• Canicule

    Jean Vautrin

    Au début, il y a un homme en smoking, au milieu d'un océan de blé. Jimmy Cobb. L'Américain.
    Un homme des villes qui creuse la terre avec ses mains trop blanches, et lui confie le prix de sa liberté : un milliard de centimes.
    La Beauce autour de lui. Pas un arbre, pas une ombre. Juste un enfant, caché dans l'herbe : Chim.
    Il a une drôle de chanson dans la tête, et la certitude qu'il vient de rencontrer Humphrey Bogart.
    Ensuite il y a l'hélicoptère. Il surgit du fond de la plaine, comme un rapace. A.son bord, les tireurs d'élite de la gendarmerie.
    Jimmy Cobb, l'homme-cible, reprend sa course pour la vie. Seul refuge : la ferme, là-bas, au bord de la route. L'Américain y découvre un monde étrange, plein de secrets et de passions féroces.
    Et Jessica.
    Qui est Jessica ? Dans quelle prison a-t-elle enfermé sa beauté ? Va-t-elle céder à la tentation d'un amour impossible avec le fugitif ?
    Traqué par les hommes, muré dans son angoisse, Jimmy Cobb voudrait disparaître. S'effacer dans la nuit. Il lui faudra d'abord affronter le regard implacable de l'enfant.

  • Gipsy blues

    Jean Vautrin

    • Allary
    • 28 Août 2014

    " J'étais pourtant un bon candidat au bonheur. J'étais dégourdi. Toujours aux avant-postes. Au grand bal de la vie je me suis servi presto. J'ai écouté le rossignol à la nuit tombée, capté l'odeur du vent, fouillé les braises du passé. Je voulais tout ce que je ne voyais pas venir, le poulet, le caviar, l'instruction, la certitude d'être aimé. Au lieu de cela j'ai récolté la violence et l'humiliation. N'importe ! Hardi sur la cabosse, je n'étais pas douillet.
    Puisque je voulais tout voir, j'étais prêt à traverser les cerceaux de feu tendus sur mon passage. Ainsi s'est abattu le froid sur la vie rêvée de votre serviteur qui s'annonçait pourtant comme un banquet sans fin. " Avec sa verve inimitable, Jean Vautrin se glisse dans la peau d'un jeune Gitan, Cornelius Runkele. Amoureux des mots, de la vie, fidèle à la kumpania mais désireux de s'intégrer, Cornelius court après une liberté que la société refuse de lui donner.
    Journal d'un rebuté de la vie, Gipsy blues est un roman vibrant de colère et d'humanité, l'hommage d'un grand auteur à la culture gitane.

  • Le roi des ordures

    Jean Vautrin

    • Fayard
    • 8 Janvier 1997

    Don Rafael Gutierrez Moreno, roi des ordures, est mort assassiné. Depuis vingt- cinq ans il étend son pouvoir despotique sur les immenses décharges de Mexico.
    Qui l'a tué? Ses femmes? Le détective Harry Whence, qui rate tout ce qu'il entreprend? Le milieu politique? Le peuple gris des miséreux qui vit à l'est de la ville, là où tout se fâche?

    Vautrin nous emporte dans une histoire libre et enragée, entre misère et luxure, où le seul code en vigueur est celui d'une mythologie tenace: celle du roman noir.

  • La vie ripolin

    Jean Vautrin

    Que feriez-vous si votre enfant était atteint d'une maladie incurable? Vous tenteriez l'impossible, bien sûr. Avant de vous habituer à l'intolérable. Ou bien vous essayeriez d'oublier.

    Charlie, lui, s'efforce de ne pas oublier. Simplement, il voudrait tout effacer, reprendre à zéro. Alors, il écrit le roman vrai de sa vie: il était une fois une maison.

    Et, dans cette maison, une famille: Charlie et sa femme, Victoire (alias Samothrace), leurs trois enfants et leur chat. Charlie souffrait. A cause de Benjamin, le petit garçon autistique. Et de son propre père, mal aimé, mal traité. La nuit, Charlie s'évadait dans des rêves sucrés. Le jour, il partait au volant de sa voiture, n'importe où. Il voulait, disait-il, repeindre la vie aux couleurs naïves de l'arc-en-ciel.

    Qui est Charlie? D'où vient-il? Les clés de cette histoire sont cachées dans le passé, un passé que Jean Vautrin fait revivre avec une puissance qui n'appartient qu'aux grands visionnaires. Transfigurées, l'Occupation, la guerre d'Algérie, les années 50 ressurgissent comme autant de blessures où le tragique côtoie le burlesque. Jean Vautrin joue le tout pour le tout dans ce roman autobiographique qui mêle le scintillement du rêve et les éclats brisés de la réalité dans un éternel présent.

