Littérature générale

  • La vie ripolin

    Jean Vautrin

    Que feriez-vous si votre enfant était atteint d'une maladie incurable? Vous tenteriez l'impossible, bien sûr. Avant de vous habituer à l'intolérable. Ou bien vous essayeriez d'oublier.

    Charlie, lui, s'efforce de ne pas oublier. Simplement, il voudrait tout effacer, reprendre à zéro. Alors, il écrit le roman vrai de sa vie: il était une fois une maison.

    Et, dans cette maison, une famille: Charlie et sa femme, Victoire (alias Samothrace), leurs trois enfants et leur chat. Charlie souffrait. A cause de Benjamin, le petit garçon autistique. Et de son propre père, mal aimé, mal traité. La nuit, Charlie s'évadait dans des rêves sucrés. Le jour, il partait au volant de sa voiture, n'importe où. Il voulait, disait-il, repeindre la vie aux couleurs naïves de l'arc-en-ciel.

    Qui est Charlie? D'où vient-il? Les clés de cette histoire sont cachées dans le passé, un passé que Jean Vautrin fait revivre avec une puissance qui n'appartient qu'aux grands visionnaires. Transfigurées, l'Occupation, la guerre d'Algérie, les années 50 ressurgissent comme autant de blessures où le tragique côtoie le burlesque. Jean Vautrin joue le tout pour le tout dans ce roman autobiographique qui mêle le scintillement du rêve et les éclats brisés de la réalité dans un éternel présent.

    Jean Vautrin est né en 1933 en Lorraine. Cinéaste, écrivain, il a obtenu le Goncourt de la nouvelle pour Baby-Boom (paru en 1985).

  • Patchwork

    Jean Vautrin

    Les enfants du Marquis de Sade et de Coca-Cola font crisser leurs baskets dans les rues de la Ville. Ils s'appellent David, Lollipop, Tim ou Frank ou même Rocky Vélo. Victimes innocentes ou anges exterminateurs, ils annoncent la fin d'un monde - le nôtre - qui n'a que trop duré, et contemplent d'un oeil rêveur les désordres du siècle. Pendant ce temps, loin, très loin du Paradis, les hommes vaquent à leurs occupations, en général peu avouables: violeurs de petites filles, égorgeurs, camionneurs fous, épaves, maniaques en tous genres.
    Tout cela finira très mal. Telles sont les images que nous propose Jean Vautrin, dans ces douze contes cruels qui composent, à leur manière, un traité de survie à l'usage de toutes les générations.

    Jean Vautrin, alias Jean Herman, est né en 1933 en Lorraine. Il est venu à Paris pour commencer une licence de lettres et il est finalement entré à l'IDHEC. Successivement lecteur à l'université de Bombay, dessinateur humoristique et photographe, il devient l'assistant de Roberto Rossellini en Inde. Metteur en scène de télévision et de cinéma, Jean Herman se tourne de plus en plus vers le travail de scénariste-dialoguiste (Flic ou voyou, Garde à vue, Rue barbare). Il a adapté et dialogué son dernier roman, Canicule, avec Lee Marvin, Miou-Miou, Jean Carmet et Victor Lanoux dans les rôles principaux.

  • Gardez le tronc, jetez les branches ! En obéissant à cet unique mot d´ordre, pour résister à la vacherie de l´époque qui déjante et suppléer à la disette des âmes, j´ai raclé jusqu´à l´os ces dix nouvelles.
    Dans ma tête, elles fredonnaient d´un continent à l´autre la chanson triste et désopilante de gens de toutes les peaux, de toutes les confessions et de tous les pays - des types, des femmes ou des gosses - agités par les tracasseries de leurs démangeaisons personnelles, par les turpitudes du moment, par le chômage, par l´enfance, l´obésité, l´alcoolisme, la guerre, les drames de la vie conjugale, ou tout simplement taraudés par une solide envie de baiser.
    J´ai gardé le tempo des personnages, j´ai préservé la scansion de leur folie intérieure. J´ai voulu qu´ils balancent et qu´ils swinguent au rythme de leurs obsessions.
    Ils ont été pour ainsi dire gourmands de mon énergie. Sans doute parce qu´ils faisaient irruption dans l´imaginaire d´un écrivain en un moment de l´hiver de son existence où l´incapacité d´aimer comme un jeune homme, sa rugissante envie de mordre encore la vie et l´approche de la mort aiguisaient l´acuité du regard.
    D´un mot, j´ai réveillé ce qui bouge toujours en moi.
    Si on s´aimait ?
    J.V.

