• Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • A partir d'un fait authentique auquel il fut indirectement mêlé, l'auteur a écrit un roman policier d'une facture et d'un genre nouveaux.

  • Les « bonnes femmes », celles qui prétendent libérer leur sexe de l'oppression masculine, les SGUM, les Women's Libs, aux États-Unis, les M.L.F. en France, auxquelles viennent se joindre les « Lesbiennes Radicales », le Front Homosexuel d'Action Révolutionnaire, les W.I.T.C.H. « conspiration terroriste féminine internationale de l'enfer », etc., ne cherchent en vérité qu'à remplacer notre vieux système patriarcal, infiniment tolérant, qui ne survit que par l'habitude, par un matriarcat tout puissant et esclavagiste. Leur rêve, qu'elles déguisent dans une phraséologie pseudo-révolutionnaire : Asservir l'homme. Dans quel but ? Aucun ! Elles se disent le Tiers Monde opprimé alors qu'elles oppriment et détiennent la plus grande partie de la fortune du monde. Elles se disent esclaves : elles ne le sont que de la mode et de toutes les modes, intellectuelles ou autres qu'elles s'inventent. C'est cette gigantesque escroquerie - celle de la femme esclave - que vient dénoncer Lartéguy. En même temps qu'il pousse le premier cri de révolte de l'homme opprimé par l'impérialisme femelle.

  • Les âmes errantes sont celles de tous les morts sans sépulture qui, en ce mois d'avril 1955, trouvèrent, au Sud-Viêtnam, dans la Guerre des Sectes, une fin tragique, et parfois burlesque. Les charognards se sont abattus sur Saïgon. Vietnamiens et Vietminhs, Français et Américains s'entretuent directement ou par personnes interposées. La politique est devenue un jeu cynique, et tous les adversaires trichent. Très vite, nous ne sommes plus au Viêtnam, nous ne sommes plus en Asie : Le récit de Jean Lartéguy nous fait vivre la fin d'une civilisation. Au milieu de cette confusion, parmi ces étranges personnages qui semblent naître des fusillades et des incendies, va éclore une très belle histoire d'amour. Comme toutes les histoires d'amour, elle va se nourrir de deux mensonges. Les charognards abandonnent, un instant, leurs proies, pour reprendre leur vol. Mais quand, dans une rizière de l'Ouest, une femme et quelques hommes ont enterré celui qui était leur dernière espérance, les charognards retombent sur la ville, serres tendues. Le livre est brutal ; c'est un livre de correspondant de guerre, un roman bien sûr et, comme tous les romans, Il se veut un artifice pour permettre à l'auteur de crier : "Non, tout cela n'est pas vrai".

  • Les âmes errantes sont celles de tous les morts sans sépulture qui, en ce mois d'avril 1955, trouvèrent, au Sud-Viêtnam, dans la Guerre des Sectes, une fin tragique, et parfois burlesque. Les charognards se sont abattus sur Saïgon. Vietnamiens et Vietminhs, Français et Américains s'entretuent directement ou par personnes interposées. La politique est devenue un jeu cynique, et tous les adversaires trichent. Très vite, nous ne sommes plus au Viêtnam, nous ne sommes plus en Asie : Le récit de Jean Lartéguy nous fait vivre la fin d'une civilisation. Au milieu de cette confusion, parmi ces étranges personnages qui semblent naître des fusillades et des incendies, va éclore une très belle histoire d'amour. Comme toutes les histoires d'amour, elle va se nourrir de deux mensonges. Les charognards abandonnent, un instant, leurs proies, pour reprendre leur vol. Mais quand, dans une rizière de l'Ouest, une femme et quelques hommes ont enterré celui qui était leur dernière espérance, les charognards retombent sur la ville, serres tendues. Le livre est brutal ; c'est un livre de correspondant de guerre, un roman bien sûr et, comme tous les romans, Il se veut un artifice pour permettre à l'auteur de crier : "Non, tout cela n'est pas vrai".

