• « il n'y a pas d'histoire d'amour, mon amour ! Il ne peut pas y avoir d'histoire officielle d'un amour ! Pour la raison qu'on est deux ! toujours deux ! Et que chacun, de bonne ou de mauvaise foi, ne cesse de l'interpréter à sa manière, cette histoire ! De l'interpréter et de la réinterpréter pour les besoins du sentiment actuel. Et ce, depuis le premier jour, depuis le premier regard, depuis le premier sourire, depuis le premier mot !.. ». « il n'y a pas de vérité du couple, pas de mémoire du couple... il n'y a pas d'histoire d'amour. Ce n'est qu'un arrangement à deux : on arrange la vérité, on s'arrange avec sa mémoire, voilà tout. »

  • L'histoire est un show, nous dit Jack-Alain Léger. Un grand show, tantôt tragique et tantôt bouffon dont son héros, Tadeuz Alansky, se veut le spectateur narquois et désabusé. Qui saurait l'être mieux que ce metteur en scène allemand d'origine juive et polonaise - le dernier des romantiques, le dernier des dandys ? En 1913 - il n'a alors que vingt-six ans - le ciel lui a déjà tout prodigué : génie, gloire, fortune, beauté, amour enfin... Le petit orphelin de Dantzig, la presse l'a sacré " Prince des Étoiles " et sa femme est adulée à l'égal d'une divinité ! Aussi bien, aurait-il d- se méfier : la partie n'était-elle pas trop belle ? Et les dés pipés ?... Oui, tout était en toc dans ce show, tout était faux. Son amour ? Un malentendu. Son génie ? Incompris au fond. Et sa fortune trop douteuse pour durer...

    Alors, un jour de 1923, dans un studio, le ciel, le ciel qui lui avait tout donné, le ciel lui reprend tout : il se détache d'un décor et s'écroule sur lui.

    Au chevet du blessé, Chou, le domestique chinois, va nous raconter les vingt années passées à ses côtés : 1913, 1923, 1933...

    Somptueux tableau de la décadence d'une époque et d'un pays, récit picaresque, conte philosophique brillant d'ironie, déchirante chronique d'un amour mort, romance, rêveuse biographie, poésie... : le second roman de Jack-Alain Léger est tout cela à la fois. Si l'auteur semble emprunter à tous les styles, c'est pour mieux les subvertir et inventer un genre parfaitement cohérent et neuf, profondément original.

  • Un spectre hante la France, et ce spectre, puisqu'il faut l'appeler par son nom, n'est autre que l'Islam.
    Hélas, une cabale des dévots telle qu'on n'en avait plus vue dans ce pays depuis Molière tente à toute force d'interdire aux esprits libres de nommer le péril. Ex-compagnons de route du communisme convertis en idiots utiles de l'islamisme, philosophes et sociologues pour talk shows, ou prétendus journalistes mais vrais militants de l'ordre nouveau, ils accusent de racisme ceux qui alertent leurs concitoyens sur les dangers du communautarisme islamique et la mainmise d'un clergé musulman obscurantiste dans des quartiers délaissés par la République. Ils diffament ceux qui nous font part de l'angoisse grandissante des enfants d'immigrés qui ont courageusement choisi d'être des Français comme les autres, qui revendiquent non pas un illusoire droit à la différence mais bien leur «droit à l'indifférence».
    Mais tout est fait pour escamoter le débat. Et tandis que Nicolas Sarkozy se dit «l'ami» des barbus intégristes et des bigotes voilées, le Forum social européen reçoit le prédicateur islamiste Tariq Ramadan en qui les Verts et la Ligue communiste voient un «camarade» !
    La confusion est totale.
    Assez !

  • Un caprice à Venise, à l'époque de Risorgimento : une diva, un prince autrichien, un dandy vénitien, un artiste carbonara...

  • «Ultime tour de piste d'un écrivain définitivement exclu du spectacle et à qui n'est resté que sa petite musique. Assemblage, assortiment des premières pages de livres abandonnés en chemin faute de temps, autrement dit faute d'argent, le nerf de la guerre pour qui vit de sa plume. Vestiges d'une oeuvre à venir qui demeurera donc inachevée. Avec, en prime, de très brefs essais réunis ici comme autant de coups de chapeau aux artistes révérés : Mozart, Shakespeare, Büchner, Rossini, Strauss, Vélasquez, Cervantès, Hofmannsthal, Pouchkine et quelques autres. "Vous serez un grand écrivain posthume", me prédit un éminent éditeur il y a déjà vingt ans de cela. J'en accepte aujourd'hui l'augure en publiant, comme l'avait décidé avant moi Musil, "l'oeuvre posthume de mon vivant". Je n'étais pas fait pour le cirque moderne. J'ai trop cru en la littérature, trop peu sacrifié à l'image. Franc-tireur isolé, j'ai perdu la guerre... Hé bien ! la guerre.» L'auteur.

  • C'est un roman ? Une sorte de. Dont certains personnages, fort peu romanesques, se nomment Chirac, Jospin, Chevènement ou Martine Aubry...
    Fort peu romanesques mais farcesques, mais ubuesques, Chichi, Yoyo, Le Che, Titine ! Des clowns !
    Le pire est que l'auteur n'a rien eu à inventer, qu'il se contente de citer. C'est que la réalité vécue est toujours plus fictive, plus délirante, plus truquée... Et que, seul, le romanesque peut encore nous donner à comprendre quelque chose à ce lamentable cirque.
    La scène se passe entre deux tours de piste - pardon de présidentielle, quand l'auguste Le Pen est devenu présidentiable dans ce vieux pays qu'est la France.
    On en est là ? On en est là.
    Léger, poursuivant son aventure donquichottesque, qui le mène de Wanderweg en Ocean Boulevard, de Selva Oscura en Maestranza, à travers Le Siècle des ténèbres, charge une nouvelle fois les moulins à vent de notre société du spectacle.
    Où l'on apprend, chemin faisant, qu'il écrit aussi sous un autre masque - un loup, disons. C'était le secret de polichinelle ? Soit. Mais c'est toujours lui qui tire les ficelles.
    On en est là, et c'est à pleurer ? Oui. Alors mieux vaut en rire avec lui.

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