    Jean Vautrin est né en 1933 en Lorraine. Cinéaste, écrivain, il a obtenu le Goncourt de la nouvelle pour Baby-Boom (paru en 1985).

  • Baby-boom

    Jean Vautrin

    Voilà revenus les personnages de Vautrin. Cette fois, ils entreprennent la plus difficile des escalades : se hisser sur le toit du bonheur. Dès lors, comment ne pas aimer cette petite fille qui croit tuer les hommes rien qu'en les regardant ? Qui sont ces Américains qui, à force de vouloir un enfant, acceptent de jouer avec un bébé de chiffon ? Pourquoi Henri brûle-t-il tant de posséder " l'eau chaude " ? Qui est le pogo aux yeux rouges? Vers quel voyage au bout de l'exigence s'enfonce ce milliardaire qui traverse l'Orénoque pour aller vers son père ? Où est le bonheur ? Qu'est-ce que c'est ? Faut-il manger des bonbons ? Forniquer contre argent ? Pisser dans une bouteille ? Ou se faire photographier tous les jours de sa vie devant Constantinople ?

  • Celui qui ouvrira ce grand roman partira pour la Louisiane, visitera les Cadjins, et partagera le destin de trois générations. L'action débute en 1893 et se termine en 1920. On verra ainsi Edius Raquin, le père, rusé, têtu, l'exemple même de ces pionniers coureurs de bois qui, en ces temps, n'hésitaient pas à faire confiance à la nature et au Bon Dieu. Puis apparaîtra le futur gendre d'Edius, ce fameux Farouche Ferraille Crowley, l'homme aux yeux d'ardoise, l'outlaw qui dégaine vite. Est-ce tout ? Non, car Palestine Northwood, le marin de Nantucket, un ancien harponneur, est lui aussi de la fête et du drame. Jusqu'où ? Et pourquoi ? C'est le secret de ce livre où chacun, venu du Poitou, d'Irlande, issu d'Allemagne ou d'Acadie, Indien créole ou yankee, souvent noir cousin des esclaves, parle français pour tailler son chemin dans le monde. Il faut savoir, encore, que l'on rencontrera ici Jim, le petit-fils d'Edius Raquin, et que l'enfant découvert au fond d'une poubelle de La Nouvelle-Orléans va nous conduire, par enchantement, vers la naissance du ragtime et du blues dont il deviendra un symbole sous le nom de Jimmy Trompette.

  • Le cri du peuple

    Jean Vautrin

    • Grasset
    • 27 Janvier 1999

    Jamais le capitaine Tarpagnan n'aurait connu la séduisante Caf'conc' et les tribulations de l'amour si, ce jour-là, le monde n'était devenu fou. Ce jour-là, le 18 mars 1871, en effet le gouvernement de Monsieur Tiers eut la scandaleuse idée de désarmer la Garde nationale. Mais ce ne sont pas quelques milliers de lignards, lancés en pleine nuit à l'assaut de la Butte Montmartre, de celle de Ménilmontant et d'autres lieux encore, qui allaient venir à bout de la colère des Parisiens et reprendre leurs canons. Non, ce jour-là, tout simplement, Antoine Joseph Tarpagnan entendit le "Cri du peuple" mais, tout autant, sa résolution et sa joie de vivre. Alors, avec ses hommes du 88e de ligne, il déserta pour suivre l'amour, la fête, la fraternité et trouver le destin, au bout des barricades.Avec le talent qu'on lui connaît, Jean Vautrin nous embarque dans le prodigieux Paris de la Commune. Il nous fait circuler dans un Paris mystérieux comme celui de Victor Hugo, social comme celui d'Eugène Sue, familier comme celui de Léo Malet et grouillant comme le Londres de Charles Dickens. Dans le grand élan de son roman d'aventures, le lecteur entendra parler le pantruchois en chantant "Mon petit Riquiqui" ou "Fatma la danseuse". Il côtoiera les biffins de la route de la Révolte, les apaches du canal de l'Ourcq mais aussi les banquiers, les restaurateurs ou les grands acteurs(trices) de l'Internationale ouvrière.La grande Histoire cède la place aux personnages. Qu'importe ! Horace Grondin, le commissaire Mespluchet, Fil de Fer, Caracole, Edmond Trocard, Tarpagnan et Caf'Conc' rencontrent Louise Michel, Courbet, Vallès et Vingtras ! Il est revenu, le temps des cerises...