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  • Ce sont les derniers jours d'Hanoï que recrée ce roman. Correspondant d'un journal du soir au Tonkin, Jean Lartéguy a vécu, dans l'atmosphère oppressante des grandes débâcles, la triste fin de l'aventure indochinoise. Trois journalistes français, un parachutiste rescapé de Dien Bien Phu, une petite prostituée eurasienne, une vieille entremetteuse, un terroriste nationaliste, un général vietminh, le chef de la Sûreté d'Ho Chi Minh sont les principaux personnages des drames violents que suscitent l'arrivée de l'armée populaire et le départ du corps expéditionnaire. Sur les ruines d'une société dont la guerre avait achevé la décomposition, se dresse, dans les dernières pages du livre, l'image du nouvel ordre, glacial, méthodique, efficace, qui rejette impitoyablement tout ce qui rappelle le passage des Français. Par un homme qui sait voir et faire partager son émotion, qui connaît l'art d'entraîner son lecteur, voici un livre qui bouleversera, qui passionnera et que l'on n'oubliera pas plus que les événements qu'il rapporte.

  • On ne connaît que peu de chose de Marco Polo, le plus fabuleux voyageur de son temps, sinon ce qu'il dicta en français à Rusticien de Pise, quand il se trouvait dans un cachot de Gênes, après avoir été fait prisonnier au cours d'un combat naval que perdit la flotte vénitienne. De lui, de ses parents, il ne dit rien, se bornant à décrire, dans "Le Devisement du Monde", ses voyages et les pays qu'il a traversés. Ce jovial et robuste garçon qui aimait les filles, surtout de mauvaise vie, le vin, la chasse, le faste, bien plus condottiere que marchand, mais ne négligeant jamais ses intérêts, charmeur, courtisan, reître quand il le fallait, peu encombré de scrupules, fut toujours d'une extraordinaire discrétion sur certains épisodes de son existence. Jamais il ne fait allusion aux nombreuses et difficiles missions qu'il remplit pour le compte du Grand Khan, et qui relevaient plus de l'espionnage que de l'ambassade. Ni de quelle façon il servit Venise, ce qui lui valut d'être fait patricien, alors qu'aucun nouveau nom ne pouvait plus être inscrit sur le livre d'or de la noblesse vénitienne. C'est à cet aspect mystérieux, insolite, ignoré de la vie de Marco, que Jean Lartéguy s'est particulièrement attaché : l'espion, le « bayle », l'ambassadeur secret de Venise auprès du Grand Khan, maître tout-puissant de la moitié du monde, celui qui serait devenu, selon les Annales chinoises ce Po-Lô, vice-président du Conseil supérieur de la guerre, la plus haute instance de l'empire mongol, le frère de choix du prince héritier Djinkin, qui conduisit la princesse Cogatra au Khan de Perse, afin qu'elle l'épouse et restaure la tradition gengiskhanide. Un voyage qui dura trois ans ! Jean Lartéguy a utilisé toutes les sources qui lui étaient accessibles : italiennes, françaises, tartares, chinoises, pour situer Marco, homme de notre temps par son ouverture d'esprit, son scepticisme, dans le sien, ce XIIIe siècle de la Venise du secret, des « confidenti » et des masques, de cette Chine où les barbares mongols allaient découvrir la plus ancienne, la plus brillante de toutes les civilisations d'alors. Quand les sources lui faisaient défaut, il a laissé la bride à son imagination, en se souvenant cependant des « choses étranges » que lui-même avait connues dans les pays que Marco avait traversés. Le résultat est éblouissant. Qui n'a, entre 15 et 20 ans, rêvé d'être Marco Polo ? Qui n'a voulu être un de ces personnages, dont Balzac disait qu'ils sont partout chez eux comme seuls savent l'être les filles, les rois et les voleurs ? Grâce à Jean Lartéguy, nous voilà restituée cette part d'aventure et d'imaginaire, sans laquelle on peut certes vivre, mais si médiocrement !

