• PRIX INTERALLIE 2020

    « Les faits. Le peu qu'on en a su pendant des mois. Ce qu'on a cru savoir. Les rumeurs, les récits. Sur ce meurtre, longtemps, l'unique certitude fut la météo. Ce samedi-là, il a fait beau. Dans les commerces et sur les parkings des hypermarchés, on pointait le ciel, on parlait d'été indien. Certains avaient ressorti leur bermuda et leurs tongs. Ils projetaient d'organiser des barbecues dans leur jardin.
    L'agresseur, a-t-on assuré, s'est introduit dans la maison de l'impasse en plein jour. On ignore à quelle heure. Pour trancher, il faudrait disposer du rapport du policier qui a dirigé les investigations. Malheureusement, quatorze mois après les faits, il ne l'a toujours pas rendu. »
    Face à l'opacité de ce fait divers qui l'a touchée de près - peut-être l'oeuvre d'un serial killer -, Irène Frain a reconstitué l'envers d'une ville de la banlieue ordinaire. Pour conjurer le silence de sa famille, mais aussi réparer ce que la justice a ignoré. Un crime sans importance est un récit taillé comme du cristal, qui mêle l'intime et le social dans des pages tour à tour éblouissantes, drôles ou poignantes.

  • En 1761, un navire français s'échoue sur un îlot perdu de l'océan Indien. Il transporte cent soixante esclaves. Pour survivre, rescapés blancs et noirs doivent cohabiter. Un officier veut construire une chaloupe. Les marins refusent de l'aider. Les esclaves acceptent. Leur dignité force le respect des Blancs. Mais au moment du départ, on ne les embarque pas. Quinze ans plus tard, quand le bruit de ce forfait a couru tous les ports, on revient les chercher. Il ne reste que sept femmes et un enfant. À partir des archives maritimes, des fouilles archéologiques et d'un séjour sur l'île, Irène Frain raconte ce chapitre méconnu des droits de l'Homme, qui a conduit les consciences à l'abolition de l'esclavage.

  • Comment en suis-je venue à écrire ? Je revois ma mère. Je l'entends. Elle avait un don inouï pour les histoires. Courtes ou longues, vraies ou fausses.
    C'était sa façon de conjurer la souffrance, la vie difficile. Elle m'a ainsi ouvert ces portes invisibles qui transfigurent le monde et font jaillir l'espoir.
    Dès ma naissance, pourtant, elle m'avait rejetée. Les circonstances. Et un secret qui faillit me détruire.
    Pour m'en sortir, je suis devenue sa plus fervente écouteuse. Si bien qu'un jour, dans ses histoires, j'ai voulu " mettre mon grain de sel ", comme elle disait. Elle a refusé. M'a interdite d'histoires.
    Je me suis rebellée. Je me suis inventé des mères de papier, des mondes rien qu'à moi.
    /> Voici le récit de cette guerre qui m'a sauvée. Un combat pour gagner son amour.
    I. F.
    Irène Frain est écrivain. Parmi ses ouvrages les plus connus : Le Nabab (Lattès, 1982), Secret de famille (Lattès, 1989), Devi (Fayard-Lattès, 1993), La Maison de la Source (Fayard, 2000), Les Naufragés de l'île Tromelin (Michel Lafon, 2009). Le Seuil a publié d'elle : Sorti de rien (2013) et Marie Curie prend un amant (2015).

  • Le 4 novembre 1911, un journal à grand tirage annonce une nouvelle extravagante : Marie Curie a un amant. La presse et l'opinion s'enflamment. Procès, duels, publication de lettres volées, l'ouragan médiatique est énorme. Marie manque d'y laisser la vie. C'est vrai, elle a une liaison. Veuve depuis cinq ans de Pierre Curie - le chercheur avec qui elle avait découvert le radium et reçu son premier prix Nobel -, elle s'est éprise d'un homme marié, Paul Langevin, ami d'Einstein, et lui aussi savant d'exception. Mais surtout elle dérange. Icône de la science mondiale, elle s'apprête à recevoir un second Nobel. Veuve, génie et amoureuse, c'en est trop. Comme le capitaine Dreyfus vingt ans plus tôt, on l'abrutit de calomnies. On va jusqu'à lapider sa maison.Au plus fort de la tourmente, elle reste fidèle à ses deux passions : Paul, l'amant, et Pierre, son mari tragiquement disparu.Quel secret les unissait ? Pour le comprendre, Irène Frain a interrogé des archives négligées, des photos méconnues, des lieux inexplorés. Et ressuscité, par-delà le thriller médiatique d'une modernité souvent glaçante, une femme-courage prête à tout risquer pour ceux qu'elle aime.

