Arts et spectacles

  • L'Aquitaine de la fin du Moyenne Âge est tributaire d'un double particularisme :

    - fière d'avoir donné cinq papes à l'Église, la province a été profondément marquée par le séjour des pontifes en Avignon ;

    - entièrement livrée à la mouvance anglaise, en vertu du traité de Brétigny.

    Elle a subi de plein fouet les déchirements d'un conflit diversement accepté.


    Tour à tour stimulé ou entravé par ces deux types d'événements, le développement de l'art flamboyant connaît une explosion tardive, mais brutale, dans la deuxième moitié du XVe siècle. Comme en Normandie, pareillement affectée par le conflit, lapicides, imagiers et fustiers déploient une activité fertile.

    C'est à proximité du royaume de Bourges, dans la Marche et le Haut-Limousin, que s'éveillent les foyers les plus précoces. Progressivement convertis en imagiers, les orfèvres limogeans sont à l'origine d'une multitude d'ateliers.

    Une situation toute différente concerne le Bas-Limousin : un grand atelier s'y met en place, favorisé, à la naissance, par le chantier du château de Ventadour et appelé à un essaimage plus lointain qui le conduit jusqu'à la Vallée de la Dordogne.

    Nombreux sont les artistes qui ont suivi le même itinéraire en direction de la Guyenne : Maître Domenge, le Maître de Brion, Pierre de la Ville de Boys, Mathurin Galopin, ou encore Guirault de Pomiers. Au terme de ce processus migratoire, la ville de Bordeaux apparaît comme le point de mire de l'activité des artistes des provinces périphériques, affirmant ainsi l'originalité et l'identité stylistique de tout le domaine aquitain.

  • « Quand on parle, de façon absolue, de l'art bourguignon, c'est de l'art du temps des grands ducs, c'est à la grande école slutérienne que l'on pense » (J. Calmette).

    Il est vrai que le génie de Sluter et de ses successeurs a donné à l'art de la Bourgogne et de la Franche-Comté une notoriété internationale. Par le tumulte du drapé et l'intensité de l'expression, les deux provinces occupent une place fondamentale dans le renouveau qui préside à l'histoire de la sculpture flamboyante.

    Cependant, cette histoire déborde largement le cadre du mécénat ducal. L'élan donné par les artistes officiels se poursuit jusqu'au début du XVIe siècle. À côté des quatre « Grands » , Sluter, de Werve, La Huerta et Le Moiturier, des personnalités nouvelles se font jour, comme Quentin Bouchier, Jacques Bertrand, Jean Damotte, sans parler de la foule des anonymes, comme le Maître de 1508.

    On attribuait la sculpture bourguignonne au mérite à peu près exclusif des imagiers ducaux ; on la découvre à travers la richesse et la diversité de procédés d'une multitude d'artistes.

    Avec plus de 600 photos, toutes originales et inédites, cet ouvrage de 384 pages recense l'essentiel des ouvres connues ou méconnues des deux Bourgognes, permettant d'apprécier la place imminente de ces provinces dans le mouvement artistique européen.

  • Cet ouvrage fait suite aux précédents ouvrages de la série sur la sculpture flamboyante : « Les grands imagiers d'Occident », qui introduisait l'étude de la sculpture flamboyante en Europe (Prix Strasbourg), et aux quatre autres volumes consacrés respectivement à diverses provinces de l'art du gothique tardif : Champagne-Lorraine (Prix des feuilles d'or de Nancy), Normandie, Île de France, Bourgogne, Franche-Comté, Auvergne, Bourbonnais, Forez.
    Plusieurs générations d'historiens de l'art ont accrédité cette idée tenace selon laquelle l'art languedocien serait une émanation de l'art bourguignon. Il n'est plus permis d'accepter ce jugement. Le Languedoc est une terre de prédilection de l'art flamboyant : le Maître de Rieux n'a pas attendu la venue de Sluter pour exercer son génie exalté et, à l'opposé, les stalles d'Auch prouvent la longue fascination du style.
    Des circonstances politiques et économiques en ont permis l'essor, grâce au concours de mécènes dont l'exemple initial a été fourni par les comtes d'Armagnac. C'est en sa qualité de bastion de l'État armagnac que le Rouergue a pu jouer un rôle si considérable dans la survie et le renouveau des traditions méridionales.
    Malheureusement, mis à part quelques artistes très célèbres comme Jacques Morel ou Nicolas Bachelier, la production languedocienne est trop souvent tributaire d'un impénétrable anonymat. À défaut d'en percer le mystère, des groupements multiples sont donc proposés, révélant l'extraordinaire richesse de la production et la grande diversité de ses ateliers.

  • Le plus souvent modestes, les croix du Bourbonnais ne sont pas moins détentrices d'un éloquent héritage.
    Une prospection raisonnée, tenant compte de la signification profonde de chaque monument, fait apparaître, en effet, un marquage historique d'une étonnante richesse qui défie les épreuves du temps.
    Au-delà de la destination ou de la forme des croix, par elles-mêmes si diversifiées, on peut y découvrir l'évolution de la sensibilité religieuse au cours des deux millénaires de notre civilisation chrétienne.
    Par cette approche assez inédite, c'est toute l'histoire d'une province qui est ici évoquée.

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