  • Nous sommes en Gascogne chez le baron Arthur de Monstatruc et son valet Brancouillu, en leur château de Montallier. Nous sommes aussi, parallèlement, chez Floche, le Charlie Floche de la Vie Ripolin, celui qui donne la vie à ces personnages de papier, celui qui nous présente le baron "plus payant sur son corps qu'un dessous de bouc" ou le valet "les yeux biais, la margoule ficelle, la guibolle mal assurée" et qui, le monde ayant perdu ses mots, écrit en ruinant l'espace et le temps, juxtaposées façons d'aujourd'hui et locutions d'hier ; et parce que le monde, en cette fin de siècle, voici Monstatruc et Brancouillu, Charlie Floche et Victoire avec leurs traumas d'infortune, leurs colères picaresques, leurs combats perdus contre cette "civilisature" de l'argent, des promoteurs, des consommateurs hystériques et des faiseurs de mots.

  • Patchwork

    Jean Vautrin

    Les enfants du Marquis de Sade et de Coca-Cola font crisser leurs baskets dans les rues de la Ville. Ils s'appellent David, Lollipop, Tim ou Frank ou même Rocky Vélo. Victimes innocentes ou anges exterminateurs, ils annoncent la fin d'un monde - le nôtre - qui n'a que trop duré, et contemplent d'un oeil rêveur les désordres du siècle. Pendant ce temps, loin, très loin du Paradis, les hommes vaquent à leurs occupations, en général peu avouables: violeurs de petites filles, égorgeurs, camionneurs fous, épaves, maniaques en tous genres.
    Tout cela finira très mal. Telles sont les images que nous propose Jean Vautrin, dans ces douze contes cruels qui composent, à leur manière, un traité de survie à l'usage de toutes les générations.

    Jean Vautrin, alias Jean Herman, est né en 1933 en Lorraine. Il est venu à Paris pour commencer une licence de lettres et il est finalement entré à l'IDHEC. Successivement lecteur à l'université de Bombay, dessinateur humoristique et photographe, il devient l'assistant de Roberto Rossellini en Inde. Metteur en scène de télévision et de cinéma, Jean Herman se tourne de plus en plus vers le travail de scénariste-dialoguiste (Flic ou voyou, Garde à vue, Rue barbare). Il a adapté et dialogué son dernier roman, Canicule, avec Lee Marvin, Miou-Miou, Jean Carmet et Victor Lanoux dans les rôles principaux.

  • Gardez le tronc, jetez les branches ! En obéissant à cet unique mot d´ordre, pour résister à la vacherie de l´époque qui déjante et suppléer à la disette des âmes, j´ai raclé jusqu´à l´os ces dix nouvelles.
    Dans ma tête, elles fredonnaient d´un continent à l´autre la chanson triste et désopilante de gens de toutes les peaux, de toutes les confessions et de tous les pays - des types, des femmes ou des gosses - agités par les tracasseries de leurs démangeaisons personnelles, par les turpitudes du moment, par le chômage, par l´enfance, l´obésité, l´alcoolisme, la guerre, les drames de la vie conjugale, ou tout simplement taraudés par une solide envie de baiser.
    J´ai gardé le tempo des personnages, j´ai préservé la scansion de leur folie intérieure. J´ai voulu qu´ils balancent et qu´ils swinguent au rythme de leurs obsessions.
    Ils ont été pour ainsi dire gourmands de mon énergie. Sans doute parce qu´ils faisaient irruption dans l´imaginaire d´un écrivain en un moment de l´hiver de son existence où l´incapacité d´aimer comme un jeune homme, sa rugissante envie de mordre encore la vie et l´approche de la mort aiguisaient l´acuité du regard.
    D´un mot, j´ai réveillé ce qui bouge toujours en moi.
    Si on s´aimait ?
    J.V.

  • "La colère du ciel, l´affolement de nos coeurs, le crépitement des armes, les grincements de l´argent, la banquise qui fendille, l´atome qui déconne, la morale qui fout le camp, la culture émiettée et vous, chers amis, qui vous battez avec le fric, les machines, le chômage, les délocalisations, le système bling-bling et le climat qui s´échauffe, m´avez décidé à répondre aux questions de Noël Simsolo (et aux regards de la caméra de Laurent Perrin).

    Du Pandit Nehru à Roberto Rossellini, de Satyajit Ray à Grémillon, du milliardaire Tata à Jacques Rivette, du forçat Papillon à Raymond Queneau, d´Alain Delon à Claudia Cardinale, de Ramdji-trois-doigts à Charles Bronson, de Michel Audiard à Céline, de Félicien Marceau à Claude Berri, de Raymond Carver à Simenon, de l´autisme à la bombe atomique, de la politique à la bande dessinée, le manège a tourné vibure et souvent j´ai attrapé la queue du Mickey.

