• «Les Caractères» sont la réflexion de toute une vie. Si La Bruyère semble parfois absent, c'est parce qu'il s'est retiré en spectateur. Il observe, et de là en tire une série de fragments, de maximes et de portraits qui démêlent le rapport complexe entre la nature humaine et ses moeurs. Qu'en est-il de l'argent? De l'amour? Ou de la religion? «Les Caractères» c'est aussi l'emblème du débat entre les Anciens et les Modernes. La Bruyère, avec cette traduction anonyme d'un auteur grec, Théophraste, s'inscrit dans la lignée des Anciens. Pourtant, il évoque aussi le Moderne - l'oeuvre annonce le vent de contestation qui s'exprimera au XVIIIe siècle.



    Jean de la Bruyère (1645-1696) est un moraliste français. Il est diplômé de droit, mais sa situation financière ne s'améliore qu'à l'arrivée d'un héritage. Il obtient une rente annuelle, mais un vol dans son domaine le contraint à travailler. Il devient précepteur, et est logé chez son nouveau maître à Versailles. Lorsque le grand-père de son élève meurt, il est chargé de la bibliothèque. C'est une aubaine pour La Bruyère, qui observe la société depuis sa position reculée. Il écrit alors, sous forme de portraits, «Les Caractères ou les Moeurs de ce siècle», qu'il publie de manière anonyme. C'est un succès retentissant. Il est élu à l'académie française en 1693, mais son discours d'entrée va amorcer la fameuse querelle des Anciens et des Modernes.

  • Prosateur de talent doté d'une plume acerbe, La Bruyère est loin de se contenter de peindre les moeurs de son temps. Multipliant, de maximes en analyses, les portraits satiriques tout autant qu'ironiques d'une société de faux-semblants, son propos acquiert une portée universelle. Sous le règne des apparences, où le grand travestissement burlesque le dispute à l'hypocrisie, aucun vice de l'humanité ne lui échappe : ambition, vanité, inconstance... Si l'on peut encore s'étonner du succès d'une oeuvre si corrosive, c'est sûrement qu'il est aisé de rire des autres pour ne pas rire de soi !

    Illustration de couverture : Gravure sur cuivre (1845), Collection particulière © akg images.

  • Les caractères : livres V à X Nouv.

    « Un caractère bien fade est celui de n'en avoir aucun. » Voilà qui annonce la couleur ! Dans ses Caractères, oeuvre magistrale à laquelle il a consacré sa vie, La Bruyère brosse un portrait au vitriol de ses contemporains. Fin observateur, il n'épargne personne : l'ambition du courtisan, l'égoïsme du puissant, la vanité du-pédant sont tournés en ridicule. Et à travers eux, c'est toute une société, celle du« paraître » et de l'argent, qui est fustigée.

    o Une frise chronologique historique et culturelle
    o Une introduction : Pourquoi lire Les Caractères au XXIe siècle ?
    o Le texte intégral annoté

    Des sujets pour s'entraîner à l'oral et à l'écrit du bac
    o Des analyses de textes au fil de l'oeuvre
    o Un commentaire de texte et une dissertation rédigés
    o Des exercices de grammaire avec corrections
    o Des exercices d'appropriation. Un dossier pour situer et comprendre le texte
    o Une présentation de l'oeuvre et de La Bruyère dans son époque
    o Les mots importants des Caractères
    o Un groupement de textes autour du parcours du bac : La comédie sociale.

  • Ce texte sans équivalent dans la "littérature érotique' (nous ne disons pas pourquoi : on s'en apercevra en le lisant), tiré d'abord à 112 exemplaires, réédité fugitivement il y a une vingtaine d'années, était devenu parfaitement introuvable.
    Il est réimprimé ici avec la splendide préface d'Annie Le Brun pour l'édition de 1979 : " Ce livre "érotique à contre-coeur', écrit-elle, "prend superbement ses distances avec le piquant, le grivois, le gaillard mais aussi avec le tragique, le frénétique ou le spéculatif pour nous faire voir, c'est très rare, la vie "frappée du désir comme d'une balle au coeur'".
    Comment ? C'est tout le secret de ce texte unique, et nous laissons au lecteur le soin et le plaisir de le découvrir. C'est, faut-il le dire, la première véritable apparition de ce texte rare - à tout point de vue -, dans la librairie française.

  • Cette " célébrité masquée ", on le sait maintenant, n'est autre que la marquise de Mannoury d'Ectot, dont nous parlons plus longuement dans la notice de cet ouvrage. Mais c'est important à souligner, car elle fut tout simplement le premier auteur féminin de clandestins érotiques (elle en écrivit trois). Et quel auteur ! Lorsqu'ils parurent, en Belgique, vers 1880, on les attribua soit à Maupassant, soit à Alexandre Dumas !
    Mais Le Roman de Violette, il suffit de le lire, ne peut être que d'une femme. La finesse des réactions physiques et psychologiques homosexuelles féminines ne laisse aucun doute là-dessus.
    Roman féminin (mais pas féministe), d'une surprenante modernité. Ajoutons que le narrateur, et l'un des principaux personnages, est un homme. Mme de Mannoury n'était pas sectaire.

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