  • Après Marie Curie et Simone de Beauvoir, Irène Frain se tourne vers une héroïne qui fascina les romantiques : Pauline Geuble, amoureuse rebelle d'un insurgé décabriste. Partie sur ses traces en Russie, Irène Frain en reviendra hantée par une femme d'exception, étonnante de courage, de force et de passion.
    Pauline est de ces femmes qui brisent les obstacles.
    Risque-tout, elle quitte sa Lorraine natale à la fin de l'épopée napoléonienne pour rejoindre Moscou où, simple vendeuse de mode, elle est courtisée par un richissime aristocrate. Ivan Annenkov est un fervent admirateur de la France des Lumières et un farouche adversaire du servage. Il appartient à une société secrète qui rêve de renverser le tsar. Le complot échoue, les Décembristes sont déportés en Sibérie. Ivan aurait été promis à mourir dans l'oubli le plus total si Pauline, comme sept autres femmes de condamnés, n'avait décidé de le rejoindre. La petite bande, qui deviendra légendaire, soutient si bien les conjurés qu'ils relèvent la tête et fondent, derrière les murs de leur prison, une minirépublique à la française...
    Qui était au juste cette Pauline qui croisa les hommes les plus célèbres de son temps, de Dumas à Dostoïevski, qu'elle fascina ? Irène Frain a suivi ses traces depuis la Lorraine jusqu'à la Transbaïkalie. Elle ressuscite son équipée et brosse avec feu et sensibilité le portrait d'une amoureuse endiablée.

  • Un jour, un journaliste m'interpelle : « Vous qui êtes sortie de rien... »Quel rien ? La misère qui fut celle de mon père ?Je retourne en Bretagne. Le fil du passé n'est pas encore rompu, les gens se souviennent, un monde stupéfiant ressuscite, un lignage archaïque dont j'ignorais l'existence, rudesse et merveilles, austérité et truculence, cocasserie, poésie. L'esprit même de mon père, l'humilié qui ne plia jamais devant l'adversité.Une colère ancestrale prend alors la parole et me dicte, sans me laisser d'issue : « Cherche donc ce qu'il fut, ce Rien dont tu es la fille. Et dis-le. »Je m'incline, je croise ce passé avec ce qu'il me reste de mon père : la légende familiale, ses récits, ses carnets, toutes ces lettres qu'il écrivit lorsqu'il était prisonnier des nazis. Des énigmes s'expliquent, des secrets se dévoilent. Oui, mon histoire - jusqu'à mon prénom - est bien fille de la sienne : le combat d'un Breton « sorti de rien ». Combien sont-ils encore, sur la planète, à vouloir sauver comme lui le seul trésor qui vaille : la dignité ?Irène Frain est écrivain. Parmi ses romans : Le Nabab (Lattès, 1982), Secret de famille (Fayard, 1989), Devi (Fayard, 1993), L'Homme fatal (Fayard, 1995), Les Naufragés de l'île Tromelin (Michel Lafon, 2009).Visitez le site officiel de l'auteur avec des informations et des contenus exclusifs: http://www.irenefrain.com/

  • La forêt des 29

    Irène Frain

    Inde du Nord, 1485. A la lisière du désert, les rajahs rivalisent de palais mirifiques. Pour les ériger, ils doivent alimenter les fours à chaux et abattent les arbres par milliers. Or, comme les Vieux l´avaient prédit, une sécheresse effroyable se met à ravager la région. Au coeur de la catastrophe, un humble paysan se dresse : Djambo, jeune homme rejeté par les siens, a rejoint le peuple des pauvres. Dans sa longue errance, il a tout vécu, la faim, les deuils, la route, les mirages destructeurs de l´orgueil et de la richesse, la douleur de l´amour trahi. Mais il a surtout appris à connaître la Nature. Le premier, il comprend que la sécheresse n´est pas une vengeance des dieux, mais celle de la nature maltraitée. Avec quelques hommes et femmes de bon sens, il fonde une communauté qui permet la survie de tous grâce à l´application de 29 principes simples. La vénération des arbres est le pilier de cette communauté, dont les adeptes ont pris le nom de « 29 » en hindi : les Bishnoïs.

    La démarche de Djambo frappe les esprits et son efficacité fait école. Dès 1500, l´Inde du Nord compte des centaines de villages de « 29 ». Gestion rationnelle de l´eau, respect des femmes, protection des animaux sauvages, compassion envers tous les vivants, égalité des castes : les principes des Bishnoïs séduisent les hommes les plus divers. Les politiques les respectent et ils vivent en paix.

    Mais en 1730, le maharadjah de Jodhpur est pris à son tour de folie bâtisseuse. Venant à manquer de bois, il expédie son armée dans une forêt qui appartient à une femme Bishnoï, Amrita. « Plutôt mourir ! » déclare-t-elle aux soldats en s´enlaçant à un arbre. Elle est décapitée. Ses filles l´imitent et sont massacrées. D´autres Bishnoïs prennent la suite, eux-mêmes trucidés. Ce massacre semble ne jamais devoir finir. Mais à la 363e victime, le chef de l´armée, écoeuré, renonce. Et le maharadjah, troublé, décide de protéger à jamais les « 29 », leurs animaux et leurs forêts.

