• La crise européenne de la dette, le spectre de la récession, la France en déficit, soumise à la pression des marchés et condamnée à la rigueur... Mais quelle rigueur, pour quelle croissance ? Quelles économies, pour quels investissements ? À 45 jours du premier tour de la présidentielle, deux économistes éminents débattent.
    Relance de l'État, rétablissement de la confiance, solidarité de la zone euro, souveraineté européenne, régulation mondiale : dans tous ces domaines, des solutions existent. Voeux pieux ou projets réalistes ? Sur ces questions cruciales pour l'avenir de la France, ils confrontent leurs diagnostics et leur vision des réformes souhaitables.
    Sous la conduite de Xavier Panon, journaliste, ils confrontent leurs conceptions économiques et politiques, croisent propositions et analyses sur les retraites, la politique des salaires, les agences de notation, la politique bancaire, le dialogue social, le quinquennat Sarkozy et autres sujets qui seront au coeur de la campagne.

  • Deux ans après l´éclatement de la bulle du crédit qui a déclenché la crise financière mondiale, la France, comme la plupart des pays (dés)industrialisés, prend enfin conscience d´avoir à affronter un défi majeur : une dette budgétaire et sociale qui, après 27 ans de déficits cumulés, se monte à presque 2000 milliards d´euros et se creuse de presque 100 milliards d´euros supplémentaires tous les ans. Les agences de notation, le FMI, la communauté financière internationale nous observent : saurons-nous réagir comme les Anglais, qui ont entamé une cure d´amaigrissement sans concessions ? Ou suivrons-nous le chemin de la Grèce, de l´Irlande et demain du Portugal, qui se retrouvent sous la tutelle du FMI et renoncent à leur souveraineté nationale ? Jusqu´à présent, le gouvernement français s´est montré timoré : il se refuse à employer les mots honnis de rigueur ou d´austérité ; il « rabote » les budgets ici ou là ; il réforme les retraites a minima ; il morigène les collectivités territoriales trop dépensières ; il ratiocine à l´infini sur l´ISF, les niches fiscales et le bouclier du même nom. Et pendant ce temps, il emprunte plus de 800 millions d´euros par jour pour payer ses dépenses courantes et rembourser notre dette, comme un ménage surendetté pris au piège du crédit revolving. Cela ne peut plus durer, affirme Jean Arthuis avec la conviction d´un homme qui plaide depuis des années pour une plus grande rigueur budgétaire. Il nous présente ici un plan de redressement des finances publiques audacieux, équitable, structurel, et à effet rapide. Il comporte sept mesures cohérentes, argumentées et chiffrées qui vont de l´instauration de la TVA sociale à une réduction du « mille-feuille administratif » en passant par la retraite à points et un strict encadrement des dépenses publiques. Nul doute que nombre de lecteurs feront la grimace en calculant mentalement ce que cela leur coûterait personnellement (et politiquement s´il s´agit d´élus). Mais a-t-on le choix, en vérité ? Que peuvent proposer les futurs candidats à l´élection présidentielle de 2012, quelle que soit leur couleur politique, si ce n´est de la sueur et des larmes ? Alors autant nous administrer à nous-mêmes la potion amère, plutôt que de subir l´humiliation d´un diktat !

  •    Enfin, un tabou se brise. Il est maintenant admis que les délocalisations à répétition ont entraîné la France sur la pente d'une désindustrialisation catastrophique. En effet, la mondialisation, loin d'être comme ailleurs un « accélérateur de croissance », agit en France comme une pompe aspirant des emplois de plus en plus qualifiés vers les pays émergents et refoulant dans les rayons de nos hypermarchés des produits toujours moins chers. Tout cela sous l'oeil bienveillant des pouvoirs publics, qui refusent de comprendre que le consommateur est aussi un salarié et que, en cassant les prix, la grande distribution casse aussi des emplois.    Oui, la France, où les banques prêtent plus facilement pour consommer que pour investir et produire, est aujourd'hui à contre-emploi dans tous les sens du terme. Et non, la mondialisation n'est pas « une chance pour la France » sauf, nous dit Jean Arthuis dans ce livre décapant, si un président déterminé à inverser la spirale infernale rompt avec la politique « virtuelle » faite d'hypocrisie et de pieux mensonges, conditionne l'accès à notre marché à des contreparties véritables et brise le carcan administratif et fiscal dans lequel un État devenu parasitaire enserre nos entreprises, les acculant, toujours plus nombreuses, à la délocalisation ou à la faillite. Sauf si l'Europe entend enfin exister politiquement et assumer les prérogatives que ses membres lui ont confiées.    Un coup de sang argumenté et documenté, à la veille d'échéances cruciales pour le pays, par un homme politique atypique, connu pour sa pugnacité et son franc-parler, qui ne se résout pas au déclin économique de son pays.

  • Ministre des finances dans le gouvernement Juppé, Jean Arthuis montre les absurdités et les carences de l'appareil gouvernemental et de la puissante administration des finances. Artisan de l'euro et de la baisse de l'impôt sur le revenu, attentif aux effets de la mondialisation sur l'emploi, il plaide pour une adaptation de notre société et une réforme de l'État.

  • Tout va mal, et les Français sont encouragés à considérer l´Europe et sa monnaie unique comme la source de tous leurs maux. Par l´abstention ou le vote protestataire, ils sont tentés de saboter tout ce qui a été construit depuis quarante ans. Cette situation révolte Jean Arthuis, bien qu´il en comprenne les causes : l´ineptie d´avoir doté des pays avec des économies aussi disparates que l´Allemagne et la Grèce d´une monnaie unique ; la frénésie d´élargissement qui aggrave le problème année après année ; l´hypocrisie et la veulerie des gouvernements de l´Union, dont celui de la France, qui s´emploient à rendre inopérant un système qu´ils font mine de défendre en faisant de l´Europe le bouc émissaire commode de tous leurs échecs.Mais revenir à une France isolée et sortir de l´euro n´est tout simplement pas envisageable : qu´on le veuille ou non, l´économie s´est mondialisée, et de surcroît, notre énorme dette publique est libellée en euros. Un franc dévalué précipiterait le pays dans l´abîme, n´en déplaise aux irresponsables qui font miroiter cette fausse solution.Si le salut ne peut venir d´un repli sur soi, le fonctionnement de l´Europe doit en revanche être radicalement transformé. Avec sa lucidité et son franc-parler coutumiers, Jean Arthuis affirme que la France ne peut s´en sortir seule. L´Europe est sa dernière chance, à condition qu´elle se requalifie en se réformant elle-même et fasse de la zone euro l´embryon du fédéralisme européen. La métamorphose de l´Europe conditionne sa vocation de puissance mondiale.

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