  • La vie badaboum

    Jean Vautrin

    • Fayard
    • 13 Mai 2009

    Le tonnerre du ciel, l'affolement de nos coeurs, le crépitement des armes, les grincements de l'argent, la banquise qui fendille, l'atome qui déconne, la morale qui fout le camp et vous, chers amis, qui vous battez avec le fric, les machines, le chômage, les délocalisations, le système bling-bling et le climat qui s'échauffe, m'avez décidé à réunir ces textes, ces paroles envolées, ces cris poussés au fil des années, ces lettres, ces bribes de journal qui racontent mieux qu'un long roman pourquoi -malgré la saumure où nous sommes- j'ai toujours aimé vivre.
    Parler des rencontres essentielles, écrire, dire l'aventure des livres, mesurer la vérité de l'amour, évoquer les amis, revoir les sourires à demi effacés, manger avec gourmandise, épeler le temps, sortir des nuages, réclamer justice, photographier les hommes, fouiller dans la vieille malle aux souvenirs, renoncer à l'inutile, prêcher pour la liberté des esprits, lécher les blessures de l'homme abandonné, sont de ma paroisse.
    Je vous invite à venir me rejoindre au fond de mon jardin japonais pour regarder passer sur un lit de graviers minuscules l'énorme torrent de la vie.
    J. V.

    Romancier, nouvelliste, essayiste mais aussi cinéaste, Jean Vautrin est l'un des pères fondateurs du néo-polar. Pour La Vie ripolin il est couronné en 1986 par le Grand Prix du roman de la Société des gens de Lettres. Un grand pas vers le bon Dieu lui vaut de recevoir en 1989 le Prix Goncourt puis, la même année, le Goncourt des Lycéens. Pour Baby boom, il avait reçu auparavant la Bourse Goncourt de la nouvelle. Co-auteur avec son ami Dan Franck de la série des Aventures de Boro, il a publié une trentaine de romans et recueils chez Fayard.
    Il a reçu le prix Louis-Guilloux pour l'ensemble de son oeuvre.

  • "Si, dans ce recueil, a contrario des modes, je fais surgir des fusillés de 1917, des rapatriés d´Algérie, des moujiks, des rescapés du Vietnam, des fascistes désaffectés, des enterrés du fort de Vaux, c´est parce que j´aime écouter les drôles de voix tremblées de ceux qui racontent l´incompréhension, l´injustice ou l´infecte saumure d´un monde où la folie des projets humains les a plongés." Somme de toutes les douleurs, de tous les héroïsmes minuscules, de tous les compromis d´humanité: la guerre. On ne trouvera ici ni bataille ni lutte glorieuse. Pas de symphonie patriotique, mais bien plutôt le grand bruissement du sang versé, la musique des abandonnés.
    Encre et sang mêlés, ces nouvelles puisées dans la poudre à canon, dans le coeur des écharpés, sont la guerre, toutes les guerres - et toutes les cicatrices. Mais aucune des silhouettes esquissées ne se départ jamais de sa gouaille, de son ironie, si désespérée soit-elle.


    Romancier, nouvelliste, essayiste mais aussi cinéaste, Jean Vautrin est l´un des pères fondateurs du néo-polar. Pour La Vie ripolin il est couronné en 1986 par le Grand Prix du roman de la Société des gens de Lettres. En 1989, il reçoit le Goncourt et le Goncourt des Lycéens pour Un grand pas vers le bon Dieu, après avoir eu le Goncourt de la Nouvelle pour son deuxième recueil, Baby boom. Co-auteur de la série des Aventures de Boro, il a publié une trentaine de romans et recueils chez Fayard, parmi lesquels Si on s´aimait? en 2005. Il a reçu le prix Louis-Guilloux pour l´ensemble de son oeuvre.

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