    Parler des rencontres essentielles, raconter les chemins de l´écriture, dire l´aventure des livres et des films, mesurer la vérité de l´amour, évoquer les amis, les maîtres, revoir les sourires à demi effacés, manger avec gourmandise, épeler le temps, sortir des nuages, réclamer justice, photographier les hommes, fouiller dans la vieille malle des souvenirs, renoncer à l´inutile, prêcher pour la liberté des esprits, lécher les blessures de l´homme abandonné sont de ma paroisse.

    Au fil de cette autobiographie dialoguée, je vous invite à venir me rejoindre au fond de mon jardin japonais pour regarder passer sur un lit de graviers minuscules l´énorme torrent de la vie."

  • Des tranchées de la guerre de 1914 au Paris des années folles, un grand roman en quatre tomes dans l'esprit des Aventures de Boro !

    16 avril 1917: l'offensive Nivelle est lancée contre la ligne Hindenburg. Une compagnie de chasseurs tente de gagner la crête du Chemin des Dames. Au petit matin, Ramier, projeté dans un trou boueux par une explosion et abandonné sur le champ de bataille, appelle ses trois copains à l'aide. Le soir même, les quatre hommes seront réunis pour un assaut absurde et suicidaire. Parmi les rares hommes de la compagnie qui auront survécu à la boucherie ordonnée par un commandant incompétent, quelques-uns devront encore faire face au peloton d'exécution. Comment vont réagir nos quatre amis ? Il y a Guy Maupetit, dit Ramier, l'ouvrier ; Raoul Montech, le viticulteur ; Arnaud de Tincry, l'aristocrate cambrioleur ; et Boris Malinowitch-Korodine, dit Malno, le peintre russe de Montmartre. Jean Vautrin raconte le destin de ces quatre soldats français que rien, ni la géographie, ni l'origine sociale, ni l'ambition, ni les projets n'auraient dû réunir et qui vont conjuguer bravoure et amitié pour se sortir du bourbier ou les a jetés le grand massacre. Ce n'est pas seulement sur le front, ou, dans l'horreur et la folie, les mutineries se préparent, que Vautrin nous emmène. Avec la verve, le souffle et l'humanité qui sont sa marque, il dresse aussi le portrait romanesque et flamboyant de toute une époque.

  • Saint-chély est un petit village comme un autre. Sans autre histoire que ses propres petites histoires. - Et puis voilà qu'un beau jour on y colporte d'étranges rumeurs. Et qu'on va même jusqu'à dire que, sous les pieds des habitants, se trouveraient des nappes de pétrole. Il n'en faut pas davantage pour que le pays devienne invivable, et que la mort violente, elle, se mettre à rôder. Une histoire grinçante, écrite à grands coups de ripolin.

  • Jean Vautrin déploie des prodiges d?écriture et poursuit sa fresque sur la Grande Guerre. Un magistral morceau de littérature, un livre destiné à rester.0300Ils sont quatre soldats, quatre amis jetés dans la tourmente de la guerre de 14-18. Arnaud de Tincry, séduisant aristocrate cambrioleur, a quitté le front. Associé à un as de l´aviation, il est aux trousses de Rosa Lumière, agent double à la solde du Kaiser et de l´Empire ottoman.... Les deux hommes, l´un au volant d´une Bugatti, l´autre aux commandes de son biplan, vont tâcher d´arrêter la redoutable, l´irrésistible espionne, au terme d´une course-poursuite qui les mènera jusqu´aux chambres lambrissées d´un château moyenâgeux situé au coeur des Alpes suisses... À l´arrière du front lui aussi, Guy Maupetit, dit Ramier, ajusteur de son état, se remet de ses blessures dans les bras d´une veuve revenue éplorée des colonies, mais dont l´appétit sexuel est resté intact. Ce grand amoureux de la pêche au brochet a juste le temps de se livrer à son passe-temps favori avant de retourner à la sanglante boucherie. Il y retrouvera ses amis, le distingué Raoul Montech, éleveur de vins en pays sauternais, et le sensible Boris Malinowitch-Korodine, peintre russe domicilié sur la butte Montmartre. Tous deux viennent de sortir de la geôle où ils croupissaient pour s´être révoltés contre la tuerie causée par l´infâme Rémuzat de Vaubrémont, commandant incompétent qui incarne à lui seul toute l´horreur de la guerre. Bientôt Tincry rejoint ses camarades et les quatre se retrouvent en première ligne, face à Vaubrémont... Combien de temps tiendront-ils avant de lui faire payer son ignominie ?0300Ils sont quatre soldats, quatre amis jetés dans la tourmente de la guerre de 14-18. Arnaud de Tincry, séduisant aristocrate cambrioleur, Guy Maupetit, ajusteur de son état, Raoul Montech, éleveur de vins en pays sauternais, et Boris Malinowitch- Korodine, peintre russe domicilié sur la butte Montmartre. À peine revenus de l´arrière du front ou sortis de la geôle où ils croupissaient pour s´être révoltés contre l´infâme tuerie, les quatre amis se trouvent précipités en première ligne... Combien de temps tiendront-ils encore ? Jean Vautrin déploie des prodiges d´écriture et poursuit sa fresque sur la Grande Guerre. Au-delà de la verve feuilletonesque qui nous emporte d´une scène à l´autre dans un seul mouvement, Vautrin nous plonge avec une force peu commune dans l´horreur et la stupidité du massacre.