  • Qu'avez-vous à déclarer ? » Une bonne partie de notre vie se passe à répondre à cette question. Jean Lapodème, le héros de ce roman, un jour oublia de le faire. Et le fisc le saisit. Cette fois, c'est sérieux et Lapodème envoie au contrôleur 250 pages pleines de bonne humeur. Il va faire une déclaration en règle, sur les épisodes burlesques de sa vie agitée. Dans l'odeur des plantes aromatiques qui poussent dans les montagnes de Lozère, il a vécu son enfance et son adolescence. Il y a connu Timothée et sa bande, d'agréables fainéants qui ont la vocation de l'indigence. Sans doute s'accommodent-ils d'une morale facile, mais ils ont le don précieux de l'amitié et savent jouir de la vie. Timothée est pauvre et voilà qu'il hérite de 30.000 francs. Il achète une barrique de vin et tout le village connaîtra une ivresse débridée. Jean Lapodème découvre alors l'amour et l'insouciance. Il en reste marqué pour toute sa vie et part à travers le monde en quête « des fils de Timothée ». Il retrouve Timothée lui-même sous d'autres traits. A Paris, c'est le bohème Badabuche, au Moyen-Orient, c'est le prince Soufy Kosrow, à Hanoï le mandarin philosophe Tuyen. Jean, désireux de devenir, à son tour, l'un de ces sages paresseux et gentiment égoïstes, sacrifie un peu légèrement la femme qu'il aime. « Les fils de Timothée » sont des spécimens très rares, les seuls à lutter contre la frénésie et la tristesse qui s'emparent du monde. L'État devrait non leur réclamer l'impôt mais leur servir des pensions. Ce livre souvent insolent devient vite la proclamation du contribuable au droit à la vie heureuse. C'est la déclaration que tout Français rêve d'envoyer à son percepteur.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • L'histoire des Hmong, des Méo, s'étend sur cinquante siècles si on s'en tient aux Annales chinoises. Elle est celle d'un peuple pas comme les autres, qui, ignorant l'écriture, conserva pourtant intactes ses coutumes, ses rites magiques. Il entra dans l'Histoire les armes à la main ; il combat toujours dans les montagnes du Laos. Peuple des chamans, maîtres des esprits, des vierges guerrières, peuple de l'opium, fou de liberté, il n'a jamais connu de maîtres ni de frontières. Ces libres cavaliers de la steppe sibérienne, qui eurent leur Age d'or sur les bords du fleuve Jaune, sont devenus des nomades qui, au Tonkin, au Laos, en Birmanie, en Thaïlande et dans tout le sud de la Chine, vivent sur les sommets de l'autre côté des nuages. Aujourd'hui, ils sont victimes d'un holocauste semblable à celui des Juifs. On les détruit aux gaz asphyxiants quand le napalm ne suffit pas. Jean Lartéguy rencontra les Méo en 1950, en haute région d'Indochine ; il les retrouva en 1978 aux pieds de l'Aigoual, dans sa Lozère natale. Ainsi lui vint l'idée de ce livre qu'il écrivit en collaboration avec l'un de ces Hmong qu'il avait connu dans un camp de Thaïlande : Yang Dao, élève du Pr. Dumont et docteur en sciences économiques. De la princesse chamane des légendes chinoises au sorcier de la Guerre du Fou, de Chao Quand Lo le Magnifique au général Vangpao, chef de l'armée secrète de la C.I.A., une fabuleuse aventure comme le monde en a peu connu.

  • Met en scène Vincent Meysonnier, ex-commandant d'une armée secrète qui, par le passé défaisait les présidents africains, démantelait les réseaux de terroristes au Moyen-Orient, et qui se trouve obligé de reprendre du service pour une des parties les plus solitaires et les plus difficiles de sa carrière.

