'attitude du clinicien à l'égard de ces manifestations ? Comment sont-elles prises en compte par la culture ? Quel est sur ce sujet la réflexion des esthéticiens et des critiques d'art ?

  • Postface de Pierre Vermeersch

    L'auteur engage la clinique psychanalytique au coeur de la question de l'oeuvre dans son rapport à la structure psychotique et aux perspectives de résolution de certaines de ses manifestations. En s'appuyant sur les écrits cliniques des psychiatres de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, qui anticipent le travail de Lacan, elle brosse le parcours du sujet depuis la souffrance psychotique jusqu'à son essai de résorption par la création dans un travail psychanalytique. Quelles qualifications accorder aux productions de la folie ? Symptômes ? Créations artistiques ? A mi-chemin entre l'esthétique et la clinique ?

    L'auteur s'attache ici à étudier les phénomènes de création permettant aux sujets psychotiques un arrimage pacifié à l'Autre. Elle dresse une généalogie de la fonction de la lettre, en amont d'une part, au coeur de la psychiatrie classique et à travers les concepts historiques tels que phénomène élémentaire, délire, stéréotypie, et en aval d'autre part, à partir d'une analyse de la fonction de l'oeuvre comme restauration du lien social. Prendre en compte cette fonction littérale dans le cadre d'une relation transférentielle offre en effet des perspectives thérapeutiques intéressantes.

empty