  • Un assassin moraliste contre un flic sans moralité. Un roman noir remonté comme un horloge folle où, tout au long des septs crimes, vont s'entrechoquer plusieurs fois la route de celui qui voulait anéantir la vie et celle du type qui ne savait pas comment l'appréhender. Servi par Vautrin, un double "noir" bien serré.
    Romancier, cinéaste, Jean Vautrin a obtenu le prix Goncourt en 1989 pour Un grand pas vers le Bon Dieu. Il est notamment l'auteur chez Fayard du Roi des ordures, de Un Monsieur bien mis, et de nouvelles : Patchwork, Baby-Boom, Dix- huit tentatives pour devenir un saint, Courage, ainsi que des Aventures de Boro, reporter photographe, en collaboration avec Dan Franck.

  • Un monsieur bien mis

    Jean Vautrin

    • Fayard
    • 1 Octobre 1997

    Une ville de banlieue avec sa gare de banlieue, ses barres de béton, ses éboueurs noirs dans leurs uniformes fluo, ses ahènepéistes et ses trois-huit, ses bandes de bric et de broc et ses crânes trop rasés. Un monsieur bien sous tous rapports file un balayeur des rues jusque dans l'ascenseur de sa cité-dortoir. Montent avec eux un camionneur balèze, un couple en bisbille, un petit rouquin avec son jeu japonais, un électeur de Le Pen, une jeunesse maghrébine... Panne entre deux étages. Un cadavre de nègre découvert un peu plus haut quand les portes se rouvrent... Qui a joué du couteau dans le noir de la cabine ?

  • Louise Anarchange, trente et un ans, est professeur. Elle n´a jamais quitté la maison familiale, où elle vit sous la coupe d´un père jaloux. Sauf une fois. Ce jour-là elle subira la violence la plus terrible. Louise Anarchange, Louise A., devient schizophrène. Elle s´invente un double, Louise B., qui exercera sa vengeance. Face à Louise il y a ce flic, Kowalski, géant blessé, hanté par son passé. Témoin, après le premier meurtre, de la fuite de Louise, il va tricher avec son métier et se laisser fasciner par la criminelle... D´un côté une femme victime, mais aussi meurtrière, de l´autre un flic alcoolique qui a perdu toute illusion...Partagés entre leurs rêves de pureté et une existence difficile, les héros de ce roman montrent que la frontière entre le Bien et le Mal demeure plus floue que jamais. Une seule chose reste sûre: dans notre société, la violence se trouve à tous les carrefours de la présence humaine. Et le chaos est dans les coeurs et les esprits. Cela, Jean Vautrin le dit dans une langue étonnante de souplesse, capable selon ce qu´il veut exprimer de la verve la plus alerte, de la cruauté la plus franche, de la poésie la plus poignante.