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  • Renouant avec la tradition de ses grands romans, Le Centurions, Les Mercenaires, Les Prétoriens, Le Mal jaune et tant d'autres, Jean Lartéguy marque son grand retour littéraire avec L'Ombre de la guerre. Cette oeuvre étrange et violente conte le surprenant destin de Vincent Fontaneilles, un aspirant de vingt ans. Alors qu'il ne s'imaginait que couvert de gloire, le jeune officier va connaître la défaite à Sedan, en mai 1940, puis la débâcle, « ce fleuve de boue qui roule femmes, vieillards, enfants et soldats en fuite ». Refusant de s'y noyer, il entraînera dans son rêve d'héroïsme tous ceux qui se seront laissé griser par son charme, fait d'ironie, de jeunesse, d'insouciance et de gravité. Elevé dans un village perdu des montagnes du Gévaudan par une grand-mère un peu sorcière, guidé par l'amour d'Audrey, cette autre lui-même, belle et sauvage, avide et cynique à laquelle le lie une passion violente, ce « joueur de flûte » semblable au héros de la légende allemande d'Hamelin marquera à jamais ceux qui l'auront approché. Un livre étonnant où s'entremêlent l'héroïsme et le mensonge, le désir, la trahison, l'honneur et la fidélité.

  • Vincent Fontaneilles a fait sa guerre, pure et meurtrière comme le fil d'un rasoir, et il en est mort. Était-il un héros, ou était-il seulement fatigué, désabusé ? Ses amis, les survivants, l'ignoreront toujours. Mais ils conserveront le souvenir de Vincent comme un remords, comme une accusation même, celle de leur propre lâcheté. Pourtant, les guerres d'Alexis, de P'tit Mec et de Michel, n'ont pas été quelconques : l'un est parti pour Londres, organiser, avec l'aide d'Audrey - la belle Audrey, le double féminin de Vincent - un réseau d'espionnage, l'autre s'est engagé dans la Résistance, l'autre encore a échoué sans s'en rendre compte dans les rangs de la LVF... Mais ils ont survécu, et vieilli. Deux tares qui ne leur rendent que plus amer le souvenir de Vincent. Jusqu'au jour où un jeune homme qui ressemble à ce souvenir décide, par amour pour Audrey, de retrouver la trace de ce fantôme, de savoir comment se sont passées ses dernières heures, de savoir si Vincent Fontaneilles était ou non un héros. De la Bavière au Gévaudan, de Paris à Coëtquidan, il enquêtera sur lui avec acharnement, se chargeant peu à peu des remords et des souvenirs de ceux qui le connurent. Jusqu'à ce que Vincent vienne le hanter à son tour...

  • Dans ce récit, rédigé au jour le jour dans une chambre de l'hôtel Continental à Saigon, Jean Lartéguy décrit les dernières heures d'une ville qu'il aimait, et qui portait le joli nom de Saigon, et la naissance d'une autre ville Ho Chi Minh, qui ne l'enchante guère. C'est, en même temps, l'adieu du soldat, du journaliste, de l'écrivain à ce pays qu'il a tant aimé, où il a connu d'extraordinaires aventures dont le souvenir vient le visiter pendant les longues nuits du couvre-feu. Il essaie en même temps de répondre à cette question : - Comment une des meilleures armées du sud-est asiatique a-t-elle pu s'effondrer en deux mois, pratiquement sans se battre ? - Qui était Thieu ? - Quel fut le rôle de la France ? Il révèle enfin pourquoi Saigon n'a pas brûlé, et comment se joua, un mercredi matin, son sort entre un vieux général recru de fatigue, et de jeunes officiers qui voulaient mourir. Interdit par Thieu, expulsé par les Communistes pour la même raison, sa liberté de propos, Jean Lartéguy nous donne plus qu'un reportage, un récit, celui de ses amours avec une ville qui a cessé de s'appeler Saigon.

