Langue française

  • Canicule

    Jean Vautrin

    Au début, il y a un homme en smoking, au milieu d'un océan de blé. Jimmy Cobb. L'Américain.
    Un homme des villes qui creuse la terre avec ses mains trop blanches, et lui confie le prix de sa liberté : un milliard de centimes.
    La Beauce autour de lui. Pas un arbre, pas une ombre. Juste un enfant, caché dans l'herbe : Chim.
    Il a une drôle de chanson dans la tête, et la certitude qu'il vient de rencontrer Humphrey Bogart.
    Ensuite il y a l'hélicoptère. Il surgit du fond de la plaine, comme un rapace. A.son bord, les tireurs d'élite de la gendarmerie.
    Jimmy Cobb, l'homme-cible, reprend sa course pour la vie. Seul refuge : la ferme, là-bas, au bord de la route. L'Américain y découvre un monde étrange, plein de secrets et de passions féroces.
    Et Jessica.
    Qui est Jessica ? Dans quelle prison a-t-elle enfermé sa beauté ? Va-t-elle céder à la tentation d'un amour impossible avec le fugitif ?
    Traqué par les hommes, muré dans son angoisse, Jimmy Cobb voudrait disparaître. S'effacer dans la nuit. Il lui faudra d'abord affronter le regard implacable de l'enfant.

  • Le roi des ordures

    Jean Vautrin

    • Fayard
    • 8 Janvier 1997

    Don Rafael Gutierrez Moreno, roi des ordures, est mort assassiné. Depuis vingt- cinq ans il étend son pouvoir despotique sur les immenses décharges de Mexico.
    Qui l'a tué? Ses femmes? Le détective Harry Whence, qui rate tout ce qu'il entreprend? Le milieu politique? Le peuple gris des miséreux qui vit à l'est de la ville, là où tout se fâche?

    Vautrin nous emporte dans une histoire libre et enragée, entre misère et luxure, où le seul code en vigueur est celui d'une mythologie tenace: celle du roman noir.

  • Baby-boom

    Jean Vautrin

    Voilà revenus les personnages de Vautrin. Cette fois, ils entreprennent la plus difficile des escalades : se hisser sur le toit du bonheur. Dès lors, comment ne pas aimer cette petite fille qui croit tuer les hommes rien qu'en les regardant ? Qui sont ces Américains qui, à force de vouloir un enfant, acceptent de jouer avec un bébé de chiffon ? Pourquoi Henri brûle-t-il tant de posséder " l'eau chaude " ? Qui est le pogo aux yeux rouges? Vers quel voyage au bout de l'exigence s'enfonce ce milliardaire qui traverse l'Orénoque pour aller vers son père ? Où est le bonheur ? Qu'est-ce que c'est ? Faut-il manger des bonbons ? Forniquer contre argent ? Pisser dans une bouteille ? Ou se faire photographier tous les jours de sa vie devant Constantinople ?

  • La vie ripolin

    Jean Vautrin

    Que feriez-vous si votre enfant était atteint d'une maladie incurable? Vous tenteriez l'impossible, bien sûr. Avant de vous habituer à l'intolérable. Ou bien vous essayeriez d'oublier.

    Charlie, lui, s'efforce de ne pas oublier. Simplement, il voudrait tout effacer, reprendre à zéro. Alors, il écrit le roman vrai de sa vie: il était une fois une maison.

    Et, dans cette maison, une famille: Charlie et sa femme, Victoire (alias Samothrace), leurs trois enfants et leur chat. Charlie souffrait. A cause de Benjamin, le petit garçon autistique. Et de son propre père, mal aimé, mal traité. La nuit, Charlie s'évadait dans des rêves sucrés. Le jour, il partait au volant de sa voiture, n'importe où. Il voulait, disait-il, repeindre la vie aux couleurs naïves de l'arc-en-ciel.