    Sur fond de steppes arides et de palais princiers, c´est cette épopée historique méconnue que ressuscite Irène Frain, après une enquête au Rajasthan sur les pas du légendaire Djambo, puis chez les Bishnoïs eux-mêmes, qui font actuellement figure de pionniers de l´écologie moderne, et donnent à ce roman flamboyant des allures de conte initiatique.

  • Passionnée par l'Asie, Irène Frain se fait ici enquêtrice autant que romancière. Inspiré d'une histoire vraie, ce texte révèle la quête de Joseph Francis Rock, un explorateur de génie. Dans les années 1920, parcourant la Chine et le Tibet, il est à la recherche d'une légendaire tribu matriarcale, ultime vestige du peuple des Amazones, vivant au seuil d'une montagne plus haute que l'Everest. La découverte du Royaume des femmes deviendra pour Rock une véritable obsession. « On me demande pourquoi j'habite la Montagne de Jade Je ris alors sans répondre Le coeur naturellement en paix Les fleurs de pêcher s'éloignent ainsi au fil de l'eau Il est un autre ciel, une autre terre que parmi les hommes. » I.F. Au royaume des femmes, Fayard, 2007

  • Le chat

    Irène Frain

    « Ami de la science et de la volupté » selon Baudelaire, « idéal du calme » pour Jules Renard, « idole de l'appartement » selon Mallarmé, le chat a fasciné poètes et romanciers. « Le chat n'a vraiment pas à se plaindre des écrivains », reconnaît Paul Morand. Il leur doit en effet quelques-unes des plus belles pages de la littérature française. Les chats d'écrivains se promènent parmi les livres. Voici un livre qui se promène parmi les chats. Tour à tour tendres ou cocasses, élogieux ou jaloux, lyriques ou fantastiques, les textes rassemblés ici - du Roman de Renart à Léautaud, de Montaigne à Nucéra - couvrent sept siècles de compagnonnage entre felis catus et hommes de plumes. Les auteurs de référence (Buffon, Balzac, Dumas, Maupassant, Colette...) y côtoient des écrivains méconnus, et les classiques y répondent aux contemporains : Julien Green, Marcel Béalu, Frédéric Vitoux, notamment. Le dessus du panier ! Car, et le mot de la fin lui revient, comme l'écrit Leonor Fini : « Le chat est à nos côtés le souvenir chaud, poilu, moustachu et ronronnant d'un paradis perdu. »

  • « Les Bretons qui peuplèrent les mers furent aussi des pionniers de l´imaginaire. Entre le XVIe et le XVIIIe siècle, ces matelots qui partirent pour les Antilles, l´Afrique, le Québec, l´Inde, la Chine ou, plus hardiment encore, pour des terres à explorer qu´on n´avait jamais vues sur la moindre carte, embarquèrent avec eux leur seule richesse : l´or des contes. Cette fabuleuse cargaison de chimères, accumulée au fil des navigations et des escales, je l´ai repeinte aux couleurs de mon imaginaire, comme ont fait tous les conteurs depuis que le monde est monde. J´ai pris à mon tour un embarquement pour cet archipel de légendes. Avec d´autant plus d´enthousiasme que, de ces marins, je descends. » Irène Frain Géants sourcilleux, îles dérivantes, vaisseaux fantômes, sirènes et fées, seigneurs du Vent, royaumes sous-marins, châteaux inquiétants, terres ensorcelées et capitaines maudits : Le Navire de l´homme triste rassemble vingt-huit contes marins pour tous les âges.

  • Beauvoir in Love

    Irene Frain

    Lorsque l'icône du féminisme qu'est Simone de Beauvoir rencontre le romancier américain Nelson Algren, c'est le coup de foudre. Des débuts de leur idylle à Chicago en 1947 jusqu'à leur séparation en 1950, Irène Frain nous révèle dans ce splendide roman l'amour impossible qui aura uni et déchiré durant quinze ans ces deux êtres que tout oppose.

  • En Inde, dans les années 40, aux confins du désert. La guerre vient de dévaster une petite cité caravanière. Seule une maison close de grande renommée, le Moti Mahal, est restée ouverte.
    Derrière ses moucharabiehs, la tenancière et sa mère espèrent encore. Pourtant, plus un seul client. Et seulement deux filles. L'intenable Putli, et Mira, qui ne connaît rien du métier. Au fil des jours et de l'ennui, un jeu pervers commence. Jusqu'au matin où, enfin! un habitué déboule des dunes et des rocailles. La donne change. Mais sur cet échiquier brûlant, le plus fort n'est pas nécessairement celui qu'on croit...

  • I. Frain donne ses impressions autour des textes de Julien Gracq où la Bretagne apparaît.

  • En novembre dernier, l'auteur a remonté la vallée des hommes perdus à la recherche de l'Inde barbare. Elle nous entraîne donc dans l'Inde des ravines où s'affrontent les forces du bien et du mal dans un quotidien peuplé de dieux.

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