  • En deux siècles, depuis leur découverte jusqu'à nos jours, on a écrit plus de dix mille ouvrages, articles, études, romans et élucubrations de toutes sortes sur Tahiti et la Polynésie. "FIU", qui signifie "ras le bol" en tahitien, ne cherche pas à allonger cette liste mais seulement à dire qu'il y en avait assez de cet interminable procès que l'on a intenté au Polynésien sans jamais lui accorder la parole. On a fait de lui tour à tour le bon sauvage de l'Age d'Or, le féroce cannibale, celui qui se laissait mourir pour avoir perdu ses dieux et ses racines et le joyeux drille porté sur la gaudriole, les filles et le vin rouge. Les Immémoriaux ou Clochemerle ? Il serait temps de ne plus le voir à travers les passions et les illusions des uns et des autres mais tel qu'il est en 1976. Il n'est plus le Maori de la légende dorée chère à Diderot, il ne l'a jamais été, mais le métis de toutes les grandes races aventurières de la mer : Moïs venus de la lointaine Indochine sur leurs pirogues, avec leurs dieux, leurs cochons noirs et quelques plantes : le cocotier et l'arbre à pain, et qui vont se mélanger avec les Malais, les Indonésiens et, beaucoup plus tard, avec les rudes baleiniers américains, les pasteurs anglais, les coureurs de grève norvégiens, les midships français, les trafiquants de porc et de bois de santal d'Australie, les planteurs et les marchands venus des quatre coins du monde. Le tout assaisonné de Chinois pour la sagesse et d'Irlandais pour la folie.

  • Pour la première fois, deux Français, Jean Lartéguy et Bob Maloubier, donnent les clés d'une des plus grandes énigmes historiques du siècle : qui fut vraiment Henri Déricourt ? oun pilote d'exception ? oun héros ou un traître ? oun espion ou un aventurier ? omanipulé ou manipulateur ? À partir du procès de Déricourt (juin 1948), les deux auteurs de ce document-choc ont mené une minutieuse enquête où se révèlent les multiples facettes de l'espion le plus trouble du siècle : au service des Anglais, parallèlement en contact avec les plus hautes autorités allemandes du Paris occupé, il a accrédité la fiction d'Overlord, débarquement imaginaire concocté par le diabolique Mr. Z, ami de Churchill et maître occulte de l'Intelligence Service. Il est resté, jusqu'à sa disparition jamais élucidée dans les champs d'opium du Laos, cet étonnant funambule, cynique, séducteur, insolemment chanceux, frôlant sans cesse le Bien et le Mal, la vérité et le mensonge.

  • Le 30 juin 1997, au douzième coup de minuit, Hong Kong quitte le giron britannique pour passer sous la bannière chinoise. Rocher désert, à l'entrée de la baie de la Perle qui s'ouvre sur Canton, Hong Kong est né en 1841, de la conjonction entre la Royal Navy en quête d'une base, le trafic de l'opium et des armes, et le commerce de la prostitution et des coolies, que l'on vendait comme esclaves aux exploitants des mines d'Afrique du Sud. Cette ville de tripots, où le jeu est officiellement interdit, est un repaire d'aventuriers que la reine d'Angleterre anoblit quand ils ne finissent pas au bout d'une corde. C'est aussi le refuge des sociétés secrètes, les célèbres Triades. Le patriotisme s'y mêle au brigandage, l'argent roi s'y habille en clergyman, et célèbre son culte dans six cents banques. De cet étonnant balcon en mer de Chine, les résidents assistent à toutes les convulsions du continent chinois sans que jamais, sauf durant la dernière guerre, ils aient à en souffrir. Hong Kong inquiète et rassure : ville sage, ordonnée, sous contrôle des fonctionnaires et des juges emperruqués de la Couronne, ville de misère avec ses millions de réfugiés entassés dans des taudis, ou sur les jonques des villages flottants sur lesquels règnent des gangs au nom de fleurs, ville où s'entassent six millions d'habitants sur un millier de kilomètres carrés. Devenue une des plus fabuleuses cités commerçantes du monde, où le capitalisme est roi, quatrième place boursière après New York, Londres et Tokyo, Hong Kong est l'unique exemple, dans l'histoire, d'un territoire livré volontairement, et avec cérémonie, à une puissance communiste, au moment même où cette idéologie devient moribonde.

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