  • Des tranchées de la guerre de 1914 au Paris des années folles, un grand roman en trois volumes dans l?esprit des «Aventures de Boro»!030016 avril 1917: l´offensive Nivelle est lancée contre la ligne Hindenburg. Une compagnie de chasseurs tente de gagner la crête du Chemin des Dames. Au petit matin, Ramier, projeté dans un trou boueux par une explosion et abandonné sur le champ de bataille, appelle ses trois copains à l´aide. Le soir même, les quatre hommes seront réunis pour un assaut absurde et suicidaire. Parmi les rares hommes de la compagnie qui auront survécu à la boucherie ordonnée par un commandant incompétent, quelques-uns devront encore faire face au peloton d´exécution. Comment vont réagir nos quatre amis? Il y a Guy Maupetit, dit Ramier, l´ouvrier; Raoul Montech, le viticulteur; Arnaud de Tincry, l´aristocrate cambrioleur ; et Boris Malinowitch-Korodine, dit Malno, le peintre russe de Montmartre. Jean Vautrin raconte le destin de ces quatre soldats français que rien, ni la géographie, ni l´origine sociale, ni l´ambition, ni les projets n´auraient dû réunir et qui vont conjuguer bravoure et amitié pour se sortir du bourbier où les a jetés le grand massacre. Ce n´est pas seulement sur le front, où, dans l´horreur et la folie, les mutineries se préparent, que Vautrin nous emmène. Avec la verve, le souffle et l´humanité qui sont sa marque, il dresse aussi le portrait romanesque et flamboyant de toute une époque.0400Retour de culbute, les deux patrouilleurs relevaient la tête. Hébétés, ils regardaient leurs mains terreuses et engourdies par le froid.Une mouillure infecte dégoulinait en un noir chagrin de boue sur la face de Korodine.À son côté, étalé sur un caillebotis, Arnaud de Tincry avait la peau si mouillée qu'elle fumait.? Est-ce qu'au moins Montech est rentré? grommela-t-il avant de manifester la moindre joie d'avoir sauvé sa peau.? Si tu veux savoir, demande à mes puces, lui répondit une voix qui provenait de dessous une couverture. L'étoffe s'agita. Un visage apparut. Montech claquait des dents. Ses yeux luisaient sauvages derrière la croûte de son déguisement de terre séchée.Korodine le jaugea avec une expression singulière. Il inclina la tête pour se mieux forger un avis. Il sentait passer dans le regard du Girondin un intraduisible désarroi.? Je jure que j'ai fait tout ce que j'ai pu... bredouilla ce dernier. Ses yeux hallucinés lui mangeaient le visage. ? C'est donc ça? devina Arnaud de Tincry. T'étais allé chercher Ramier dans la merde?Raoul Montech émit un signe affirmatif. Il semblait soudé à la terre.? Plus fort que moi, hoqueta-t-il d'une voix sourde et énervée, il a fallu que je me rende dans le secteur où je l'ai vu rendre son fusil ! J'arrivais pas à me faire à l'idée qu'il pouvait être mort.? Et alors?? Tringle! Je ne l'ai pas trouvé.Cédant au découragement, le vigneron s'était retourné sur le dos. Sa capote alourdie par l'eau croupie chargeait ses épaules d'un poids de plomb. Il avait plongé sa main dans sa poche. Et exhibant sous le blair de Korodine, qui était son plus proche voisin, une poignée de plaques d'identité :? C'est le nom, tu comprends, c'est le nom qu'il faut sortir de la bouse! À cause de l'oubli! À cause du trou noir! C'est qu'il y en a du monde qu'on r'connaît pas! Si tu voyais le carnage! Tous ces braves avec leurs boyaux autour de la taille! Dressés, vidés, hachés. Pâles, le ventre ouvert, recouverts par des grappes humaines. Une couche de tourbe, une couche de recroquevillés. Partout, j'ai retourné la terre! Au couteau, à la griffe, j'ai fouillé l'écume du champ de bataille! Pas trace de l'Auxerrois! Il n'est nulle part! Ni étendu, ni rapiécé! Pendant l'assaut, je l'ai vu monter en chandelle derrière moi! Il a roulé dans les nuages! Lancé en l'air par une force incroyable! La boue fusait tout autour de lui! Elle imitait la pluie en grands rubans noirs! Les corps cascadaient sous l'effet des marmites! Soulevé dans la gerbe, le petit griveton! Rayé du nombre des hommes! Escamoté! Un vivant comme lui... j'arrive pas à y croire!Montech était submergé par un sanglot qui le renv

  • De nouveaux personnages, de nouvelles intrigues: entre roman d?amour et roman d?espionnage, la veine feuilletonesque s?affirme pleinement0300Dans «Adieu la vie, adieu l´amour», le nez dans la boue des tranchées, on ne faisait qu´apercevoir l´arrière du front. Dans ce second volet de la trilogie, la perspective s´inverse... Nous échappons à l´abominable tuerie et retrouvons nos quatre héros (le viticulteur, le peintre, l'ouvrier et l'aristocrate) lors d'une permission. C´est le volume des femmes. On rencontrera Rosa Lumière, danseuse et espionne, la «femme au gant rouge» du titre; la maternelle et possessive princesse Maria Ivanovna; la blonde Alsacienne Cora Sexschneider qui sait si bien adoucir la peine des blessés de guerre; la jolie et malheureuse Pauline Montech qui n´a pas pu résister, en l´absence de son mari, aux appas d´un beau contremaître (et ses deux affreuses cousines Vertamont qui la font chanter); Génia Bistoufle et Fariba Faribole, femmes dites de mauvaise vie, et beaucoup d´autres personnages, parfois célèbres ? entre autres: Pétain, Clemenceau, Mandel, Picasso, Braque, Suzanne Lenglen...À chaque page, la mort et l´amour se regardent dans un terrible face-à-face. Un récit poignant, tendu, drôle aussi, empreint de force et de vie: de la grande littérature!0600«Jean Vautrin, magicien du verbe, a des envolées hugoliennes pour mettre en scène l´horreur et la folie des hommes.» Jean Contrucci, La Provence«C´est du roman dur et dru, violent, chahuté, célinien!» Michel Grisolia, L´Express«Vautrin est un grand peintre de la folie des hommes! Chagall pour les couleurs, Rabelais pour la musique!» Pierre Miquel«Dumas, Céline et Rabelais sont des copains d´écriture, histoire de fouiller les mots, de les secouer pour voir ce qu´ils ont dans les boyaux.» Christine Ferniot, Lire«Un livre de Vautrin se reconnaît à l´oreille. C´est sonore, cuivré, épique!» Pierre Vavasseur, Le Parisien« Comme jamais les mots de Vautrin fusent, tordent la langue pour lui arracher son jus de douleur, d´indignation, pour décrire l´apocalypse annoncée. Un hallucinant récit de fraternité et de déglingue...» Francis Kochert, Le Républicain Lorrain«Jean Vautrin est un forçat des mots... Une fresque idéale pour le pacifiste convaincu qu´est Jean Vautrin » Patrick Poivre d´Arvor, Nice-Matin