    Qui est Charlie? D'où vient-il? Les clés de cette histoire sont cachées dans le passé, un passé que Jean Vautrin fait revivre avec une puissance qui n'appartient qu'aux grands visionnaires. Transfigurées, l'Occupation, la guerre d'Algérie, les années 50 ressurgissent comme autant de blessures où le tragique côtoie le burlesque. Jean Vautrin joue le tout pour le tout dans ce roman autobiographique qui mêle le scintillement du rêve et les éclats brisés de la réalité dans un éternel présent.

    Jean Vautrin est né en 1933 en Lorraine. Cinéaste, écrivain, il a obtenu le Goncourt de la nouvelle pour Baby-Boom (paru en 1985).

  • Patchwork

    Jean Vautrin

    Les enfants du Marquis de Sade et de Coca-Cola font crisser leurs baskets dans les rues de la Ville. Ils s'appellent David, Lollipop, Tim ou Frank ou même Rocky Vélo. Victimes innocentes ou anges exterminateurs, ils annoncent la fin d'un monde - le nôtre - qui n'a que trop duré, et contemplent d'un oeil rêveur les désordres du siècle. Pendant ce temps, loin, très loin du Paradis, les hommes vaquent à leurs occupations, en général peu avouables: violeurs de petites filles, égorgeurs, camionneurs fous, épaves, maniaques en tous genres.
    Tout cela finira très mal. Telles sont les images que nous propose Jean Vautrin, dans ces douze contes cruels qui composent, à leur manière, un traité de survie à l'usage de toutes les générations.

    Jean Vautrin, alias Jean Herman, est né en 1933 en Lorraine. Il est venu à Paris pour commencer une licence de lettres et il est finalement entré à l'IDHEC. Successivement lecteur à l'université de Bombay, dessinateur humoristique et photographe, il devient l'assistant de Roberto Rossellini en Inde. Metteur en scène de télévision et de cinéma, Jean Herman se tourne de plus en plus vers le travail de scénariste-dialoguiste (Flic ou voyou, Garde à vue, Rue barbare). Il a adapté et dialogué son dernier roman, Canicule, avec Lee Marvin, Miou-Miou, Jean Carmet et Victor Lanoux dans les rôles principaux.

  • Gardez le tronc, jetez les branches ! En obéissant à cet unique mot d´ordre, pour résister à la vacherie de l´époque qui déjante et suppléer à la disette des âmes, j´ai raclé jusqu´à l´os ces dix nouvelles.
    Dans ma tête, elles fredonnaient d´un continent à l´autre la chanson triste et désopilante de gens de toutes les peaux, de toutes les confessions et de tous les pays - des types, des femmes ou des gosses - agités par les tracasseries de leurs démangeaisons personnelles, par les turpitudes du moment, par le chômage, par l´enfance, l´obésité, l´alcoolisme, la guerre, les drames de la vie conjugale, ou tout simplement taraudés par une solide envie de baiser.
    J´ai gardé le tempo des personnages, j´ai préservé la scansion de leur folie intérieure. J´ai voulu qu´ils balancent et qu´ils swinguent au rythme de leurs obsessions.
    Ils ont été pour ainsi dire gourmands de mon énergie. Sans doute parce qu´ils faisaient irruption dans l´imaginaire d´un écrivain en un moment de l´hiver de son existence où l´incapacité d´aimer comme un jeune homme, sa rugissante envie de mordre encore la vie et l´approche de la mort aiguisaient l´acuité du regard.
    D´un mot, j´ai réveillé ce qui bouge toujours en moi.
    Si on s´aimait ?
    J.V.

  • Un monsieur bien mis

    Jean Vautrin

    • Fayard
    • 1 Octobre 1997

    Une ville de banlieue avec sa gare de banlieue, ses barres de béton, ses éboueurs noirs dans leurs uniformes fluo, ses ahènepéistes et ses trois-huit, ses bandes de bric et de broc et ses crânes trop rasés. Un monsieur bien sous tous rapports file un balayeur des rues jusque dans l'ascenseur de sa cité-dortoir. Montent avec eux un camionneur balèze, un couple en bisbille, un petit rouquin avec son jeu japonais, un électeur de Le Pen, une jeunesse maghrébine... Panne entre deux étages. Un cadavre de nègre découvert un peu plus haut quand les portes se rouvrent... Qui a joué du couteau dans le noir de la cabine ?

  • La vie badaboum

    Jean Vautrin

    • Fayard
    • 13 Mai 2009

    Le tonnerre du ciel, l'affolement de nos coeurs, le crépitement des armes, les grincements de l'argent, la banquise qui fendille, l'atome qui déconne, la morale qui fout le camp et vous, chers amis, qui vous battez avec le fric, les machines, le chômage, les délocalisations, le système bling-bling et le climat qui s'échauffe, m'avez décidé à réunir ces textes, ces paroles envolées, ces cris poussés au fil des années, ces lettres, ces bribes de journal qui racontent mieux qu'un long roman pourquoi -malgré la saumure où nous sommes- j'ai toujours aimé vivre.
    Parler des rencontres essentielles, écrire, dire l'aventure des livres, mesurer la vérité de l'amour, évoquer les amis, revoir les sourires à demi effacés, manger avec gourmandise, épeler le temps, sortir des nuages, réclamer justice, photographier les hommes, fouiller dans la vieille malle aux souvenirs, renoncer à l'inutile, prêcher pour la liberté des esprits, lécher les blessures de l'homme abandonné, sont de ma paroisse.
    Je vous invite à venir me rejoindre au fond de mon jardin japonais pour regarder passer sur un lit de graviers minuscules l'énorme torrent de la vie.
    J. V.

    Romancier, nouvelliste, essayiste mais aussi cinéaste, Jean Vautrin est l'un des pères fondateurs du néo-polar. Pour La Vie ripolin il est couronné en 1986 par le Grand Prix du roman de la Société des gens de Lettres. Un grand pas vers le bon Dieu lui vaut de recevoir en 1989 le Prix Goncourt puis, la même année, le Goncourt des Lycéens. Pour Baby boom, il avait reçu auparavant la Bourse Goncourt de la nouvelle. Co-auteur avec son ami Dan Franck de la série des Aventures de Boro, il a publié une trentaine de romans et recueils chez Fayard.
    Il a reçu le prix Louis-Guilloux pour l'ensemble de son oeuvre.

  • Un assassin moraliste contre un flic sans moralité. Un roman noir remonté comme un horloge folle où, tout au long des septs crimes, vont s'entrechoquer plusieurs fois la route de celui qui voulait anéantir la vie et celle du type qui ne savait pas comment l'appréhender. Servi par Vautrin, un double "noir" bien serré.
    Romancier, cinéaste, Jean Vautrin a obtenu le prix Goncourt en 1989 pour Un grand pas vers le Bon Dieu. Il est notamment l'auteur chez Fayard du Roi des ordures, de Un Monsieur bien mis, et de nouvelles : Patchwork, Baby-Boom, Dix- huit tentatives pour devenir un saint, Courage, ainsi que des Aventures de Boro, reporter photographe, en collaboration avec Dan Franck.