  • C´est l´armistice ! Ils sont quatre soldats français tout juste sortis du bourbier de la Grande Guerre, quatre amis soudés à la vie à la mort par l´expérience des tranchées. Et liés par un lourd secret : ensemble, aux derniers jours de la boucherie, ils ont assassiné un bourreau, un homme sadique et incompétent, un colonel de l´armée française. Dans une France qui verse peu à peu dans la fièvre des années folles, chacun retourne à sa vie d´antan. Guy Maupetit, dit Ramier, ajusteur de son état et grand amoureux de la pêche au brochet, a du mal à se remettre à l´ouvrage et préfère chercher le réconfort dans le sein des femmes. Le distingué Raoul Montech, éleveur de vins en pays sauternais, retrouve son domaine, ses ambitions politiques, son épouse adultère et sa charmante belle-soeur. Le géant russe Boris Malinowitch-Korodine glisse de la butte Montmartre à Montparnasse et se prépare à devenir un peintre à succès. Quant à Arnaud de Tincry, le séduisant aristocrate cambrioleur, il reprend ses activités illicites et, sous le masque de Spector, défraye bientôt la chronique policière... Les quatre amis ne sont pas seulement poursuivis par le remords, mais aussi par un ancien voisin de tranchée, devenu policier, l´ex-caporal Charpaillez. Témoin de leur crime, cet homme à la mentalité déplorable n´hésite pas à se livrer au chantage. D´autres fantômes sortis des tranchées viendront-ils obscurcir le destin des quatre soldats français ?

  • La vie badaboum

    Jean Vautrin

    • Fayard
    • 13 Mai 2009

    Le tonnerre du ciel, l'affolement de nos coeurs, le crépitement des armes, les grincements de l'argent, la banquise qui fendille, l'atome qui déconne, la morale qui fout le camp et vous, chers amis, qui vous battez avec le fric, les machines, le chômage, les délocalisations, le système bling-bling et le climat qui s'échauffe, m'avez décidé à réunir ces textes, ces paroles envolées, ces cris poussés au fil des années, ces lettres, ces bribes de journal qui racontent mieux qu'un long roman pourquoi -malgré la saumure où nous sommes- j'ai toujours aimé vivre.
    Parler des rencontres essentielles, écrire, dire l'aventure des livres, mesurer la vérité de l'amour, évoquer les amis, revoir les sourires à demi effacés, manger avec gourmandise, épeler le temps, sortir des nuages, réclamer justice, photographier les hommes, fouiller dans la vieille malle aux souvenirs, renoncer à l'inutile, prêcher pour la liberté des esprits, lécher les blessures de l'homme abandonné, sont de ma paroisse.
    Je vous invite à venir me rejoindre au fond de mon jardin japonais pour regarder passer sur un lit de graviers minuscules l'énorme torrent de la vie.
    J. V.

    Romancier, nouvelliste, essayiste mais aussi cinéaste, Jean Vautrin est l'un des pères fondateurs du néo-polar. Pour La Vie ripolin il est couronné en 1986 par le Grand Prix du roman de la Société des gens de Lettres. Un grand pas vers le bon Dieu lui vaut de recevoir en 1989 le Prix Goncourt puis, la même année, le Goncourt des Lycéens. Pour Baby boom, il avait reçu auparavant la Bourse Goncourt de la nouvelle. Co-auteur avec son ami Dan Franck de la série des Aventures de Boro, il a publié une trentaine de romans et recueils chez Fayard.
    Il a reçu le prix Louis-Guilloux pour l'ensemble de son oeuvre.