  • Bloody mary

    Jean Vautrin

    • Fayard
    • 31 Mai 2006

    Il y a la Ville-achélème avec ses alvéoles. Chacun sa petite case, les gens comme des guêpes. Escalier C. Appartement 412. Un drôle de bonheur. Il y a Locomotive-Baba N'Doula, laveur de carreaux, malien esporté-boeing, qui monte et descend le long de la plus haute façade de la tour. Et son vieil ennemi, un merle des Indes à qui son maître a appris des quolibets racistes. Il y a Théo- le-surinformé qui passe sa vie dans l'actualité : cinq transistors, distributeurs de kidnappings, viols et détournements, branchés en permanence.
    Il y a Émile, l'égoutier, qui s'est fabriqué dans le grand collecteur une pisciculture " toute en eau de Seine ", où vivent des carpes de plus de sept étés. Des monstres qu'Émile repêche au milieu des hydrocarbures, en bouffant des pilules à bronzer.
    Quoi encore ? Il faudrait aussi comprendre ce qui accule Jean-Y, le loubard de nord-banlieue à faire péter la Société à coups de grenades. Et ce qui fait perdre son sang-froid à Sam Schneider, affreux flicard, poulet exemplaire, redresseur de l'Ordre. Bloody Mary, sa femme, peut-être. Une foldingue atteinte de bovarysme aigu, qui se prend toujours pour quelqu'un d'autre. Une pousse-au- crime, celle-là...

  • Groom

    Jean Vautrin

    • Fayard
    • 31 Mai 2006

    D'un côté de la plaine, blé-betteraves et pylônes haute tension, la Ville- achélème. Indifférence et noire bêtise. De l'autre côté, les occupants de l'hôtel Algonquin : Moi, votre groom, 12 ans à peine. Uniforme rouge et toque sur la tête, toc. Annonciata, portugaise femme de chambre, 18 balais et un aspirateur Tornado. Un jour, je la coincerai. Mrs. Abercromby, notre cliente américaine, le ventre extra-plat et des exigences sexuelles, je vous raconterai. Jépha, forcément. Rouée coquine. 13 ans à peine. Native Guadeloupe et toujours après trois punchs. Facho Irma Goudénèche et ses fantasmes à croix gammée, Teddy Broom, le bagagiste complètement funk, le sergent Harsh, retour du Vietnam, qui parle de balancer du napalm sur la région parisienne...
    Mais il y a principalement moi, Haïm Bronstein, 25 ans, tartissure d'infirme et boule-merde d'imagination qui, à force d'avoir peur des guerres, de marcher comme Cary Grant et de fumer comme Bogart, ai fini par suivre les conseils de Monsieur Bing, un vieux végétarien cancéreux: j'ai commencé à assassiner les gens de l'autre monde...

  • "Si, dans ce recueil, a contrario des modes, je fais surgir des fusillés de 1917, des rapatriés d´Algérie, des moujiks, des rescapés du Vietnam, des fascistes désaffectés, des enterrés du fort de Vaux, c´est parce que j´aime écouter les drôles de voix tremblées de ceux qui racontent l´incompréhension, l´injustice ou l´infecte saumure d´un monde où la folie des projets humains les a plongés." Somme de toutes les douleurs, de tous les héroïsmes minuscules, de tous les compromis d´humanité: la guerre. On ne trouvera ici ni bataille ni lutte glorieuse. Pas de symphonie patriotique, mais bien plutôt le grand bruissement du sang versé, la musique des abandonnés.
    Encre et sang mêlés, ces nouvelles puisées dans la poudre à canon, dans le coeur des écharpés, sont la guerre, toutes les guerres - et toutes les cicatrices. Mais aucune des silhouettes esquissées ne se départ jamais de sa gouaille, de son ironie, si désespérée soit-elle.


    Romancier, nouvelliste, essayiste mais aussi cinéaste, Jean Vautrin est l´un des pères fondateurs du néo-polar. Pour La Vie ripolin il est couronné en 1986 par le Grand Prix du roman de la Société des gens de Lettres. En 1989, il reçoit le Goncourt et le Goncourt des Lycéens pour Un grand pas vers le bon Dieu, après avoir eu le Goncourt de la Nouvelle pour son deuxième recueil, Baby boom. Co-auteur de la série des Aventures de Boro, il a publié une trentaine de romans et recueils chez Fayard, parmi lesquels Si on s´aimait? en 2005. Il a reçu le prix Louis-Guilloux pour l´ensemble de son oeuvre.

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