  • Bloody mary

    Jean Vautrin

    • Fayard
    • 31 Mai 2006

    Il y a la Ville-achélème avec ses alvéoles. Chacun sa petite case, les gens comme des guêpes. Escalier C. Appartement 412. Un drôle de bonheur. Il y a Locomotive-Baba N'Doula, laveur de carreaux, malien esporté-boeing, qui monte et descend le long de la plus haute façade de la tour. Et son vieil ennemi, un merle des Indes à qui son maître a appris des quolibets racistes. Il y a Théo- le-surinformé qui passe sa vie dans l'actualité : cinq transistors, distributeurs de kidnappings, viols et détournements, branchés en permanence.
    Il y a Émile, l'égoutier, qui s'est fabriqué dans le grand collecteur une pisciculture " toute en eau de Seine ", où vivent des carpes de plus de sept étés. Des monstres qu'Émile repêche au milieu des hydrocarbures, en bouffant des pilules à bronzer.
    Quoi encore ? Il faudrait aussi comprendre ce qui accule Jean-Y, le loubard de nord-banlieue à faire péter la Société à coups de grenades. Et ce qui fait perdre son sang-froid à Sam Schneider, affreux flicard, poulet exemplaire, redresseur de l'Ordre. Bloody Mary, sa femme, peut-être. Une foldingue atteinte de bovarysme aigu, qui se prend toujours pour quelqu'un d'autre. Une pousse-au- crime, celle-là...

  • Groom

    Jean Vautrin

    • Fayard
    • 31 Mai 2006

    D'un côté de la plaine, blé-betteraves et pylônes haute tension, la Ville- achélème. Indifférence et noire bêtise. De l'autre côté, les occupants de l'hôtel Algonquin : Moi, votre groom, 12 ans à peine. Uniforme rouge et toque sur la tête, toc. Annonciata, portugaise femme de chambre, 18 balais et un aspirateur Tornado. Un jour, je la coincerai. Mrs. Abercromby, notre cliente américaine, le ventre extra-plat et des exigences sexuelles, je vous raconterai. Jépha, forcément. Rouée coquine. 13 ans à peine. Native Guadeloupe et toujours après trois punchs. Facho Irma Goudénèche et ses fantasmes à croix gammée, Teddy Broom, le bagagiste complètement funk, le sergent Harsh, retour du Vietnam, qui parle de balancer du napalm sur la région parisienne...
    Mais il y a principalement moi, Haïm Bronstein, 25 ans, tartissure d'infirme et boule-merde d'imagination qui, à force d'avoir peur des guerres, de marcher comme Cary Grant et de fumer comme Bogart, ai fini par suivre les conseils de Monsieur Bing, un vieux végétarien cancéreux: j'ai commencé à assassiner les gens de l'autre monde...

  • "Si, dans ce recueil, a contrario des modes, je fais surgir des fusillés de 1917, des rapatriés d´Algérie, des moujiks, des rescapés du Vietnam, des fascistes désaffectés, des enterrés du fort de Vaux, c´est parce que j´aime écouter les drôles de voix tremblées de ceux qui racontent l´incompréhension, l´injustice ou l´infecte saumure d´un monde où la folie des projets humains les a plongés." Somme de toutes les douleurs, de tous les héroïsmes minuscules, de tous les compromis d´humanité: la guerre. On ne trouvera ici ni bataille ni lutte glorieuse. Pas de symphonie patriotique, mais bien plutôt le grand bruissement du sang versé, la musique des abandonnés.
    Encre et sang mêlés, ces nouvelles puisées dans la poudre à canon, dans le coeur des écharpés, sont la guerre, toutes les guerres - et toutes les cicatrices. Mais aucune des silhouettes esquissées ne se départ jamais de sa gouaille, de son ironie, si désespérée soit-elle.


    Romancier, nouvelliste, essayiste mais aussi cinéaste, Jean Vautrin est l´un des pères fondateurs du néo-polar. Pour La Vie ripolin il est couronné en 1986 par le Grand Prix du roman de la Société des gens de Lettres. En 1989, il reçoit le Goncourt et le Goncourt des Lycéens pour Un grand pas vers le bon Dieu, après avoir eu le Goncourt de la Nouvelle pour son deuxième recueil, Baby boom. Co-auteur de la série des Aventures de Boro, il a publié une trentaine de romans et recueils chez Fayard, parmi lesquels Si on s´aimait? en 2005. Il a reçu le prix Louis-Guilloux pour l´ensemble de son oeuvre.

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